Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


Veto et atrocités !

De nouveau la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU revient au goût du jour. C’est la France qui est revenue à la charge avec une proposition concernant un aspect du fonctionnement du Conseil : l’usage du veto.

Il était attendu à tout le moins que Paris remette en cause l’existence du veto qui met cinq pays au-dessus du droit international, réputé commun pour toutes les nations. Confortant Paris, le Haut-commissaire aux droits de l’homme, le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein estimait, samedi dernier, « intéressante » la proposition de la France indiquant : « C’est un code de bonne conduite qui prévoit que les cinq membres permanents du Conseil de sécurité n’usent pas de leur droit de veto lorsqu’il y a génocide ou crime contre l’humanité. » Certes ! Mais encore ? En fait, le droit de veto par son existence est déjà un fait inique et va à l’encontre du droit international censé s’appliquer de la même manière à tous. De fait, le droit de veto met en exergue la présence de deux collèges aux Nations unies : les cinq détenteurs du droit de veto – et en filigrane leurs alliés bénéficiant de la protection que leur assurent ces superpuissances – et les nations qui en sont dépourvues et n’entrent pas dans le « politiquement correct » qu’imposent les puissants.

Ainsi, malgré les atrocités commises par Israël contre les Palestiniens, ce pays a toujours échappé aux sanctions du Conseil de sécurité grâce aux veto des Etats-Unis. Le mur de l’apartheid, condamné par l’ONU et estimé illégal par la Cour internationale de justice (CIJ), le blocus de la bande de Ghaza depuis dix-ans sont autant de crimes de guerre et crimes contre l’humanité demeurés impunis. Que le Conseil de sécurité n’ait jamais pu condamner les crimes d’Israël contre le peuple palestinien (des milliers de morts au cours de la dernière décennie) est, reste, une humiliation pour l’ONU et la communauté des Nations, mises en échec par le veto d’un seul pays, les Etats-Unis.

L’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003, entraînant la mort de plus d’un million d’Irakiens – le plus atroce crime de guerre et génocide commis au début du XXIe siècle – est aussi resté à ce jour impuni. Qui traduira les Etats-Unis qui ont, en 2003, fait fi du refus du Conseil de sécurité de l’aventure en Irak ? Aussi, parler de « code de bonne conduite » pour qu’une puissance ne fasse pas « usage » de son droit de veto est une outrecuidance, un outrage à l’intelligence. Cela n’a rien à voir avec une authentique réforme du Conseil de sécurité qui ferait de l’abolition du « veto » sa priorité. De fait, la « réforme » du veto du Conseil de sécurité n’est revenue sur le tapis qu’après son usage par la Chine et la Russie, protégeant la Syrie des oukases de la France, des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, habituels utilisateurs du veto. Selon les statistiques de l’ONU, Moscou et Pékin sont ceux qui ont le moins fait usage de leur droit de veto depuis l’avènement de l’ONU en 1945. En réalité, le problème n’est pas là ; du moins n’est plus là, dès lors que c’est le fonctionnement à deux vitesses de l’ONU qui doit être remis en cause. En fait, dès la fondation de l’ONU en 1945, le ver était dans le fruit. En effet, ce sont les puissances vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, qui ont construit l’architecture de l’ONU et son organe exécutif, le Conseil de sécurité, sorte de gouvernement mondial qui prend des décisions engageant le reste des nations. Les cinq membres permanents de l’époque (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, ex-URSS et Chine nationaliste [expulsée de l’ONU en 1971 et remplacée par la République populaire de Chine] se sont partagé le gâteau consistant singulièrement dans la détention du droit de veto. Le veto annule de fait toute décision du Conseil de sécurité – fut-elle adoptée par les 14 autres Etats membres – dès lors qu’elle n’agrée pas à l’un de ses détenteurs. En maintes occasions, la majorité du Conseil de sécurité a été neutralisée par le veto des Etats-Unis, quand il s’est agi de condamner Israël et ses exactions contre le peuple palestinien. Est-il encore pertinent de souligner que le Conseil de sécurité, n’est plus adapté à l’évolution qu’a connue le monde depuis la chute du bloc communiste ? Aussi, la proposition minimaliste de la France n’est, au mieux, qu’un fait du prince, au pire outrageant, alors qu’il fallait purement et simplement exiger la suppression du veto.

L’obstacle est en fait l’existence du « veto » qui a fait du Conseil de sécurité le « problème » car impuissant à résoudre les conflits qui agitent le monde. La Palestine (depuis 70 ans), le Sahara occidental (depuis 42 ans) notamment, témoignent de cette carence. Le Conseil de sécurité, neutralisé, est incapable d’imposer le droit et la justice pour lesquelles l’ONU a été créée. Le veto y est pour beaucoup !

Karim MOHSEN

»» http://www.lexpressiondz.com/edito/278173-veto-et-atrocites.html
URL de cet article 32493
   
AGENDA
samedi 18 novembre 2017
samedi 18 novembre 2017
samedi 18 novembre 2017
mardi 21 novembre 2017
mercredi 22 novembre 2017
jeudi 23 novembre 2017
vendredi 24 novembre 2017
samedi 25 novembre 2017
jeudi 30 novembre 2017
vendredi 1er décembre 2017
vendredi 1er décembre 2017
samedi 2 décembre 2017
vendredi 15 décembre 2017
Les enfants cachés du général Pinochet - Précis de coups d’Etat modernes et autres tentatives de déstabilisation
Maurice LEMOINE
Le 15 septembre 1970, onze jours après l’élection de Salvador Allende, le président Richard Nixon, en 15 minutes lors d’une réunion avec Henry Kissinger, ordonne à la CIA de « faire crier » l’économie chilienne. Le 11 septembre 1973, Allende est renversé… En 1985, Ronald Reagan déclare que le Nicaragua sandiniste « est une menace pour les Etats-Unis » et, le 1er mai, annonce un embargo total, similaire à celui imposé à Cuba. Depuis le Honduras et le Costa Rica, la « contra », organisée et financée par la (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"Lorsque les missionnaires chrétiens blancs sont allés en Afrique, les blancs possédaient des bibles et les indigènes possédaient la terre. Lorsque les missionnaires se sont retirés, ce sont les blancs qui possédaient la terre et les indigènes les bibles."

Dick Gregory (1932-2017)


Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Cuba - Tchernobyl : Lettre à Maria.
24 août 2006. Chère Maria, Je ne sais pas si mon nom vous dira quelque chose. A vrai dire, je ne crois pas vous avoir laissé un souvenir impérissable. C’est pourtant vous qui m’avez donné, au détour d’une seule phrase, une des plus belles leçons d’humanité qu’un homme puisse recevoir. Il y a déjà quelques années de cela mais, comme vous pouvez le constater, je n’ai pas oublié. Vous souvenez-vous, Maria, de cet occidental en visite sur votre île qui voulait vous poser quelques questions ? En réalité, et (...)
La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.