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Chronique d’un deuxième tour annoncé.

Dimanche soir le verdict est tombé. Les candidats plébiscités par les médias et les sondeurs seront au deuxième tour de l’élection présidentielle. Le candidat de la finance et de l’ultra-libéralisme décomplexé affrontera un relent des années 30, une ultra-nationaliste issue de la fachosphère. L’affiche est complète.

Quant à nous mes chers amis insoumis, nous n’avons pas à pâlir du score que nous avons atteint. Nous sommes la première force de gauche progressiste de France, rien que ça, une sacrée victoire en soit, surtout sachant d’où nous partions... Il y a 15 mois, qui nous aurait dit, à nous les 50 syndicalistes qui avons accepté d’accompagner cette aventure, que nous en serions là ? Au passage, je remercie Philippe Juraver de nous avoir réunis au coté de Jean-Luc Mélenchon qui nous a octroyé toute sa confiance et réciproquement. Bref, je ne vais pas refaire l’histoire de cette campagne fabuleuse, mais revenir à mon propos.

Donc voilà, dimanche : deux « finalistes », des médias et des sondeurs heureux. Et là, à la soirée électorale toulousaine, des journalistes qui essaient de me faire dire que j’appellerai à faire barrage au F-Haine et à voter Macron. Eh bien non. 3 interviews, 3 fois la question balayée, en touche le ballon botté. 22h, Jean-Luc Mélenchon prend la parole et annonce la couleur, ce seront les insoumis qui se prononceront via un vote sur la plateforme de la campagne, et qu’il n’y aura pas de consigne de vote. Voilà qu’à nouveau, le Mélenchon-bashing reprend. A vomir. Et il ne cessera pas pendant plusieurs jours, il leur faudra bien un coupable si le pacte républicain n’est pas suivi par les électeurs. Bref, passons. Et pendant ce temps, le petit banquier fête ça en grande pompe avec sa Brigitte à qui il a promis l’Elysée. Soirée électorale géante à la porte de Versailles puis la Rotonde... Rien que ça... Un peu bling bling, non ? Cela ne vous rappelle personne ? Moi oui, mais la comparaison serait trop facile. La Monarchie Présidentielle a de beaux jours devant elle.

Mardi 26 avril, image hallucinante, c’est la course à l’échalote entre Le Pen et Macron. L’une rend une visite « surprise » aux travailleurs de Whirlpool en lutte contre la fermeture de leur usine, visite pas préméditée du tout sachant que quelques caméras sont là à l’attendre. Proche des salariés, elle nous ferait presque verser une larme si nous ne connaissions pas son histoire et ses idées.

Au même moment, l’autre rencontre les syndicats pour leur dire que si leur usine est délocalisée c’est un scandale, mais qu’on ne peut rien y faire. Il ose tout, lui qui a détruit bon nombre d’emplois quand il était au gouvernement. Il va même jusqu’à accuser Le Pen de récupérer politiquement cette lutte.Puis il se rend sur le même parking que sa concurrente, entouré d’une forêt de micros et caméras en tout genre, ne pourrait-on pas lui prêter les mêmes intentions de récupération ?

Bref, ce deuxième tour longuement annoncé ne fait que commencer, mais il devient un vrai film d’horreur. Entre une extrême droite qui, sous d’innocents attraits, prépare un avenir empli de haine, de rejet de l’autre et qui va jusqu’à faire croire en son intérêt pour ceux qui souffrent, ceux qui ont besoin d’espoir. Et un extrême libéralisme décomplexé qui ne cache pas sa volonté de mettre à mal le droit du Travail dès cet été par ordonnance, et qui prône la concurrence de tous contre tous, l’uberisation de tout. Le décor est planté. Un de ces deux êxtremes gouvernera.


Et voilà que d’une seule voix, le Parti Solférinien, la droite, le gouvernement, les médias et même le Président de la République présentent Macron en chevalier blanc, ce héros qui va nous libérer de la bête immonde. Le tout en cachant le mal que lui même va nous faire. Bref, un spectacle hallucinant dont la majorité des français ne veut plus.

Alors à tous ces médias, ces bien-pensants qui veulent nous dire quoi faire dans la situation dans laquelle nous sommes, je vais répondre. Personnellement, je me suis promis de ne plus jamais voter par défaut, plus jamais. Je ne veux plus rentrer dans ce jeu de la Ve République. Et pourtant la situation actuelle reste alarmante. Alarmante, car les gouvernants qui se sont succédés en brandissant le pantin de l’extreme droite de façon électoraliste, l’ont créée. Alarmante car les médias n’ont cessé de jouer ce même jeu. Alarmante car grâce à l’oligarchie, cette même extrême droite est aux portes du pouvoir. Alarmante, car le seul « rempart » qu’ils ont réussi à imposer est un candidat issu de cette même oligarchie, héritier des politiques de ces gouvernements dont il a fait parti. Alors oui, j’assume, je demande à tous mes amis insoumis de ne pas mettre un seul bulletin d’extrême droite dans l’urne le 7 Mai prochain. Par contre, je ne leur demanderai ni ne leur imposerai un vote pour cet oligarque qui n’en a que faire de nos vies, ce banquier qui ne convoite la présidence que pour pouvoir détruire nos vies. Les insoumis porteront bien leur nom, ils seront de vrais insoumis. Pour ma part, que je vote ou pas, je ne le leur dirai pas. Mais une seule chose est sûre, en vrai syndicaliste Insoumis, je ne voterai jamais pour le F-Haine. Enfin, pour que nous puissions tous avoir un avenir en commun et que viennent enfin les jours heureux et le goût du bonheur, je leur dirai qu’ils pourront compter sur tous les insoumis, lors des législatives en juin prochain. Nous serons là et nous enverrons beaucoup des nôtres à l’Assemblée Nationale.

A suivre...
Kevin KIJKO (Toulouse).

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