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Des effets de menton mussoliniens qui ont humilié l’Europe

La décision du président des États-Unis de sortir son pays de l’accord sur le nucléaire iranien leur étant apparue irrévocable malgré leurs tentatives de l’en dissuader, les trois puissances européennes cosignataires de l’accord, France, Royaume-Uni et Allemagne, se sont résignées à espérer que le retrait étasunien ne s’accompagne pas de sanctions à l’encontre de l’Iran dont l’ampleur et la dureté radicaliseraient la position du régime de ce pays et feraient que ses dirigeants ferment la porte à toute négociation portant sur un compromis « acceptable ».

Donald Trump en a décidé autrement et douche leur attente puisque dans la foulée de l’annonce faite théâtralement du retrait des Etats-Unis de l’accord de 2015, il a promis le « plus haut niveau de sanctions économiques » contre Téhéran et a sommé les puissances en question à s’y conformer sinon elles s’exposeraient à d’amères représailles étasuniennes. Le président leur a assené la menace avec une arrogante suffisance révélatrice de la piètre considération qu’il voue à ces pays « alliés » et le peu de cas qu’il fait de leur position ayant consisté à lui faire prévaloir qu’en dénonçant l’accord de 2015 ce sont les Etats-Unis qui commettent une inacceptable violation du droit international. Humiliées et tenues pour quantité négligeable sur la scène géopolitique mondiale par leur puissant allié, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’ont que modérément réagi à l’injonction que l’inénarrable président EU leur a administrée avec des effets de menton mussoliniens.

Paris, Londres et Berlin se sont en effet contentés de « regretter » sa décision et les menaces qui l’ont accompagnée. Ce qui est le signe qu’ils n’ont nullement l’intention de braver leur hégémonique partenaire et allié même en les ayant sommés crûment de sacrifier leurs intérêts économiques nationaux en Iran. Pour ne pas apparaître comme allant s’incliner sans résistance devant l’oukase trumpien, les trois capitales européennes se sont déclarées « déterminées » à entreprendre des initiatives auprès de Téhéran pour « sauver » l’accord d’une façon qui donnerait satisfaction à Donald Trump et son administration. Mais, pour cela, faut-il encore que l’Iran se prête à ce genre de tractations alors que ses dirigeants savent que ces derniers leur ont déclaré une guerre ouverte économique et probablement militaire à brève échéance et que ces mêmes puissances européennes dans laquelle elles finiront par se ranger du côté américain.

Téhéran a certes fait savoir qu’il reste disposé pour des discussions avec les cosignataires de l’accord sur son programme nucléaire, mais à condition que l’Iran ne soit pas soumis à des exigences aggravées et unilatérales. La seule assurance que les Iraniens demanderont aux alliés européens de Donald Trump pour qu’ils ne « déchirent » pas à leur tour l’accord sur le nucléaire est qu’ils refusent de se désengager financièrement et économiquement de leur pays comme leur a enjoint le président américain. Paris, Londres et Berlin ne sont assurément pas en situation de donner cette assurance qui induirait l’ouverture d’un conflit économique entre leurs Etats et l’Amérique qui saperait les fondements de l’alliance occidentale. Ils ne s’y aventureront certainement pas d’autant qu’ils sont acquis à l’objectif ultime que vise Donald Trump avec le retrait américain de l’accord et qui est la chute du régime iranien. Les dirigeants de ce régime peuvent être présentés comme l’on voudra, mais pas en naïfs à l’endroit des intentions de l’Amérique et de l’Occident à l’égard de leur pays.

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