Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Esclavage et nouvel esclavagisme

L’homme est un loup pour l’homme. C’est la citation qui me semble la plus proche de la vilenie et du cynisme de l’homme envers son congénère. Je dis proche car le philosophe anglais Thomas Hobbes, en pensant à cette métaphore, n’avait certainement pas imaginé que l’homme serait beaucoup plus cruel que le carnivore. L’exploitation de l’homme par l’homme est une ignominie qui existe depuis que le monde est monde et dont les méthodes évoluent et s’aggravent au fil du temps.

Vers la fin du XVe siècle, l’histoire allait connaître un phénomène traumatisant sans précédent. Il s’agit de la traite négrière. Des commerçants, des concessionnaires et des administrateurs avaient abordé les côtes africaines à la recherche d’hommes valides et de jeunes femmes pour en faire des esclaves. Ces derniers furent transportés sur la côte occidentale. Il faudrait signaler à ce propos que les pays de la péninsule ibérique furent les premiers à pratiquer la traite négrière. Plus tard, vers la fin du XVIe siècle, la France, la Hollande, la Grande Bretagne ou encore le Danemark entraient en concurrence dans le commerce des esclaves. A cette époque des grandes conquêtes maritimes, des armateurs avaient l’idée de transporter les Nègres vers l’Amérique pour les vendre ou les échanger contre des produits.

C’est le début du commerce triangulaire, expression désignant le processus d’échange et de commerce entre la France, l’Afrique et les Antilles. Des bateaux partaient de l’Hexagone, ils embarquaient des marchandises de toutes sortes : verroteries, des armes, des bijoux...etc. Arrivés en Afrique, au Sénégal le plus souvent, les négriers échangeaient leur cargaison contre des esclaves. Le voyage se prolongeait vers les Antilles, où des Noirs étaient débarqués chaque année en échange de sucre, de vanille et de différents produits tropicaux, rapportés en France pour y être vendus.

Par ailleurs, on peut dire que l’ère de la société marchande commence par la commercialisation des êtres humains ; il faudrait être naïf pour croire que l’abolition de l’esclavage en Angleterre en 1833 fut un acte pur et dévoué. En effet, l’argument économique pèse beaucoup sur cette décision et on assure que le travail accompli par des hommes libres coûte finalement moins cher que celui effectué par des esclaves. En plus, la dénonciation de la traite n’entraînait pas systématiquement la mise en place d’une répression effective et le trafic des nègres a connu son essor grâce aux multinationales anglaises. De surcroît, la lutte contre les négriers favorisa le développement des relations entre les Britanniques et les souverains africains : c’est était un grand pas vers la colonisation de l’Afrique. C’était de l’histoire.

Actuellement, l’exploitation de l’homme pour l’homme n’a rien perdu de son infamie, seulement elle est très subtile, trop indiscrète pour qu’on en s’aperçoive. Qui dit capitalisme dit esclavage. L’un des plus grands paradoxes de ce système est d’appeler à la liberté tandis qu’il nous traîne dans un état de dépendance et d’assujettissement... Je ne pourrais jamais me passer de ma tasse de café matinale, dirait quelqu’un ; et du thé dirait l’autre ignorant que ces produits n’existèrent dans notre société qu’à une époque récente : l’époque de leur commercialisation en abondance au début du XVII ème siècle pour le café et juste quelques décennies auparavant pour le thé.

Et les exemples se multiplient de ces dépendants dont l’indisponibilité de certains produits représente un manque cruel. Le capitalisme marchand adopte une stratégie simple : on fait habituer à la chose puis on en fait un besoin. On peut illustrer ces propos par les boissons de soda distribuées quasi gratuitement jusqu’à ce qu’on crée la demande ; ou encore le sport, et en l’occurrence le football qui était transmis sur toutes les télés pour avoir un plus grand nombre d’accros avant que l’exclusivité ne le fasse passer sur celles des plus payants.

Les nouveaux esclaves ne sont même pas conscients de leurs états de servage dont les chaînes sont recouvertes de velours et revêtues de modernité.

Si François-Dominique Toussaint Louverture a mené son combat pour l’émancipation des Noirs, je doute fort qu’un leader puisse lutter contre l’assujettissement des temps modernes par le biais de l’abrutissement. Comment convaincre l’abruti ?

Adil GOUMMA

»» http://lencrenoir.com/esclavage-et-nouvel-esclavagisme/
URL de cet article 32617
   
Le Krach parfait
Ignacio RAMONET
Crise du siècle et refondation de l’avenir Le capitalisme connaît en moyenne une crise grave tous les dix ans. Mais un séisme économique d’une aussi forte intensité que celui de l’« automne noir » 2008, il ne s’en produit qu’un seul par siècle. Aucun autre cependant, avant celui-ci, n’avait conjugué une somme de menaces croisées aussi alarmantes. Tout le système financier - banques, bourses, caisses d’épargne, agences de notation, normes comptables - a craqué. Et une doctrine a fait faillite : celle du (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

« La démocratie et les droits de l’homme ne nous intéressent que très peu. Nous utilisons simplement ces mots pour cacher nos véritables motifs. Si la démocratie et les droits de l’homme nous importaient, nos ennemis seraient l’Indonésie, la Turquie, le Pérou ou la Colombie, par exemple. Parce que la situation à Cuba, comparée à celle de ces pays-là et de la plupart des pays du monde, est paradisiaque »

Wayne Smith, ancien chef de la Section des Intérêts Américains à La Havane (SINA) sous l’administration Reagan


Lorsque les psychopathes prennent le contrôle de la société
NdT - Quelques extraits (en vrac) traitant des psychopathes et de leur emprise sur les sociétés modernes où ils s’épanouissent à merveille jusqu’au point de devenir une minorité dirigeante. Des passages paraîtront étrangement familiers et feront probablement penser à des situations et/ou des personnages existants ou ayant existé. Tu me dis "psychopathe" et soudain je pense à pas mal d’hommes et de femmes politiques. (attention : ce texte comporte une traduction non professionnelle d’un jargon (...)
40 
Médias et Information : il est temps de tourner la page.
« La réalité est ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est ce que nous croyons. Ce que nous croyons est fondé sur nos perceptions. Ce que nous percevons dépend de ce que nous recherchons. Ce que nous recherchons dépend de ce que nous pensons. Ce que nous pensons dépend de ce que nous percevons. Ce que nous percevons détermine ce que nous croyons. Ce que nous croyons détermine ce que nous prenons pour être vrai. Ce que nous prenons pour être vrai est notre réalité. » (...)
51 
Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.