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L’Algérie de mes rêves n’est pas Tlemcen.

Dieu merci, notre armée populaire a démontré son expertise à In Amenas. L’armée algérienne a prouvé aux expansionnistes prétentieux que l’Algérie n’est pas une batture sur laquelle les mauvaises vagues françaises se rabattent. Le courage et la témérité de nos gendarmes et nos soldats ont donné une leçon inoubliable aux criminels qui voulaient faire agenouiller les algériens et amoindrir leur courage. L’Algérie des martyrs n’est pas un pâturage non gardé ou un étang abandonné où les malfaiteurs s’aventurent pour chasser les canards sauvages.

A Davos son tic avec les lunettes et sa diplomatie « fifolle » ne sont plus convaincants. Oublions sa correction aux lunettes et rendons hommage au héros Lahmar Amine. Je m’incline devant le courage ce jeune mais je me tais et je bouche mes oreilles quand la diplomatie absurde parle. Heureusement, l’intensité de ma fierté s’élève d’un cran lorsque je vois un jeune ambassadeur, un jeune officier, un jeune journaliste ou un jeune professeur dans l’Algérie de mes rêves.

Comme Lahmar Amine, Didier Lestrade est né à Mehdia dans la willaya de Tiaret non loin de mon village natal Sougueur. L’histoire m’oblige de commencer ce texte par son slogan « Tu es jeune et sans emploi ? Le gouvernement de Hollande te propose une Flashmob au Mali pour aller y piller l’uranium, l’or, les diamants et le pétrole ». Ce slogan parcourt le Twitter ces jours-ci. Il a fait le tour du monde pour diffuser la réalité des évènements au Mali. Il est inscrit sur une affiche accrochée au mur de la chambre d’un jeune soldat français qui se prépare pour une aventure au Mali. Ce slogan informe les habitants de ce monde comment François Hollande a commencé sa fonction de président. Cette affiche mal encadrée et à peine accrochée au mur est une honte pour les fils de Diderot. Elle nous fait revenir aux paroles du général Giap. Le colonialisme disait ce général est un mauvais élève qui ne retient aucune leçon de l’histoire. La guerre funeste au Mali confirme que François Hollande n’a pas bien révisé la leçon d’histoire de ses pères. Les pères de Hollande ont brulé l’Algérie au napalm. Les séquelles de la première bombe atomique française à Reggan témoignent les atrocités de ce colonialisme barbare.

Les éducateurs français et algériens aimeraient voir les conseils de Diderot « L’histoire ne nous fournit que des exemples de paix violées, de guerres injustes et cruelles, de champs dévastés, de villes réduites en cendres. L’épuisement seul semble forcer les princes à la paix ; ils s’aperçoivent toujours trop tard que le sang du citoyen s’est mêlé à celui de l’ennemi ; ce carnage inutile n’a servi qu’à cimenter l’édifice chimérique de la gloire du conquérant et de ses guerriers turbulents ; le bonheur de ses peuples est la première victime qui est immolée à son caprice ou aux vues intéressées de ses courtisans » parcourir le monde pour embellir l’image de la France aux yeux des enfants africains.

Je ne fais pas comme Didier Lestrade. Je vais tout simplement rappeler, en toute modestie, à son excellence François Hollande que les garçonnets et les fillettes de Tlemcen ont essayé de cacher le barbarisme colonial par leur innocence. Ils ont chantonné la paix et la liberté dans un français bercé par un rythme andalou pour faire passer le message à vos soldats qui se préparaient pour le Mali. Mais, après le cauchemar d’In Amenas ces petits enfants pensent que l’intervention militaire au Mali mérite bien cette anecdote. Écoutez ! Je vous raconte.

Les habitants maliens de Bourakébougou entendaient des bruits un peu bizarres. Ils pensaient que ces bruits étaient le bourdonnement des abeilles invisibles. Par la suite, ils ont pensé que ce sont les diables qui émettaient ces bruits mystérieux. Ils ont appelés l’endroit d’où venait ce bruit « Djinabougou ». En réalité, ces bruits provenaient des fuites de gaz naturel. Les Chinois et les algériens espéraient exploiter ce gaz. Malheureusement son sifflement a attiré le diable français. Depuis cette découverte, les français tentent d’occuper les Djinabougou. Djinabougou veut dire en Bambara « la case des diables ».

En Afrique le gaz naturel, l’uranium et l’or cadencent les guerres. Les nord-africains vivent un exemple en grandeur nature du fameux sifflement du gaz naturel, dont l’odeur à Bamako, comme à Alger ou à Tripoli, provoque une asphyxie à Paris. La découverte du gaz naturel et de l’uranium au Mali placent ce pays dans le cercle des pays convoités par des investisseurs qui veulent les richesses naturelles de l’Afrique par la force militaire et à des prix dérisoires. L’histoire nous donne encore des leçons. Je cite le renversement d’Hamani Diori le premier président du Niger. La cause de ce reversement est liée à l’exploitation de l’uranium. En 1969, la France propose au Niger d’exploiter l’uranium au prix fixe contre une aide au développement d’un milliard de Franc CFA. Le président nigérien Hamani Diori qui avait tout simplement exprimé le voeu de rediscuter les termes de cet accord fut renversé en 1974 en plein pourparlers autour des prix de l’uranium.
La mine d’uranium d’Arlit au Niger est à environ 200 km de la frontière malienne et Hollande ne peut pas se permettre de prendre le moindre risque de bloquer les cinquante-huit réacteurs qui illuminent la France. Sans cet uranium l’image de la capitale des années lumières sera plus sombre et ressemblera au cliché de Bamako en temps de guerre.

Comme Didier Lestrade, les géologues savent que le sous-sol malien renferme de l’uranium et plusieurs métaux précieux. Le gisement d’uranium à Faléa, à 350 kilomètres à l’ouest de Bamako cache dans son sous-sol environ 12.000 tonnes d’uranium soit quatre fois la production de la mine d’Arlit en 2012. Il ne faut pas oublier que la France est le plus grand producteur d’énergie nucléaire dans le monde et que la mine de Faléa attire François Hollande. La guerre contre le terrorisme au Mali est une autre forme du coup d’éventail de Duval déjà connue dans l’histoire algérienne.

L’intervention militaire au Mali fonctionne comme un catalyseur de crise diabolique avec des effets de résonance difficiles à maîtriser. Les français nous ont appris à l’école « une troupe doit casser le pas » quand elle franchit un pont. Sinon, la marche au pas cadencé crée des phénomènes de résonance et l’édifice risque de s’effondrer. Le pont algérien ne supporte plus la cadence française. Les petits soldats français vont payer cher les conséquences de leur cadence non réfléchie. Cette cadence va déclencher toute une série de réactions en chaîne, imprévisibles et incontrôlables. Christian Rouyer, ambassadeur de France au Mali ne cache pas ce scénario. Il l’a bien prononcé au micro de France Inter « Nous sommes actuellement confrontés à une dimension régionale et même internationale du problème. Certains en France ont pu douter de cette dimension, je crois que nous avons la preuve flagrante que ce problème dépasse la situation du simple nord Mali. Le nord Mali est au coeur du problème bien sûr mais la dimension est vraiment nationale et internationale, ce qui justifie d’autant plus l’engagement français ».

La guerre au Mali obéit à la théorie du chaos. Elle commence par le commerce d’armes et de drogue, essentiellement de la cocaïne, venant d’Amérique latine, qui s’est développé au Mali les années 90. Emmanuel Grégoire, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), auteur de livre « Touaregs du Niger » nous révèle que Mokhtar Belmokhtar, qui a revendiqué la prise d’otages sur le site de production gazière d’In Amenas, était connu pour participer aux trafics dans cette zone. Il a fait fortune dans la contrebande des cigarettes vers l’Algérie. Il était connu sous le nom de M. Marlboro. La théorie du chaos montre le diable français noyé jusqu’au cou dans les djinabougou maliens et dessine sur un grand écran le portrait de Medelci qui cherche ses mots en ajustant ses verres.

Maintenant, revenons à nos moutons et aménageons bien notre bergerie à la manière du pasteur des hauts-plateaux « une bergerie bien gardée n’attire ni chacal ni renard ». Les algériens sont pour une classe politique jeune qui se sert de son intelligence pour mener le pays vers le une indépendance diplomatique et économique. C’est un peu triste de dire qu’après les évènements d’In Amenas, le fils de l’ex-brigadier de police pendant la révolution ne sait pas faire la distinction entre un ballon de rugby et un ballon de football à Davos. La confusion le pousse à reconnaitre ses erreurs en disant « L’Algérie n’était pas la cible des terroristes. Les terroristes visaient les investisseurs et les étrangers qui travaillent en Algérie ». Sa vision n’est pas en diapason avec ce qui se passe dans le pays. Son comportement a attiré les journalistes étrangers quand il ajustait à plusieurs reprises ses lunettes à Davos. Sa conduite non contrôlée démontre que la diplomatie algérienne est atteinte d’astigmatisme politique congénital qui entraîne une vision politique brouillée, déformée, imprécise à toutes les distances. Inutile de dire que les Algériens aiment voir une classe politique respectueuse dont la vision est claire et sait dire non quand les objectifs politiques ne sont pas clairs ou quand les intérêts de la nation sont ridiculisés. Peu importe les provenances des personnes qui constituent la classe qui décide, le plus important est l’alternance dans la gouvernance. L’alternance va mettre fin à la diplomatie boiteuse et pas assez intelligente qui ne représente point la bravoure du peuple algérien. La mise en place d’hommes forts et intelligents déterminera une position claire vis-à -vis de cette France qui ne nous laisse pas tranquilles depuis notre indépendance.

Certains algériens pensent que François Hollande sait qu’Il y a encore des algériens fidèles aux martyrs et à la révolution. Il a certainement lu leurs écrits. Ces hommes ont appris à leurs enfants comment défendre ce pays. Ils leur ont enseigné ce qu’ils doivent faire en cas de crise. Ces hommes savent faire la différence entre le réel et le virtuel et reconnaissent quand il faut dire oui et quand il faut dire non. Alain Juillet, l’ancien patron du Renseignement français, a bien compris le principe algérien. Il le dit en toute clarté « Les Algériens ont un principe : quand ils font une opération, ils n’en parlent pas ».

La majorité des algériens pense que savoir dire non fait partie de notre culture mais les oui répétés peuvent transformer notre pays en butture maudite. La batture est une zone rocheuse à fleur d’eau sur laquelle les vagues se brisent. Dieu merci, notre armée populaire a démontré son expertise à In Amenas. L’armée algérienne a prouvé aux expansionnistes prétentieux que l’Algérie n’est pas une batture sur laquelle les mauvaises vagues françaises se rabattent. Le courage et la témérité de nos gendarmes et nos soldats ont donné une leçon inoubliable aux criminels qui voulaient faire agenouiller les algériens et amoindrir leur courage. Le reste des algériens pense que les algériens ont prouvé au monde que l’Algérie des martyrs n’est pas un pâturage non gardé ou un étang abandonné où les malfaiteurs s’aventurent pour chasser les canards sauvages.

En conclusion : Pour créer un marché pour la mort il faut inventer un problème, puis trouver sa solution par les armes. Mon métier d’éducateur m’oblige de conseiller aux jeunes soldats stationnés au Mali de ne plus chanter comme Jean Jacques Goldman « Là -bas, tout est neuf et tout est sauvage. Libre continent sans grillage. Ici, nos rêves sont étroits. C’est pour ça que j’irai là -bas ». Je leur demande de dialoguer avec la conscience et d’interroger la raison. La conscience, la raison et les paroles de Diderot « La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c’est une maladie convulsive et violente du corps politique ; il n’est en santé, c’est-à -dire dans son état naturel, que lorsqu’il jouit de la paix ; c’est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l’agriculture et le commerce ; en un mot, elle procure au peuple le bonheur qui est le but de toute société » doivent étouffer le bruit de leurs canons.

Omar Chaalal

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