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"Nous n’accepterons pas les politiques qui causent la souffrance de notre peuple" (elciudadano.cl)

Nous avons interrogé Christian Rodriguez, responsable des Relations Internationales de La France Insoumise, mouvement que dirige l’ex-candidat présidentiel Jean-Luc Mélenchon, qui est devenu la référence la plus dure dans les critiques au gouvernement de Macron, lequel a déployé une persécution judiciaire à son encontre afin de neutraliser son leadership et détourner l’attention de la crise politique qui traverse le pays. - LEONARDO BUITRAGO 24 OCTOBRE 2018

Christian Rodriguez, franco-chilien établi en France, est chargé des Relations Internationales de La France Insoumise. Il s’agit d’un mouvement social qui s’est séparé de la gauche traditionnelle sous l’impulsion de Jean-Luc Mélenchon qui, avec le mouvement comme base, s’est présenté à l’élection présidentielle de 2017 et en obtenant la quatrième position des suffrages (19,6%).

Rodriguez est né au Chili mais à passé une bonne partie de sa jeunesse en Europe, pour retourner dans son pays dans les années quatre-vingt dix, seulement pour se rendre compte que le supposé retour à la démocratie occultait une société disciplinaire héritée de la dictature. Après quelques années, il a décidé de revenir en France où il s’est dédié à temps plein à la communication et à la politique, en devenant un des adjoints les plus proches du leader de La France Insoumise et ex-candidat à la présidence française, qui est aujourd’hui sous les projecteurs de la presse, puisqu’il affronte un processus de judiciarisation, comme d’autres leaders de la gauche et du progressisme international.

Au cours de l’entrevue, Christian a analysé le moment particulier que vit Mélenchon, les tensions politiques en Europe et le moment particulier que vit la France, en mettant en avant le rôle de la gauche et de son mouvement dans ce contexte.

LA FRANCE INSOUMISE

Commençons par le commencement. Qu’est-ce que la France Insoumise ?

C’est un mouvement politique social d’un nouveau type, qui a 554 000 adhérents et qui a été fondé pour arriver au pouvoir en France. Nous sommes une organisation qui n’est pas un parti politique mais un mouvement, c’est important de le dire, et nous avons un programme qui s’appelle « L’avenir en commun » qui, en plus d’être un instrument de lutte, est un programme de gouvernement dans toutes ses formes, un document élaboré collectivement qui présente ce que nous voulons réaliser en économie, dans les relations bilatérales, comment nous concevons un nouveau monde écologique, social et humaniste. C’est une plate-forme de gouvernement.

Nous sommes arrivés à rivaliser, ils nous a manqué 600 000 voix et la France Insoumise est aujourd’hui un mouvement qui possède 17 parlementaires, hommes et femmes, et qui est le groupe le plus important de l’opposition directe à Macron et nous sommes des militants qui intervenons en différents endroits du monde à travers de nos « Groupes d’Action ».

Nous avons la prétention de prendre le pouvoir et de l’arracher aux mains de ceux qui, aujourd’hui, gouvernent comme des fantoches de la grande mission qu’ils ont, qui est de vendre tout ce qui est publique en France. Macron est le cousin germain de Macri en ce sens, avec la même politique et la même stratégie.

Quelle a été la clé pour que La France Insoumise ait consolidé son leadership en à peine deux ans ?

Jean-Luc Mélenchon possède une longue trajectoire politique : il a été le plus jeune sénateur de la République, après il a été membre du Parti Socialiste ; ensuite il a quitté le Parti Socialiste quand ils ont pris ce virage vers la sociale-démocratie pro-capitaliste qui ouvre la voie au néolibéralisme, et qui sont des phénomènes que l’on connaît aussi en Amérique Latine, comme celui de Bachelet au Chili, où que l’on retrouve au Pérou.

Il est bon d’avoir construit une option avec le peuple, pour le peuple, en répondant aux défis qui relèvent, aujourd’hui, de l’Europe d’aujourd’hui.

Ce fut une campagne très dynamique, orientée vers la jeunesse parce qu’elle est l’avenir de l’Europe.
Le succès de Mélenchon est de dire les choses comme elles sont. C’est un homme d’Etat de grande réputation, brillant et avec des idées novatrices.

« Le peuple français s’est rendu compte qu’il a été trompé »

Quel est le contexte politique de la France après les mesures mises en œuvre par le gouvernement de Macron ?

Emmanuel Macron arrive au pouvoir avec un discours de ces jeunes bobos qui arrivent en disant que « nous ne sommes ni de gauche ni de droite », que « nous sommes un mouvement, pas un parti ». Ils défendent le patronat, la libre entreprise avec autonomie. « Nous allons apprécier à leur juste valeur ceux qui le méritent », disent-ils. C’est ça le discours.

Rapidement, le peuple français se rend compte qu’il a été trompé : une des premières mesures de Macron a été de suspendre les Tribunaux de Défense des travailleurs, augmenter l’âge de la retraite, qui est le prochain projet, éliminer le droit de grève pour les secteurs pour qui les négociations sont seulement nationales. Il a très vite frapper les travailleurs, il a commencé à privatiser. C’est un pays qui est en train de se vendre, comme il a été dénoncé pendant la grande grève de la SNCF. Les universités se privatisent. Tout fait partie du même plan.

Par exemple, comment ont eu lieu les attaques de Macron envers les syndicats, ce qui a provoqué une grève de trois mois dans le secteur ferroviaire ?

Ils ont vendu les trains, ils ont vendu l’entreprise d’état et l’ont offerte au privé. Une entreprise publique de plus de 120 ans, c’est l’entreprise de tous et cela signifie qu’ils ont un savoir technique et de maintenance excellents, de sécurité, etc. Nous avons le train le plus rapide du monde, après le japonais.

Mais Macron a livré une entreprise qui est la tienne, de tout le monde, aux privés pour qu’il fassent des affaires et la découpent en mille morceaux : un va se charger du commerce des trains, l’autre du nettoyage et de la maintenance. C’est la même logique partout dans le monde. En réduisant les emplois publiques qui aujourd’hui deviennent des employés de service privé. Cela a été une déclaration de guerre.

Comment s’explique la crise que traverse le gouvernement Macron ?

Macron traverse une grave crise politique qui lui a fait perdre durant les 3 derniers mois près de 27 points. C’est dans le sondage le plus bas de tous. Le peuple français s’est rendu compte de son inefficacité et qu’il est en train d’offrir le pays au grand capital, avec des crises permanentes de gouvernement.

La dernière est l’affaire de son garde privé, Alexandre Benalla, qui est vraiment un scandale. En France, nous n’avons pas les niveaux de corruption qu’il y a en Haïti ou au Mexique, par exemple, parce que nous n’avons pas des états narcotrafiquants, que nous espérons se voir terminer au Mexique le 1er décembre. C’est pour ça, découvrir qu’un garde personnel de Macron, sans faire partie des effectif, a la clé de sa maison, qu’il possède des armes, se fait passer pour un policier, qu’il agresse des gens lors de la marche du 1er mai et que tout le monde a peur de lui, c’est un scandale.

L’opération politique contre Mélenchon fait partie d’une provocation pour détourner l’attention principale sur la crise que traverse le gouvernement de Macron.

Une partie de cette crise est marquée par des scandales comme la démission de ses ministres les plus proches, qui se sont sentis trahis par Macron. Quel est votre opinion sur ce sujet ?

Nicolas Hulot, son ministre de l’Ecologie, le meilleur qu’il avait, a démissionné parce qu’il s’est rendu compte qu’il était inutile de négocier et de discuter avec le lobby de la chimie, de l’industrie pharmaceutique. Ainsi s’en sont allés 3 ministres dont, rien de moins que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, un ami personnel de Macron, qui s’est terminée en créant une crise de palais. Comme échantillon : ils viennent de nommer ministre de l’Ecologie la directrice de communications de Danone, ce qui veut dire que l’espoir est le néant. Mais le pire est qu’après quinze jours de vacance, le poste de ministre de l’Intérieur est confié à Christophe Castaner, transfuge du Parti Socialiste, un dur, dont la première action fut de lancer, le jour même de l’annonce officielle de sa nomination, l’opération politico-policière contre La France Insoumise.

Macron a quelque chose de très grave, une façon despotique de fonctionner. En d’autres temps, nous avons cru qu’il existait une mafia à l’époque de Jacques Chirac, mais nous nous rendons compte qu’ils n’étaient que des enfants de chœur à côté de ceux qui nous arrivent aujourd’hui, qui nomment les procureurs, les chefs de la police, ils se mettent à nommer les fonctionnaires de justice. Cela, nous ne l’avions pas connu. La cinquième République est à l’agonie, en danger et aux mains de trafiquants qui veulent vendre ce pays, et ça, nous n’allons pas l’accepter.

L’AGENDA DE LA FRANCE INSOUMISE

Quel est l’agenda de La France Insoumise, et est-ce que c’est la pire démangeaison des secteurs de la droite ?

A chaque discussion au Parlement, nous avons des propositions, non seulement nous dénonçons, sinon que nous présentons des propositions sur comment construire une nouvelle économie, comment construire une société écologique à partir d’options d’une économie écologique, nous proposons comment résoudre le problème des retraites, de créer des emplois pour les jeunes, l’importance que les cerveaux ne nous échappent pas et rendre à la France son rôle en tant que puissance en termes culturels, industriels et économiques. Depuis que Macron est arrivé, le différend avec Angela Merkel a été de savoir lequel avait le leadership en Europe et les deux ont échoué.

A quoi vous référez-vous en disant que Merkel et Macron ont échoué ?

Merkel est totalement faible intérieurement et Macron et son projet a aussi échoué. Il n’y a pas de projet européen viable. La France s’est livrée à l’OTAN et s’est livrée à Donald Trump, y compris dans sa relation avec le Venezuela, Macron est le porte-parole et il a servi pour agir contre le Venezuela et soutenir l’opposition cruelle au Venezuela. Quand Trump lui dicte ce qu’il doit faire en politique extérieure, c’est la preuve que son projet politique a échoué.

Qu’est-ce que La France Insoumise ferait de différent du bloc européen en matière de politique extérieure ?

La France Insoumise propose de se retirer de l’OTAN, intégrer le Mouvement des Pays Non Alignés (Mnoal), l’abandon de l’industrie nucléaire, parce que nous ne voulons plus d’énergie nucléaire sans énergies alternatives, nous voulons l’accès à la santé et à l’éducation gratuit, une retraite décente et un développement économique à caractère écologique.

Nous voulons la possibilité d’accéder à la mer et à l’espace, comme possibilités de développement de nouvelles alternatives, écologiquement parlant. La France possède 15 000 kilomètres de côtes. La France est la sœur de l’Amérique Latine puisqu’en Guyane, nous avons notre frontière la plus longue avec le Brésil.

Nous avons une autre vision de la collaboration avec les pays de la Méditerranée, une autre vision sur la paix, qui n’est pas de la construire sur le lien de forces que l’OTAN et Trump sont en train d’imposer.

LA PERSECUTION JUDICIAIRE DE MELENCHON

Changeons de thème sur l’éventualité. Comment fonctionne le lawfare (persécution judiciaire) contre Mélenchon ?

Le lawfare s’inaugure en Europe à travers la France, avec la latinoaméricanisation de la politique dans les procédures judiciaires. Il n’y a besoin ni de tanks ni de bombardements, ce qu’il faut c’est acheter le pouvoir judiciaire et le mettre aux intérêts de l’oligarchie, faire des coups d’Etat internes au moyen du pouvoir judiciaire et conjointement avec les corporations médiatiques, on cherche à faire suspecter tout leader politique opposé au néolibéralisme.

Dans ce contexte, il veulent faire passer Mélenchon pour un délinquant et un suspect, comme un prévenu. Le Premier Ministre l’a dit hier : vous êtes poursuivi. Semer le doute est le travail le plus subtil qu’ils ont réalisé. Par exemple, quand ils ont perquisitionné son domicile à 7 heure du matin sur la base de fausses accusations, regardez comme cela sort dans tous les journaux, dans tous les magazines : il passe de victime à bourreau. C’est lui le violent, celui qui ne respecte pas la Loi. Cette habileté est un cas d’école, en communication c’est magique. C’est la version qu’ils montrent et pas comme ça s’est passé en réalité. Notre caméra montre comment un policier reverse quelqu’un et le plaque au sol, et cela n’apparaît pas dans les grands médias. Mais c’est ce que dit le policier, c’est ce que dit le procureur.

De quoi accuse-t-on Mélenchon ?

De deux choses très concrètes. D’abord, il y a deux ans, une députée du Front National, l’a accusé au Parlement Européen d’avoir des emplois fictifs pour ses assistants parlementaires. Cette histoire était morte depuis un an et demi, tandis que Marine Le Pen a été condamnée à payer deux millions d’euros d’amende, à rendre l’argent qu’elle utilisait pour ses assistants, pour elle on l’a découvert, pour Mélenchon, jamais.

Deuxièmement, on l’accuse de malversation dans les comptes de la campagne présidentielle. Ces comptes ont été validés et approuvés par la commission.

Nous avons répondu à 2000 questions de la commission et ça a été la campagne la moins chère de toutes, elle a coûté 11 millions d’euros, les autres ont coûté 18, 20 et 22 millions d’euros. Sur le site de La France Insoumise, il y a toute l’information publique sur les comptes que nous avons décidé de mettre au grand jour. Tous les frais, en quoi a été utilisé l’argent.

A Macron aussi, on a mis en doute ses frais et jusqu’à aujourd’hui, il n’y a eu aucune enquête, aucun courrier, aucun coup de téléphone, et pas cent policiers qui se mobilisent à 7 heure de matin. C’est deux poids deux mesures.

Le président de la commission des comptes est un vieil ennemi politique de Mélenchon. Il y a 15 ans, ils étaient ennemis politiques à mort, et en démissionnant de la commission de contrôle électoral, il a dit qu’il n’y avait pas de comptes clairs avec Mélenchon et après il a oublié l’histoire. Maintenant, l’histoire revient sur la table avec la perquisition de La France Insoumise. Ils lui ont pris son agenda, ses photos, nous en Amérique Latine, nous savons comment sont les perquisitions. Là-bas, ils sont choqués parce qu’ils n’avaient jamais vécu cette expérience.

Existe-t-il des irrégularités dans le processus ?

Toutes les accusations sont absolument fausses de A à Z, tout est inventé. Ici, on n’a rien caché, ici, il s’agit d’une persécution pour tenter de détruire l’image de La France Insoumise et de Mélenchon pour lui enlever son immunité parlementaire et le transformer en délinquant.

A votre avis, quel avenir ont ces accusations ?

Si la justice peut travailler dans la sérénité, comme nous en sommes convaincus, la vérité viendra sur le tapis. Après cinq heures d’interrogatoire, j’ai lu toute sa déclaration à la presse et qui est publique. Il y a un sentiment profond qu’entre les juges et les policiers, ils ont perdus leur temps, qu’ils se sentent manipulés. C’est une opération politique dans laquelle ils doivent faire leur sale besogne en sachant qu’il n’y a pas de raisons, tandis qu’eux (la droite) ne se montrent pas.

C’est une technique inaugurée par Macron d’envoyer ses fonctionnaires faire le sale boulot sachant que c’est ridicule et qu’il n’y a rien. A son garde du corps, au lieu d’entrer par effraction, ils ont frapper à la porte et il n’était pas là. Alors, il lui ont donné 24 heures pour que son appartement soit nettoyé pour que disparaissent les armes qu’il détenait, selon lui-même et il s’en ai vanté devant la presse. Ils l’ont prévenu qu’il fasse attention à lui pour qu’il ne soit pas inculpé. Là, ils n’ont pas convoqué toute la presse pour monter tout ce spectacle médiatique comme ça s’est passé avec Mélenchon, où ce qu’ils ont monté est une machination.

De toutes façons, cette opération politique a échoué : en deux jours, plus de 2000 personnes ont adhéré à notre mouvement. Mais ils ont emporté les ordinateurs où figurent les coordonnées de 550 000 adhérents inscrits qui risquent d’être utilisés discrètement, et cela nous met tous dans une position de menace de répression potentielle.

LAWFARE : DEPUIS L’AMERIQUE LATINE A LA FRANCE

Quelles sont les similitudes que vous voyez entre cette persécution politique et judiciaire avec celles qui ont eu lieu au Brésil avec Lula Da Silva et Dilma Rousseff, en Argentine avec Cristina Fernández et en Equateur avec Rafael Correa ?

Le modèle de démocratie à partir du vote s’est épuisé pour les classes dominantes quand elles se sont rendu compte qu’elles pourraient perdre le contrôle et qu’alors il ne les servait plus. La politique a commencé à être un métier et plus un acte citoyen pour tous, de se préoccuper de construire cité et humanité.

Pour arriver à ce stade, ils se sont chargés d’aliéner le peuple pour qu’il cesse de se préoccuper de la cité pour les autres mais pour les raisons qui sont de son intérêt, en le séparant du politique.

Les sénateurs chiliens, par exemple, ont les salaires les plus élevés du monde, c’est un exemple pour te dire comment ils les ont professionnalisés, comment ils les ont achetés, et comment ils ont chassé la politique de l’esprit des gens.
C’est ce qui s’est passé avec Lula, Dilma, ils ont inauguré ce petit modèle, ils l’ont développé, ils l’ont expérimenté en Argentine, au Pérou avec le degré de corruption qu’il y a. Au Chili, ça a été « comme c’est ton tour, c’est mon tour, demain pour toi, aujourd’hui pour moi ». Il s’agit de se partager le pouvoir parce que ce qui est fondamental n’est pas dans l’élection, tu peux être président avec 22% des 100% de votants et de ces 22%, à peine 17% te le donne vraiment.

Ils ont dissocié le peuple du politique, ils ont acheté les juges, c’est de la corruption judiciaire. La prise du pouvoir judiciaire. L’opération est très subtile. En Amérique Latine, il y a eu un moment d’espoir, mais en se rendant compte qu’ils étaient incorruptibles ceux qui devaient l’être, ils ont décidé de corrompre les plus vénaux et idéologiquement disposés pour les placer à des postes-clés, formés aux Etats-Unis et ainsi prendre le pouvoir judiciaire comme l’a fait le juge Moro au Brésil, par exemple.

LE PROJET DE SOCIETE, IL FAUT LE CONSTRUIRE AVEC LE PEUPLE

Quelle doit être la réponse de la gauche et de La France Insoumise à cette attaque ?

Etre de gauche en Europe est très difficile, par exemple, qui peut être de gauche au Chili si Bachelet était de gauche, qui peut être de gauche au Pérou si ce militaire péruvien s’est dit nationaliste et de gauche et tu as vu comment ça s’est terminé, qui peut être aujourd’hui de gauche en Europe quand nous avons eu des gouvernements avec ces leaders qui se disaient de gauche mais qui ont mené une politique de droite ?

Nous, ce que nous disons, c’est que le projet de société, il faut le construire avec le peuple, ce qui nous intéresse c’est l’unité de notre peuple autour d’un projet concret et alternatif au modèle néo-libéral.

La gauche a été durement touchée en France. Hollande a pratiquement terminé d’enterrer ce qu’il restait de gauche en France. S’il n’y avait pas eu la figure de Mélenchon, nous serions morts comme la gauche en Italie.

La France Insoumise est beaucoup plus que dire que nous sommes la gauche. Nous plaçons nos axes dans l’unité du peuple conscient, dans les plus pauvres qui bouillent de colère. C’est une catégorie beaucoup plus large que la simple gauche.

Mais concrètement, que propose La France Insoumise quand elle parle de peuple ?

Comme je l’ai dit, La France Insoumise va bien au-delà d’un mouvement de gauche, elle est orientée à être fidèle aux aspirations des masses populaires qui n’ont pas de représentation politique, qui ont besoin que l’on arrête l’hémorragie qu’ils ont faite avec leurs droits.

Les syndicats défendent le peu que nous pouvons défendre. De ce point de vue, ils peuvent nous accuser de collaborateurs. Mais, regarde, vous avez perdu le droit de grève. Le cas chilien est exemplaire. Le pays où l’expérience néo-libérale a le mieux fonctionné est le Chili. Ils ont créer ce petit modèle et ils l’ont calqué de toutes parts. Nous sommes en période de résistance et nous allons résister. Mais ils nous mettent dans une position de défense ultime qui nous reste et c’est pour ça que nous avons été fidèles en accompagnant les luttes syndicales.

Dans l’immédiat, nous proposons des choses plus alternatives que le minimum. Augmentation des salaires, droit de grève, s’organiser, défense des travailleurs. Et pour et avec notre peuple, nous demandons que s’arrête l’hémorragie de vente de la santé, de l’éducation, des trains, des hôpitaux, c’est inadmissible.

Jusqu’où peut aller l’avenir de Mélenchon et de La France Insoumise ?

La majorité des jeunes entre 18 et 24 ans ont voté pour Mélenchon, pas par illusion mais parce que le projet est sérieux. Pas pour une personne parce que les talents se combinent avec les propositions.

Nous iront au conflit. Dans trois ans, nous aimerions que ce soit demain, nous allons chercher à chasser Macron, en respectant le suffrage universel ou en entrant dans la résistance des masses populaires. Nous continuerons d’être une opposition et nous ne pouvons pas continuer d ‘accepter les politiques qui sont responsables des souffrances de notre peuple. Nous devons défendre les travailleurs, y compris ceux des politiques européennes qui veulent niveler les travailleurs au niveau le plus bas et non au plus haut.

Nous proposons que le salaire des patrons soit au maximum 20 fois plus élevé que le salaire minimum.
Nous voulons en finir avec les traités de l’Union Européenne, qui est une union commerciale, nous voulons qu’il ne soit pas possible de vendre notre main d’œuvre au plus offrant.

« JE VOIS LE FUTUR AVEC OPTIMISME »

Comment évaluez-vous le contexte géopolitique de l’Union Européenne avec le triangle Angela Merkel, Emmanuel Macron et Donald Trump ?

Je pense que la géopolitique européenne est quasi-nulle comme projet indépendant car il y a une alliance ave les Etats-Unis pour piller d’autre pays. Angela Merkel et Emmanuel Macron lutte pour le leadership, mais les deux ont échoué dans leurs modèles. Quand Donald Trump te dicte ce que tu dois faire en politique étrangère, c’est la preuve que ton projet politique a échoué. La France s’est livrée à l’OTAN et aux intérêts des Etats-Unis.

D’autre part, l’Europe ne possède pas de matières premières. Elle ne l’obtient que par ses alliances avec les Etats-Unis pour piller d’autres contrées. C’st là qu’il y a quelque chose de grave.

Trump dirige-t-il l’Europe ?

Je ne crois pas que Donald Trump ait le leadership en Europe. Nous allons avoir un scénario plus difficile pour nous, de beaucoup plus d’armées de pauvres. Les relations entre Merkel, Macron et Trump sont tendues. Parce que Trump a dit que ça ne lui servait à rien pour ses affaires et il met des barrières et des contrôles douaniers à certains pays européens.
L’Europe s’est rendu compte qu’elle a été isolée. Nous voulons construire l’Europe des peuples, celle qui promeut la paix et qui fait un commerce juste avec tous.

Comment voyez-vous l’avenir de l’Europe ?

Des périodes obscures arrivent en Europe, le retour du fascisme des années 39-45, une Troisième Guerre Mondiale, une crise absolue d’identité, d’absence de projet et de construction de l’avenir.

Le pauvre c’est l’étranger, le noir, la femme et l’homme au chômage.

On accuse les Arabes, les Africains, les Latinos d’être responsables de tous les maux alors qu’on utilise les migrants comme main d’œuvre bon marché.

Comment se projette l’avenir politique de Macron ?

Macron, je ne le donnerai pas comme mort pour l’instant mais il est entré dans une crise qui, nous l’espérons, sera fatale et le plus rapidement possible.

La preuve, c’est comment il nous a attaqué. Cela démontre le désespoir. Macron est complètement en crise et c’est pour cela que les forces politiques d’opposition sont attaquées avec des méthodes connues en Amérique Latine et dans les régimes dictatoriaux.

La popularité de Macron va-t-elle continuer de baisser ?

Absolument, elle baisse, en chute libre. Qu’est-ce qu’il a à proposer ? Aujourd’hui, tandis que nous parlons, des milliers et des milliers de retraités sont dans les rues pour protester contre le projet de réforme des retraites, le modèle par points. Nous allons être en retraite à 67,68, 69 ans ? Avec le discours qu’on meurt plus tard et que les caisses de la Sécurité Sociale sont vides.

Quelles actions pensez-vous que La France Insoumise pourrait prendre dans les prochains jours ?

Nous venons d’apprendre que nous avons 2000 adhérents de plus. L’effet contraire à celui espérer par Macron et ses sbires. L’opération politico-policière a échoué du point de vue de l’opinion. Mais il a trouvé à se doter d’armes pour continuer à provoquer.

Le plus grave est qu’ils ont emporté les fichiers et les ordinateurs avec les noms et les coordonnées de 550 000 adhérents qui sont maintenant fichés par la police politique et aux mains d’un procureur nommé par le pouvoir politique. A chaque instant, ils peuvent venir chercher n’importe lequel des 550 000 pour lui demander s’il a eu une quelconque relation avec la campagne.

Devant cette situation de menace, il ne nous restait qu’à résister et nous battre, il ne nous restait qu’aller de l’avant dans le combat politique.

Nous maintenons notre position de défendre l’éducation et la santé gratuites, d’accompagner les luttes syndicales, d’assurer le droit de grève et à avoir un salaire juste. Nous n’allons pas accepter un système de retraite par points, la privatisation des universités et les injustices à propos de politique écologique, environnementale et sociale.

Si nous arrivons au pouvoir, toutes ces lois seront abrogées, mais en attendant, il nous revient le devoir d’éduquer les citoyens, de former des militants, d’organiser les secteurs populaires et de lutter dans chaque bataille.

Est-il possible de construire une France humaniste, écologique, où l’on respecterait les droits des citoyens ?

C’est ce dont nous rêvons et nous aspirons et surtout ce que nous essayons de construire. La France possède un capital culturel qui a inspiré les valeurs qui ont fondé la révolution française et un rôle prépondérant sur le thème de la paix.

Je vois avec optimisme l’avenir à condition que nos énergies redoublent. A être fidèle au peuple et être à ses côtés, en lutte pour les travailleurs, pour des salaires dignes, et pour éliminer les traités européens qui portent atteinte au peuple et à la classe ouvrière.

Traduction : Jean-Michel Hureau

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