RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher
Maduro a marqué des points face à une opposition agressive et majoritaire au parlement

VENEZUELA : en attendant les élections générales

Quatre ans après la disparition de Chavez, le Venezuela est orphelin de Chavez. Lapalissade ? Non, absence abyssale.
Une majorité de Vénézuéliens désapprouve la politique économique du gouvernement (en a-t-il une ?) et ses conséquences pour la vie quotidienne, surtout des classes populaires.

L’inflation galope à des taux inouïs, le prix très excessif des produits y compris de première nécessité, et la pénurie organisée par les classes dominantes, obligent à spéculer, à recourir au marché noir (« el bachaqueo »), font de la vie de tous les jours une galère pour s’approvisionner ; des queues interminables, de la colère qui gronde... Cette fuite en avant de/dans l’inflation, de la hausse des prix, provoque de fortes tensions sociales. Le gouvernement a décidé désormais de ne plus subventionner les produits mais les personnes (augmentations des salaires...)

La gauche du chavisme, du parti PSUV (une énorme auberge espagnole) envisage de possibles explosions sociales. Elle exige des mesures efficaces, l’approfondissement du processus révolutionnaire « en panne », une plus grande politisation, la relance de l’impulsion populaire, la prise en compte des revendications des bases chavistes dont « l’appareil » se méfie... Des militants anticapitalistes ont été mis sur la touche... La « guerre économique » ravage le pays. Face à l’offensive déstabilisatrice de l’oligarchie et des anti-chavistes, les bases chavistes critiquent « l’immobilisme » du président et du gouvernement, qui n’auraient pas rompu avec le capitalisme encore hégémonique.

Vu de loin, (et attention aux filtres de la désinformation permanente !) le président Maduro paraît faire du surplace, mais si l’on y regarde de près, il a marqué des points dans le permanent et terrible bras de fer avec une opposition disparate mais prête à tout , agressive, majoritaire au parlement depuis décembre 2015. L’opposition n’a pas respecté les délais pour convoquer un référendum révocatoire (article 27 de la constitution) ; à finasser, à faire du chantage, elle a finalement perdu... Le président Maduro continue, prolonge, les « missions », les programmes sociaux du chavisme, construit des dizaines de milliers de logements populaires (359 000 en 2016), consacre 71,4% du budget national aux investissements sociaux. 90% des personnes en âge d’en jouir perçoivent une pension de retraite (19% seulement avant la révolution). Le Venezuela comptait 65% de pauvres en 1999. Le taux a diminué de plus de la moitié... Mais tout cela ne suffit pas pour éteindre une crise pas seulement économique, pour permettre à la population de « consommer » normalement. Le chavisme a beaucoup apporté au peuple mais n’a pas produit toutes les « valeurs nouvelles », culturelles, humaines, attendues.

Le président Maduro a invité l’opposition au dialogue : c’est elle qui l’a « gelé ». Elle compte sur les élections des gouverneurs et des maires, programmées cette année, pour marquer de nouveaux points. Par une infatigable activité internationale, large, et grâce à l’accord OPEP de novembre 2016, le prix du pétrole est passé de 24 dollars le baril en janvier 2016 à 45 dollars fin décembre 2016. Une bouffée d’oxygène pour le pays... Avec la présidence Trump, les tensions bilatérales se sont déjà accrues et s’est ouverte une période de grande inquiétude et instabilité.

Le nouveau vice-président chaviste, Tarek El Assani, a essuyé une intense et très classique campagne d’accusations, notamment de « trafic de drogue ». Habituel « lavage de cerveaux en liberté », mensonges repris par les médias occidentaux, et « ça marche »...

Dans cette situation dangereuse, explosive, le président Maduro a choisi, avec sang-froid, de préserver la paix, d’éviter que le sang ne coule, de gérer dans l’urgence, dans l’attente des élections générales de décembre 2018.

Jean ORTIZ
L’Humanité.fr, dimanche 12 Mars 2017.

»» http://www.humanite.fr/blogs/venezuela-en-attendant-les-elections-gene...
URL de cet article 31627
  

Même Auteur
Vive le Che !
Jean ORTIZ
Comment expliquer en 2017 le prestige têtu de Che Guevarra, la fascination qu’il exerce encore et toujours ? Le nouvel ouvrage de Jean Ortiz propose une analyse et un point de vue fournis et argumentés, à contre-courant des poncifs et des contre-vérités qui ne manqueront pas de ressurgir en ce cinquantième anniversaire de son assassinat. Il est évident que se joue sur cette figure du combat anticapitaliste comme dans son legs au mouvement pour l’émancipation humaine, une bataille toujours aussi (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Je crois vraiment que là où il y a le choix entre la couardise et la violence, je conseillerais la violence.

MAHATMA GANDHI

Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
103 
La crise européenne et l’Empire du Capital : leçons à partir de l’expérience latinoaméricaine
Je vous transmets le bonjour très affectueux de plus de 15 millions d’Équatoriennes et d’Équatoriens et une accolade aussi chaleureuse que la lumière du soleil équinoxial dont les rayons nous inondent là où nous vivons, à la Moitié du monde. Nos liens avec la France sont historiques et étroits : depuis les grandes idées libertaires qui se sont propagées à travers le monde portant en elles des fruits décisifs, jusqu’aux accords signés aujourd’hui par le Gouvernement de la Révolution Citoyenne d’Équateur (...)
Appel de Paris pour Julian Assange
Julian Assange est un journaliste australien en prison. En prison pour avoir rempli sa mission de journaliste. Julian Assange a fondé WikiLeaks en 2006 pour permettre à des lanceurs d’alerte de faire fuiter des documents d’intérêt public. C’est ainsi qu’en 2010, grâce à la lanceuse d’alerte Chelsea Manning, WikiLeaks a fait œuvre de journalisme, notamment en fournissant des preuves de crimes de guerre commis par l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Les médias du monde entier ont utilisé ces (...)
17 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas | Bernard Gensane
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.