Auteur Viktor DEDAJ

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 13/13 - Ricardo Alarcon

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Parmi les dirigeants cubains, j’ai toujours eu un faible pour Ricardo Alarcon. Probablement parce que c’est par lui que j’ai « accroché » Cuba, grâce à ses articles en anglais à une époque où je ne comprenais pas l’espagnol (il parle anglais couramment, ainsi que le français). Au moment de cette interview, Ricardo Alarcon est encore Président de l’Assemblée Nationale du Poder Popular (Pouvoir Populaire). Le siège du Poder Popular (organe du pouvoir à Cuba) me (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 12/13 - Hôpital OncoPédiatrique de la Havane

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait Ca y’est, le voilà qui remet ça. Le petit papy qui conduit la voiture qui me sert de moyen de locomotion à Santa Clara recommence à radoter sur la situation dans son pays. Il parle avec une gouaille qu’il m’est difficile de suivre mais je comprends qu’il n’est pas content. J’ai pris l’habitude de le laisser vider son sac (car à part ça, il est sympa). Cet après-midi, je dois me rendre au bureau local du Ministère de l’Intérieur pour effectuer une démarche (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 11/13 - Paula Andrea

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Souvenirs. Ca fait quelques minutes que Pedro observe mes allers-retours d’un regard attentif. Il faut dire que - phénomène rare - je me balade en short (vous ai-je déjà dit qu’il faisait chaud à Cuba ?). Certes, le spectacle que je lui offre doit valoir son pesant d’ananas, mais Pedro, chirurgien de son état, a aussi tendance à voir un sujet d’étude passionnant dans chaque bipède qui passe devant lui. Apparemment, ce sont mes jambes qui attirent son attention. Je (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 10/13 - « Ernesto »

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Ernesto, je le connais depuis 20 ans. Dernier d’une fratrie du huit, le voilà devenu un grand gaillard. Il parle toujours posément, toujours avec son air mi-doux, mi-rêveur. Il me raconte sa vie, ses amours. Il me demande des nouvelles de « là-bas ». Sans interrompre la conversation, il prend ma tension. Il faut s’y habituer, car c’est très cubain. T’es là à papoter, ou en plein milieu d’une partie de dominos, et soudain tu te retrouves avec un machin qui ressemble (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 9/13 - Jardin Organoponico.

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Il ne fait toujours pas bon de se balader en plein après-midi sous ce soleil. Un guichet à l’entrée, fait de planches et de la taille d’un kiosque à journaux, est équipé d’une veille balance et de quelques pages de journaux apparemment destinées à emballer les produits. La moitié du terrain est couverte de rangées de salades si denses et d’un vert si éclatant qu’on aurait presque envie de se coucher dessus. L’autre moitié est occupée par des rangées de plantes que (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 8/13 - Victor Casau

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Sur la place centrale de Santa Clara, quelques jeunes étudiants m’accostent pour engager la conversation. Ils m’offrent des cigarettes locales (des Populars) qui m’arrachent la gorge. Je leur offre les miennes qu’ils trouvent cools. La conversation roule sur la vie là-bas, la vie ici, les études. Quelques policiers sont présents à l’autre bout de la place. Les jeunes les regardent avec défiance. Je leur demande s’il y a un problème. L’un d’entre eux me répond, en (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 7/13 - Julio Larramendi

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Il fait encore nuit lorsque le camion s’arrête devant la maison. Je grimpe sur le plateau arrière pour rejoindre une vingtaine d’ouvriers agricoles qui se serrent pour me laisser monter. Aujourd’hui, je me suis porté volontaire pour « donner ma force de travail » à la coopérative Blas Roca – les « tontons-macoutes de la révolution cubaine » selon le terme abject employé par le quotidien Libération (en référence aux escadrons de la mort en Haïti). Nous roulons à (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 6/13 - José Loyola Fernandez

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. En s’approchant de la voiture garée à l’ombre, nous remarquons une flaque sous le réservoir d’essence. Le carburant fuit lentement à travers la rouille. Après un rapide échange, nous concluons qu’il y un certain danger. Qu’à cela ne tienne. Dans le coffre, nous extirpons un gros bidon vide. Avec un tube, nous vidons le réservoir dans le bidon. Nous arrachons ensuite le tuyau qui arrive au réservoir et nous l’introduisons dans le bidon. Et voilà, un réservoir (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 5/13 - Emilio Comas

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Un soir, après un exposé sur l’histoire de la Révolution cubaine, je demande à Ibrahim ce qu’il répond aux critiques formulées contre Cuba par la gauche européenne. Il réfléchit et prend son temps avant de répondre. « Que ce soit bien clair : nous avons commis des erreurs, évidemment. Et nous en commettrons d’autres. Mais je peux te dire une chose : jamais nous n’abandonnerons le combat pour un monde meilleur, jamais nous ne baisserons la garde devant l’Empire, (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 4/13 - Edel Morales

Viktor DEDAJ
Carnet de bord. Extrait. Ce soir-là, la famille est rassemblée autour du téléviseur. Le journal télévisé cubain diffuse des images d’une manifestation en France. Ma présence a sans doute réveillé leur intérêt pour des « événements se déroulant en France ». Je reconnais les images de manifestations pour sauver les retraites. Ils me questionnent. Ils manifestent pour sauver leurs retraites ? - Oui. - Tu crois qu’ils vont gagner ? - Honnêtement ? Je pense que non. Quelqu’un murmure « (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 3/13 - Cesar Perez Leon

Viktor DEDAJ
Carnet de bord, extrait. La nuit tombe. Ibrahim semble inquiet. « Tu crois qu’elle est morte ? » me demande-t-il. Je ne sais pas. Vu la façon que tu l’as traitée, ça ne m’étonnerait pas. « Les Cubains ont le sang chaud » tente-t-il de se justifier. Je propose d’abandonner sa carcasse dans un fossé et de rentrer à pied. On reviendra demain pour la récupérer. « La police risque de la trouver avant... » soupire-t-il, avant de rajouter « c’est toujours la même chose, tu crois que tout est (…)

« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - 2/13 - Carlos Mendez Tovar

Viktor DEDAJ
Carnet de bord, extrait. Je ne crois pas aux miracles, je ne crois pas aux contes de fées. Mais quand un petit bonhomme surgit avec une boite à outils apparemment récupérée dans l’épave d’un galion espagnol, tu te poses forcément des questions. Qui l’a appelé, comment a-t-il su ? Ca fait longtemps que je ne cherche plus à comprendre cette capacité des Cubains à communiquer dans ton dos, à faire passer un message à l’autre bout de l’île alors que toi t’en es encore à filer des coups au (…)