Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Celui qui a perdu le Pakistan par les urnes ne peut pas gagner le Venezuela par un assassinat

Celui qui a perdu le Pakistan par les urnes ne peut pas gagner le Venezuela par un assassinat

Par Nasser Kandil

Décrire le comportement de l’Administration américaine pourrait se résumer à parler d’un état de « nervosité confuse » encore plus remarquable que l’humeur fluctuante, l’inconséquence ou la confusion qui caractériseraient le comportement de Donald Trump, lequel finit même par paraître comme « le plus équilibré » des décideurs politiques au sein de l’équipe dirigeante actuelle à Washington.

En effet, lors de sa campagne électorale, il avait sonné le glas de l’Amérique en tant que superpuissance et gendarme du monde, pour appeler à la reconstruction de l’Amérique délabrée, selon sa propre description, et à la résurrection de la « Grande Amérique » telle qu’il la concevait. Mais il a vite reculé sous la pression des institutions militaires et sécuritaires.

Ainsi, il a été empêché de conclure l’entente globale avec Moscou, pour laquelle il avait plaidé, et même lorsqu’il s’est rendu à Helsinki avec l’idée de modifier les équilibres internationaux après plusieurs tentatives infructueuses, il a eu à subir toutes sortes d’attaques suspicieuses ayant mené au gel des effets de sa rencontre avec le président Vladimir Poutine.

Et globalement, Washington n’aura réussi aucune percée sérieuse dans aucun des grands dossiers du moment :

  • Contrairement à ce qu’avait laissé entendre Donald Trump, le dossier des armes nucléaires en Corée du Nord n’est pas réglé, de l’aveu même de Mike Pompeo, son ministre des Affaires étrangères chargé de le négocier.
  • La confrontation avec l’Iran fait que Donald Trump a perdu sa boussole étant donné que l’escalade et les sanctions de plus en plus sévères mèneront nécessairement à une guerre des détroits, des voies de navigation et des pétroliers, comme il a été clairement dit ces derniers jours ; laquelle guerre enflammera le marché pétro-gazier et entraînera le monde dans l’inconnu avec des perturbations sociales et sécuritaires qui n’épargneront pas les grandes puissances.
  • Concernant la Palestine, le « deal du siècle » peine à naître. Une césarienne est impossible en l’absence d’un partenaire palestinien, lequel serait condamné à mort par le peuple palestinien et sa résistance, tandis que les tentatives de réanimation se heurtent à l’incapacité des arabes partenaires de Washington et de Tel-Aviv à déclarer ouvertement leur adhésion à un tel compromis qui abandonnerait Jérusalem à Israël, le droit au retour des Palestiniens, et restreindrait l’État palestinien au seul territoire de Gaza.
  • Les dossiers syrien, irakien, libanais et yéménite enregistrent des échecs cumulés pour l’Amérique et, en dépit des difficultés, l’axe de la Résistance tient les cartes du jeu ; le dernier échec ayant été enregistré au Sommet d’Helsinki où est clairement apparu le degré d’attachement de la Russie à sa relation avec l’Iran. Autrement dit, Américains et Israéliens ont perdu leurs paris, tandis que les deux plus importants alliés régionaux de Washington sont confrontés à deux défis non enviables : Israël face à Gaza, l’Arabie saoudite face au Yémen.

Ce climat d’échec engendre ses propres effets dans les zones tendues et politiquement hésitantes. Il les pousse à virer dans le sens des courants contraires à Washington, tandis que les courants déjà opposés à Washington passent de la défense à l’attaque. C’est ce qu’a démontré le Pakistan devant les résultats de tous les conflits menés par Washington dans la région :

  • Les élections ont été gagnées par celui qui a refusé l’invitation saoudo-américaine à participer à la guerre contre le Yémen, non celui qui a milité pour cette participation.
  • Les élections ont été gagnées par celui qui a appelé très tôt à une coopération régionale pakistano-sino-russo-iranienne, non celui qui a tenu à suivre servilement les chemins tracés par Washington.

Et c’est parce que le Pakistan est l’un des États musulmans les plus importants, et un État nucléaire, que sa perte est un coup supplémentaire porté à l’Administration américaine déjà frappée par des coups successifs jusqu’à en perdre l’équilibre.

Quant à la tentative d’assassinat du président du Venezuela, nul besoin des empreintes des criminels pour pointer des doigts accusateurs sur Washington, en notant au passage que si les Américains avaient pu espérer gagner le Venezuela par la voie des urnes, ils n’auraient pas eu recours à l’assassinat ; les assassinats politiques et présidentiels étant une technique américaine bien connue et largement documentée.

Or, le succès comme l’échec de cette tentative ouvriront la porte à un affrontement majeur en Amérique latine. Ceux qui écarteraient la possibilité d’un début de basculement des dominos là où des gouvernements sont impliqués dans cette tentative, pour le compte du protecteur américain, seraient dans l’erreur.

Ce qui nous amène à ce que la secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, a déclaré en décrivant l’effondrement de l’Empire soviétique : « Lorsque les grands empires accumulent les raisons de leur chute, ils ne vous préviennent pas qu’ils vont tomber, ils tombent sans prévenir, comme les tremblements de terre et les inondations ! ». C’est le cas de l’Amérique, aujourd’hui.

Nasser Kandil

06/08/2018

Traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

Source : Les points sur les « i » / Top News Nasser kandil

http://topnews-nasserkandil.com/final/Full_Article.php?id=8733

***

URL de cet article 33672
   
Communication aux lecteurs
N’extradez pas Julian Assange ! #FreeAssange #Unity4J
Via Wikileaks, Julian Assange a rendu un fier service au monde entier, en rendant compte des crimes de guerre américains, de l’espionnage de leurs alliés, et d’autres secrets peu reluisants des organisations, entreprises et régimes les plus puissants de la planète. Cela n’a pas fait de lui l’ami de l’État profond américain. Tant Obama que Clinton ou Trump ont déclaré que son arrestation devrait être une priorité. Récemment, nous avons reçu la confirmation [1] qu’il a été inculpé en secret de manière à le faire extrader vers les USA aussitôt qu’il aura pu être arrêté.

suite : https://internal.diem25.org/fr/petitions/1


Vous avez une minute ?

Même Thème
SIN EMBARGO - Paroles Cubaines contre le blocus (livre PDF)
Viktor DEDAJ
Recueil d’une série d’interview effectuées à Cuba. Différentes personnalités parlent de leur expérience personnelle du blocus des Etats-Unis contre Cuba - et parfois aussi d’autres choses. Publiés à l’origine dans une série d’articles, les textes ont été regroupés dans un document unique téléchargeable. Bonne lecture. V. Dedaj Le Grand Soir POUR TELECHARGER, VOIR LIEN CI-DESSOUS :
Agrandir | voir bibliographie

 

"Je ne sais pas."

Secrétaire d’Etat des Etats-Unis Colin Powell.
Interrogé pour savoir s’il aurait été favorable à une invasion de l’Irak
en sachant de ce dernier ne possédait pas d’armes de destruction massive.


« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
Hier, j’ai surpris France Télécom semant des graines de suicide.
Didier Lombard, ex-PDG de FT, a été mis en examen pour harcèlement moral dans l’enquête sur la vague de suicides dans son entreprise. C’est le moment de republier sur le sujet un article du Grand Soir datant de 2009 et toujours d’actualité. Les suicides à France Télécom ne sont pas une mode qui déferle, mais une éclosion de graines empoisonnées, semées depuis des décennies. Dans les années 80/90, j’étais ergonome dans une grande direction de France Télécom délocalisée de Paris à Blagnac, près de Toulouse. (...)
68 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.