Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Elites intellectuelles et autres élites à pouvoir de contrainte.

Le 4 février dernier (2018), sur France Inter à propos du thème peuple/élite Alain Minc - qui est passé sur plusieurs hauts postes du privé après l’IGF - dit à Natacha Polony et Raphaël Glucskman : « Vous n’êtes pas assez marxiste » .

Piquant n’est-ce pas ! Il évoquait, lui, les classes sociales (qui luttent mais on sait qui gagne) et non le peuple (contre les élites).

Mais, s’agissant du classisme, soit des politiques de domination classe de la bourgeoisie et de sa classe d’appui proche, la différence est secondaire. Les attaques viennent d’en-haut et ne cessent de se succéder avec certes des différences.
Les classes sociales dominées peuvent vouloir, tout comme le peuple-classe 99%, passer alliance avec des élites, mais lesquelles ? Elites d’alternance ou élites d’alternative ? Alternatives ou alternative ? Quelle alternative à cette France, à cette Europe, à ce monde néolibéral où une minorité s’enrichit toujours plus ? Les inégalités s’accroissent avec le néolibéralisme et la mondialisation du capital et aucune alliance – ou bloc de classes – ne semble en capacité d’arrêter la machine à écraser les classes sociales pauvres et modestes et plus largement, mais avec des différences, l’ensemble des classes sociales subalternes regroupées sous le terme peuple-classe.

Pour Minc, nouveau « Chien de garde », il n’y a plus ou pas d’alternative. Peut-être simplement des alternatives aux marges du système avec des coopératives mais pas d’alternative au système capitaliste dominant. Même les services publics et la protection sociale subissent les logiques de rentabilité issues de la domination du principe de concurrence généralisée. Ce qui fait problème pour les solidarités à construire pour nos ainés (Raphaël Glucskman et les Ehpad).

Les élites sont au sommet de la société. Il s’agit d’un terme générique mais souvent l’histoire de ces élites a fait apparaître des distinctions.

Le pouvoir des élites intellectuelles n’est pas celui des autres élites. Les élites intellectuelles dispose d’un pouvoir d’influence, variable, quand les autres élites disposent d’un pouvoir de contrainte plus important.

Les élites à pouvoir de contrainte

Il s’agit des élites autres qu’intellectuelles. Ce sont sont les élites économiques, les élites politiques et les élites administratives. On y ajoute aussi, de plus en plus souvent, les élites médiatiques (qui sont aussi pour certains journalistes des élites intellectuelles.) On laissera ici de côté les élites religieuses mais dans certains Etats, il est évident qu’elles ont du pouvoir à la fois idéologique, politique et policier (mœurs).

Ces élites appartiennent au 1% d’en-haut de la société et disposent de pouvoirs différenciés sur certaines fractions de peuple. Quand il y a pouvoir collectif d’ensemble – corporatisme d’en-haut qui « serre les coudes » pour conserver les privilèges – de ces quatre sortes d’élite alors ce pouvoir est très important contre le peuple-classe et plus largement contre la société.

On peut faire des subdivisions au sein des élites économiques dominantes entre la grande bourgeoisie, la classe capitaliste (qui appartient au 10% d’en-haut voire plus bas pour le petit patronat) et les élites managériales (cf. Bruno Rizzi repris par James Burnham). On évoque aussi en science politique l’oligarchie quand il y a conjonction du pouvoir économique et du pouvoir politique.

S’agissant des élites politiques, on parle aussi de « classe dirigeante », de nomenklatura au sens péjoratif de caste installée à vie. Nombre d’hommes politiques – et certaines femmes – sont élus à divers postes élevés de 25 à 70 ans.

Les élites administratives concernent la haute administration. Le rapport Silicani est pour la France à l’origine de la préconisation de surtraitements élevés au sein de la Noblesse d’Etat.

Les élites intellectuelles ou le pouvoir d’influence

Ces élites disposent d’un fort capital culturel. Elles ont très souvent un parcours universitaire important. Elles passent beaucoup de temps et d’énergie à lire et écrire, à faire des conférences. Ces conférences sont un moyen d’influencer les publics en recherche de débats de confrontations d’idées. Certains sont constamment absents de ces débats. A ce sujet il importe de mentionner – sans développer ici – le pouvoir d’influence de la sous-culture de divertissement. Elle ne va pas mécaniquement contre un désir de culture savante mais souvent elle pousse plus à de la consommation marchande qu’à des activités sociales productrice de sens.

Certaines élites ont accès aux médias pour diffuser leur savoir scientifique ou leur philosophie ou leur idéologies. D’autres doivent se contenter de réunions publiques, de livres, de bulletins dans la presse associative et du web (avec des limites).

Concernant les idéologies diffusées par les élites intellectuelles on peut constater que la plupart sont compatibles avec le système capitaliste (défense de l’alternance plus que des alternatives). Mais le capitalisme n’est pas le seul critère d’appréciation. Certaines élites sont spécialisées dans l’antisexisme (contre le patriarcat), dans l’antiracisme, sur la laïcité, dans le domaine culturel et religieux.

Certaines élites affichent des positions alternatives, contra-systémique ou alter-systémique. On trouve ici des intellectuels de gauche ou des intellectuels associatifs ou altermondialistes qui développent des projets d’émancipation voire de pluri-émancipations.

Ce qui importe alors c’est la mise en mouvement des classes populaires fragilisées par le système. Quand la critique contestataire est dans la rue, la démocratie bouscule le jeu des élites. Cela vient en complément des pratiques alternatives. Et si un projet vient souder une contre-hégémonie alors il peut y avoir victoire.

Christian DELARUE

Lire : La gauche, le peuple et la stratégie contre-hégémonique (Christian Delarue) - Les blogs d’Attac

Pour Pierre Rosanvallon, une élite intellectuelle évoque la « société des inégalités » comme « société rouillée » (citant ici Tocqueville). La mondialisation apporte une contre-révolution des inégalités (qui s’accroissent). Pierre Rosanvallon cite la « sortie du monde commun du 1% d’en-haut » par l’importance faramineuse de l’accaparement de ce 1%.

Pierre Rosanvallon - « Refaire l’égalité » – YouTube

URL de cet article 33064
   
AGENDA
jeudi 14 novembre 2019
vendredi 15 novembre 2019
vendredi 15 novembre 2019
samedi 16 novembre 2019
lundi 18 novembre 2019
lundi 18 novembre 2019
mardi 19 novembre 2019
jeudi 21 novembre 2019
vendredi 22 novembre 2019
samedi 23 novembre 2019
dimanche 24 novembre 2019
samedi 30 novembre 2019
samedi 14 décembre 2019
Maxime Vivas : le gai Huron du Lauragais
Bernard GENSANE
C’est sûrement parce qu’il est enraciné dans les monts du Lauragais que Maxime Vivas a pu nous livrer avec ce roman une nouvelle version de l’ébahissement du Candide face aux techniques asservissantes censées libérer les humains. Soit, donc, un Huron né à des milliers de kilomètres de l’Hexagone, sur l’àŽle Motapa, d’une mère motapienne et d’un père parisien. A l’âge de 25 ans, ce narrateur décide de voir Paris. Motapa est une île de paix, de sagesse, de tranquillité. La lave de son volcan charrie (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Informer n’est pas une liberté pour la presse, mais un devoir. La liberté de la presse a bien une limite : elle s’arrête exactement là où commence mon droit à une véritable information.

Viktor Dedaj


Ces villes gérées par l’extrême-droite.
(L’article est suivi d’un « Complément » : « Le FN et les droits des travailleurs » avec une belle photo du beau château des Le Pen). LGS Des électeurs : « On va voter Front National. Ce sont les seuls qu’on n’a jamais essayés ». Faux ! Sans aller chercher dans un passé lointain, voyons comment le FN a géré les villes que les électeurs français lui ont confiées ces dernières années pour en faire ce qu’il appelait fièrement « des laboratoires du FN ». Arrêtons-nous à ce qu’il advint à Vitrolles, (...)
30 
Comment Cuba révèle toute la médiocrité de l’Occident
Il y a des sujets qui sont aux journalistes ce que les récifs sont aux marins : à éviter. Une fois repérés et cartographiés, les routes de l’information les contourneront systématiquement et sans se poser de questions. Et si d’aventure un voyageur imprudent se décidait à entrer dans une de ces zones en ignorant les panneaux avec des têtes de mort, et en revenait indemne, on dira qu’il a simplement eu de la chance ou qu’il est fou - ou les deux à la fois. Pour ce voyageur-là, il n’y aura pas de défilé (...)
40 
Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation "à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet" sur un site alter.
Question : Est-il possible de rédiger un article accusateur qui fait un buzz sur internet en fournissant des "sources" et des "documents" qui, une fois vérifiés, prouvent... le contraire de ce qui est affirmé ? Réponse : Oui, c’est possible. Question : Qui peut tomber dans un tel panneau ? Réponse : tout le monde - vous, par exemple. Question : Qui peut faire ça et comment font-ils ? Réponse : Marie-Anne Boutoleau, Article XI et CQFD, en comptant sur un phénomène connu : "l’inertie des (...)
93 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.