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La mise à jour

Quand Ils ont pris aux Pauvres pour distribuer aux Riches, je n’ai rien dit, je n’ai rien exprimé, je n’étais pas touché, je suis dans l’entre-deux et mon ordi ramait comme jamais, vous comprenez ?

Quand Ils ont accéléré la machine à expulser, je n’ai rien fait, je ne suis pas expulsable, et ma commande était enfin passée, la situation débloquée, vous saisissez ?

Quand Ils ont abusé de la notion de sécurité, pour soi-disant sauvegarder nos libertés, j’ai cru à leur sincérité, en plus « la liberté, c’est l’esclavage » et j’étais en pleine frénésie d’achat pour le noël des petits et des grands, vous acquiescez ?

Quand Ils ont instauré la Démocrature au nom de la sauvegarde de nos valeurs, je n’y ai vu que la signature du Bien contre les forces du Mal, et ma carte bleue commençait à chauffer, vous agréez ?

Quand Ils ont fait une année mirifique pour les ventes d’armes, je m’en suis réjoui, je n’y ai vu que l’éclat des affaires, en plus « la guerre, c’est la paix » et j’étais encore indécis, je voulais tant ne pas décevoir mes amis, vous approuvez ?

Quand Ils ont stigmatisé les parasites, j’ai cru à la véracité de la com’, j’ai reconnu ceux que l’on me désignait à l’envi et comme client, j’aime bien être servi sans délai, vous me soutenez ?

Quand Ils ont inventé ce mouvement novateur, je me suis mis en marche, je crois au bienfait du sport, manger 5 fruits et légumes, c’est bon pour ma santé et je m’apprêtais à faire des excès, vous aussi vous anticipez ?

Quand Ils ont comme supprimé l’ISF pour stimuler l’investissement, je n’y ai vu que du feu, je suis ignare en économie, je laisse cela aux experts, en plus « l’ignorance, c’est la force » et mes achats étaient en cours d’acheminement, vous suivez ?

Quand Ils ont détricoté les conquis sociaux, je n’y ai pas vu le mal, je croyais que c’étaient des acquis, les nuances sémantiques c’est pas mon fort et avec tous mes achats, j’allais pouvoir bénéficier de juteuses remises, vous m’enviez ?

Quand Ils ont installé des caméras, des joujoux par milliers, je n’ai rien manifesté, je crois en la vertu du progrès, j’aime bien savoir où je suis et les colis, on pouvait déjà les suivre d’un clic, vous opinez ?

Quand Ils ont débauché par palanquées pour soi-disant plus embaucher, je n’ai rien pensé – j’avais tout dépensé, non je déconne, j’avais pas fini, je me sentais plutôt bien loti et je prévoyais de faire une fête d’anthologie, se faire plaisir c’est primordial, vous confirmez ?

Quand Ils ont présenté leurs vœux, j’ai cru à leur franchise, à l’égalité, à la fraternité, j’ai pris ça pour moi, en tous cas, pour moi et mes amis, je n’ai pas lésiné, le buffet était à volonté, vous salivez ?

Quand Ils ont privatisé la Sécu, pour soi-disant plus d’efficacité, j’ai bu à sa santé et lancé « notre Sécu est morte, vive la sécurité », j’ai lu le bonheur dans mon entourage, merci les bulles, vous appréciez ?

Quand Ils ont modifié la devise nationale, j’ai resservi tout le monde, la sécurité c’est l’attractivité, la productivité c’est la félicité, la flexibilité c’est la sérénité, nous avons enfin sabré le balthazar en l’honneur d’Orwell, vous aimez ?

Quand Ils ont fait retentir la sonnerie du réveil, comme Ils ont insisté, je me suis levé tel un zombie, j’ai gagné la salle de bains, les synapses encore dans le coaltar comme si j’étais lobotomisé, vous visualisez ?

L’eau froide sur le visage brouillé, je découvre le rouge à lèvres non refermé, puis, sur le miroir qui m’a coûté une blinde, un message : « Quand, oui, quand vas-tu enfin cesser d’être con ? » Signé : « Ta conscience ».

Un courant d’air frais m’invite, m’incite à parcourir l’appart : il est vide, désespérément vide. Elle est donc partie : je n’ai pas su la retenir.

Comme je referme la porte, les fenêtres, l’air se fait douceur, je retrouve mon ordi. Il brille de mille feux : « La mise à jour est terminée ».

PERSONNE

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Dominique Fernandez : Ramon
Bernard GENSANE
(Paris, Grasset, 2008) La lecture des livres de Dominique Fernandez (romans, livres de voyage, photographies) m’a toujours procuré un très grand plaisir. Avec, cependant, deux petits bémols. Pour se rassurer, j’imagine, Fernandez éprouve le besoin d’en faire des kilos, d’écrire jusqu’à plus soif. Dans son très beau livre sur Tchaikovski, par exemple, s’il ne nous décrit pas trois cents rues et artères russes, il n’en décrit aucune. Dans son Ramon, il nous inflige, par le menu (c’est le cas de le dire), (...)
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« Citoyens,

Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à mot spirituel. Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèrent jamais comme vos maîtres.

Le Comité Central de la Garde Nationale »

Texte de l’affiche apposée avant l’élection de la Commune de Paris, 25 mars 1871.


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