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La pression d’Israël a été payante

Les Israéliens qui ont pourtant rejeté l’initiative française d’une conférence sur le Proche-Orient sont les seuls à ne pas être déçus par ses résultats. La réunion de Paris prétendument vouée à tenter de réactiver le processus de négociations de paix entre Israël et les Palestiniens sur la base de la solution à deux Etats s’est en effet contentée de rappeler que la communauté internationale soutient celle-ci.

Le rappel n’a rien qui incommode l’Etat sioniste du moment que la conférence de Paris s’est abstenue de formuler une feuille de route s’imposant aux parties israélienne et palestinienne dont l’application rendrait réalisable cette solution de deux Etats. C’était pourtant le but fixé à l’initiative française par Laurent Fabius, l’ex-ministre des Affaires étrangères qui en fut le promoteur. Elle devait selon lui non seulement réaffirmer la nécessité et l’urgence d’une reprise du processus de négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, mais également leur fixer sur quoi devront porter ces négociations et un calendrier à respecter.

Il ne pouvait en être autrement du moment que la France sous pression de l’Etat sioniste opposé à son initiative a reconsidéré le but assigné à la conférence que Paris a abritée. De celle-ci il en a résulté un communiqué final dont le contenu a ménagé de manière flagrante Israël en évitant soigneusement d’évoquer les obstacles qu’il met pour rendre impossible la solution à deux Etats. Pour les Palestiniens qui ont soutenu l’initiative française avec l’espoir que la conférence prévue par elle se conclurait au moins par une condamnation ferme de la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie et dans la partie arabe de Jérusalem, c’est peu dire qu’ils ressentent de la déconvenue avec un communiqué final dans lequel même ce minimum dans la dénonciation de la politique anti-palestinienne de l’Etat sioniste n’y figure.

Ce à quoi a abouti la conférence de Paris s’est de recréer l’illusion que la communauté internationale ne veut pas du statu quo qui perdure dans le conflit israélo-palestinien et qu’elle entend s’impliquer pour en faire bouger les lignes. Il a suffi pourtant que Benyamin Netanyahu vitupère et tape sur la table contre l’intervention multinationale qui voudrait « s’ingérer » et se « substituer » à des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens pour qu’apparaisse l’inconsistance de la volonté politique de cette communauté internationale.

La conférence de Paris sur le Proche-Orient ne laissera pas un souvenir impérissable dès lors qu’elle s’est contentée de dresser le constat que la solution des deux Etats est la seule option équitable pour que cesse le conflit israélo-palestinien mais qu’elle est en danger de ne plus être réalisable. Pour en laisser un il aurait fallu qu’elle aille plus loin que faire ce constat : en affirmant haut et fort que la communauté internationale ne se contentera plus de déplorer la persistance de l’impasse dans laquelle est le processus de paix au Proche-Orient et qu’elle est déterminée à user de sanctions contre la partie qui en est responsable. Nulle doute que ce langage la conférence de Paris l’aurait martelé si cette partie avait été la palestinienne.

Au final, la conférence de Paris n’aura été qu’un énième « show » diplomatique ayant servi à ces participants à se donner bonne conscience en convenant que le statu quo au Proche-Orient est pervers. Israël se moque comme d’une guigne que le statu quo soit ce qu’ils en disent du moment qu’il lui profite et que la communauté internationale n’a nullement l’intention et la volonté de le bousculer.

Kharroubi Habib

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