Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes
Rechercher


Le chemin des chemins qui ne mènent nulle part

L'article « Le fil conducteur » de Ammar BELHIMER http://www.legrandsoir.info/le-fil-conducteur.html, si je l'ai bien lu, dit en substance deux choses : d'abord que les États-Unis et la France se sont fortement désindustrialisées bien que la masse des travailleurs salariés n'y ait jamais été aussi grande, et que cette masse formerait une sorte de nouvelle « classe ouvrière » ; et que d'autre part la « vraie » classe ouvrière existe toujours quoique réduite en effectifs, et que le jour où elle se mettra en branle, cela en cuira pour le capital. Ce qui, au lieu d'un fil conducteur pour le lecteur, constitue plutôt un strabisme divergent chez l'auteur.

Il faut se garder des erreurs de perspective.

Bien sûr, si l’on se limite aux populations des EU ou de la France, comme le fait l’article, le nombre des producteurs directs de l’industrie capitaliste a fortement diminué depuis telle ou telle date, 1970 par exemple.

Et pourtant, si l’on considère ce qu’était alors le nombre de ces producteurs dans le monde cette fois, en le comparant à ce qu’il est devenu aujourd’hui, que constate-t-on ? Qu’il a également diminué ? Rien n’est moins sûr.

Autrement dit, les capitaux n’ont pas de frontières, donc l’exploitation des travailleurs est également sans frontières.

Ce n’est pas un moyen secondaire pour le capital, outre les procédés connus et éprouvés pour augmenter ses profits chez lui, que d’avoir recours depuis plusieurs décennies à des forces de travail étrangères dont l’entretien journalier sur place est bien moins onéreux.

Ou encore : le travail directement productif emploie-t-il moins de monde ici ? Il suffit de regarder ailleurs pour concevoir que la masse mondiale des travailleurs en usine a spectaculairement augmenté en même temps qu’augmentait la masse des produits, mais ceci à l’échelle mondiale, et en dépit de tous les progrès que l’on constate dans l’automatisation ici.

À ces considérations, il faut ajouter que la production capitaliste n’est pas un bloc, qu’elle comporte des secteurs dont certains, dits « à forte valeur ajoutée », c’est-à-dire de haute technicité, ont plutôt tendance à rester sur le territoire et à employer une main d’œuvre d’élite qui ne se trouve pas ailleurs.

Ce n’est pas la même chose de produire un Rafale ou une centrale nucléaire ici que des paires de chaussettes ou des t-shirts, voire des automobiles, à des milliers de kilomètres.

C’est ainsi qu’apparait déjà, au degré matériel de la production elle-même, de la technique, la notion de monopole.

Fortes de leur savoir-faire, de leur culture scientifique et technique, certaines nations ont le monopole de fait de certaines productions. L’Allemagne par exemple, celui des machines-outils.

L’exemple des entraves opposées à l’Iran dans le développement de son industrie nucléaire illustre parfaitement la jalousie avec laquelle est gardé ce monopole par ceux qui le détiennent.

Placés devant une situation qui ouvre peu de perspectives révolutionnaires de prise du pouvoir par une classe ouvrière numériquement anémiée (anémiée seulement en nombre ?) deux attitudes se dégagent.

La plus couramment rencontrée consiste à envisager la quasi totalité de la population du pays comme prolétarienne puisque salariée. Plus rare, celle qui affirme que la classe ouvrière existe toujours.

Aucune n’est satisfaisante, mais il s’agit déjà d’une autre question.

URL de cet article 28562
   
Même Thème
Un autre capitalisme n’est pas possible
Rémy HERRERA
Le capitalisme est en crise. Il pourrait même s’agir d’une des plus graves crises de l’histoire moderne. Et pourtant, à suivre l’actualité au jour le jour, l’opinion publique peut avoir le sentiment que cette crise est déjà derrière nous. Or, le pire est sans doute encore à venir, malgré les propos rassurants tenus et les aménagements envisagés. En effet, la réactivation annoncée de l’intervention étatique a notamment pour objet la négation de la nature de biens publics à la fois gratuits et libres de (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre.

Karl Marx


CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Reporters Sans Frontières, la liberté de la presse et mon hamster à moi.
Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante : Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là . Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de (...)
21 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.