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Ce n’est pas si mais quand Washington et Paris attaqueront en Syrie

Pris au piège de la manipulation médiaticopolitique qu’ils font sur la prétendue utilisation d’armes chimiques à Douma par les forces gouvernementales syriennes dont ils se sont déclarés absolument certains qu’elle a eu lieu sur la seule foi en les accusations propagées par des sources controversées parce que acharnées à la diabolisation de Bachar El Assad et de son régime, les présidents étasunien et français ne sont plus aptes à entendre les appels à la retenue qui leur sont adressés.

Au point où Donald Trump et Emmanuel Macron ont fait monter la tension sur la présumée utilisation d’armes chimiques à Douma, la question n’est plus de savoir si Washington et Paris vont mettre à exécution la menace proférée de leurs chefs d’Etat de représailles militaires contre le régime syrien mais quand celles-ci se concrétiseront et qu’elle en sera leur amplitude. Tout indique en effet qu’Étasuniens et Français ne sont plus au stade de la concertation s’ils doivent ou non frapper en Syrie mais de préparatifs poussés pour une opération militaire concertée. S’ils ont retardé le lancement de celle-ci ce n’est pas dans l’attente de ce qui sortira de la réunion d’urgence du Conseil de sécurité sur la situation à Douma demandée autant par eux que par la Russie alliée de Damas, mais uniquement parce qu’ils manœuvrent pour donner à l’agression qu’ils vont entreprendre un caractère moins unilatéral.

Washington et Paris s’activent en effet à convaincre d’autres capitales occidentales et régionales à lui donner leur onction qui la ferait apparaître comme une réplique internationale suscitée par la « monstruosité du crime » dont le régime syrien se serait rendu coupable. L’inéluctabilité de l’agression militaire que Washington et Paris s’apprêtent à commettre n’a plus fait de doute dès lors que Donald Trump et Emmanuel Macron ont cyniquement déclaré qu’étant certains qu’il y a eu usage d’armes chimiques à Douma, leurs Etats agiront militairement contre Damas sans tenir compte du droit international qui dispose qu’il faut l’aval des Nation Unies à des opérations de ce genre contre un Etat souverain.

Les Etats-Unis et la France se prétendent pourtant des Etats respectueux de ce droit international et n’ont cessé de le clamer. Mais leur respect de ce droit international s’évapore systématiquement quand leurs intérêts géopolitiques et économiques sont en danger de remise en cause. Ce qui est le cas au Moyen-Orient et en Syrie en particulier où l’Occident est en train de subir une défaite majeure dont il en résultera la fin de la prédominance de la gouvernance unilatérale des affaires mondiales qui est la sienne depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de l’ex-Union soviétique.

Le pays de Donald Trump, lequel a repris à son compte le credo impérialiste belliqueux des néoconservateurs qui ont sévi durant l’ère de George W. Bush, semble déterminé à aller jusqu’à la confrontation armée y compris avec l’autre grande puissance nucléaire qu’est la Russie qui lui conteste son hégémonisme planétaire. Quant à la France, son président ambitionne pour elle le rôle de « caniche » suiviste des Etats-Unis, le seul qu’elle puisse tenir pour apparaître être encore en mesure de jouer dans la « cour des grands » et entretenir l’illusion qu’elle a toujours la capacité d’influer sur le cours des évènements et conflits internationaux. Pourtant, cette illusion française s’est bel et bien dissipée dans le conflit syrien dans lequel pour reprendre pied Paris s’est fait supplétif ridicule de Washington.

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