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De la crise existentielle de la France et des moyens politiques d’y remédier.

C’est peu dire que notre pays va mal. Notre peuple ne sait plus du tout s’il est ni qui il est. Et pour cause : au moins depuis 1992, où le traité de Maastricht a pris le pas sur la Constitution française (1), les bases du « contrat social » français et de ce que d’aucuns nomment le « vivre ensemble » sont méthodiquement sapées :

Destruction systématique des acquis socio-économiques mis en place par les ministres communistes de la Libération : Sécurité sociale, comités d’entreprise, Code du travail, généralisation des conventions collectives de branche et retraites par répartition (Ambroise Croizat), nationalisations industrielles et bancaires (Marcel Paul, Maurice Thorez, Charles Tillon, François Billoux), lois protégeant le pluralisme de la presse, reconstruction de l’Education nationale, de la Recherche publique et mise en place du CEA (Henri Wallon, Frédéric Joliot-Curie), statuts publics du mineur et du fonctionnaire d’Etat (Thorez)...

Démantèlement planifié et minutieux de l’appareil productif national : cela ne suffisait pas à nos élites d’avoir privatisé, démoli et délocalisé l’industrie nationale (mines, sidérurgie, textile, machines-outils...) – avec l’intention mal dissimulée de déstabiliser la classe ouvrière « rouge » qui avait fait 1936 et Mai 68, sans parler du rôle majeur des ouvriers (et notamment, des militants du PCF et de la CGT) dans la Résistance : « Bataille du rail », Grande Grève patriotique des mineurs du Nord-Pas-de-Calais en mai-juin 1941, etc.) ; après la pêche artisanale, voilà qu’ils s’en prennent à l’agriculture et à l’élevage et que notre pays, qui fut le grenier de l’Europe, devient importateur de viandes et de produits agricoles !

Dé-tricotage – ou plutôt, « dé-maastricotage » du maillage institutionnel issu de la Révolution française, du jacobinisme et des luttes laïco-démocratiques des deux derniers siècles : la République une, laïque et démocratique portée successivement par Robespierre, Blanqui et Jaurès, est démantelée au profit d’une Europe impériale des régions ouvertement inspirée du modèle fédéral allemand. C’est ainsi que les « grandes régions » directement connectées à Bruxelles portent désormais l’essentiel de la politique économique ; certaines instituent même une scandaleuse « préférence régionale » qui interdit de fait la renaissance d’un véritable « produire en France » national. Renforcées par la « réforme territoriale », les nouvelles féodalités régionales et métropolitaines n’hésitent pas, bien souvent, à tendre la main aux séparatismes réactionnaires qui prolifèrent dans les régions de la périphérie française et ces tendances centrifuges seront très certainement aggravées si la Charte européenne des langues régionales et minoritaires finit par être constitutionnalisée. Quant à la loi laïque de 1905 qui sépare l’Etat de toutes les Eglises (« la République ne reconnaît ni ne salarie aucun culte »), elle est sans cesse contournée par les plus hautes autorités (notamment par l’ex-premier ministre Manuel Valls) au profit d’une institutionnalisation rampante de certains cultes, les fidèles de l’un d’entre eux étant sans cesse stigmatisés ;

Démolition des Communes de France, qui furent le moteur des luttes roturières dès le Moyen Âge, à l’avantage d’énormes « métropoles » européennes qui sapent la démocratie de proximité, détruisent les départements et ruinent l’idée d’un développement équilibré des territoires ;

Mise au pas du peuple et de la jeunesse de France, traditionnellement « frondeurs », par l’installation galopante d’un Etat policier blindé de lois liberticides, de vidéosurveillance, d’un quadrillage sans précédent des médias et d’un état d’urgence à rallonge ; tout cela sur fond d’explosion des polices municipales, de « voisins vigilants » et autres shérifs locaux « à l’américaine » ; répression syndicale massive, sans équivalent depuis la guerre froide ;

Destruction des repères politico-idéologiques de notre peuple : système délétère des primaires à l’américaine, présidentialisation à outrance des institutions par le couplage des présidentielles et des législatives (« quinquennat ») ; glissement permanent vers la droite et vers l’extrême droite de la représentation politique, avec un PCF de plus en plus social-démocrate et euro-dépendant (« mutation » = abandon des fondamentaux marxistes du communisme), un PS de plus en plus « vallso-macronisé », une droite de plus en plus fascisante et thatchérienne et un FN xénophobe mué en réceptacle de toutes les douleurs françaises. Quoi de plus efficace pour signer la mort déshonorante et programmée de la France de 1789, 1936 et 1945 que le second tour de cauchemard qui se profile entre une Le Pen fauteuse de guerre civile intercommunautaire, un Fillon néo-clérical et impitoyable aux pauvres ou, blanc bonnet, bonnet rose pâle, un Emmanuel Macron inféodé à la finance mondialisée ? Après la destruction contre-révolutionnaire de la patrie d’Octobre 1917 et de Stalingrad, après la mise au pas berlinoise de la Grèce, pays natal de la citoyenneté, la réaction mondiale parviendra-t-elle à « faire la peau » du pays de Rousseau et de Robespierre ? Cette question peut devenir un vaste enjeu international de portée proprement historique.

Liquidation de la politique étrangère et militaire de relatif non-alignement français (héritée du Général De Gaulle) au profit d’un atlantisme et d’un néo-conservatisme échevelés qui salissent la France à l’international, qui la compromettent dans des guerres impérialistes et dans les ingérences perdues d’avance de l’Ukraine au Proche-Orient pendant que la « Françafrique » néocoloniale demeure bien vivace (Mali, Côte d’Ivoire, Centrafrique)... Ce qui n’empêche nullement la France officielle de se moquer de l’espace francophone international dont la langue commune, le français, est ignorée, voire humiliée par une bonne partie de la diplomatie « française ».

Point focal généralement occulté de cette décomposition nationale : la casse déjà très avancée de la langue française : la « langue de la République » (Art. II de la Constitution) est en effet systématiquement déstabilisée par un franglish de pacotille et surtout, elle est littéralement assiégée en tous domaines (grande industrie : Renault, PSA, Airbus..., services publics : EDF, SNCF, Poste... Commerce, enseignement, pubs, enseignes commerciales : Simply Market, Carrefour Drive, etc., Recherche, Université, chanson...) au profit du tout-anglais « transatlantique » qui envahit les ondes et colonise nos pensées... dans la complicité flagrante des forces dominantes, de l’extrême droite à l’ « extrême gauche » officielle, le basculement linguistique de la France au tout-anglais est soustrait au débat citoyen alors même que le français reste le principal ciment du lien social et civique dans notre pays ; faut-il s’étonner qu’un pays se délite quand ses citoyens, et notamment les plus jeunes, ne savent plus très clairement comment « prendre langue » entre eux ?

Ajoutons que notre peuple est broyé par l’étau politique constitué, d’un côté, par le Parti Maastrichtien Unique (le « PMU » oligarchique constitué des LR, des diverses écuries social-maastrichtiennes issues du PS, et flanqué des euro-fédéralistes verts de Cohn-Bendit) et de l’autre part, l’ultra-réaction brun/bleu marine. Cette ultra-réaction que nous avons un temps appelé l’U.M.’ Pen est chargée de dévoyer le légitime patriotisme populaire vers le racisme, vers le cléricalisme néo-monarchiste d’une Marion Le Pen, la « droite forte » des Ciotti et autres Luca surenchérissant souvent, en matière de réaction, d’anticommunisme, d’anticégétisme primaire et de xénophobie, sur le parti des Le Pen. Notons en outre que, pas plus que le « PMU » pseudo-démocrate, le FN ne remet en cause l’euro et l’UE : Mme Le Pen milite en effet pour une « sortie concertée de la zone euro » dont elle sait qu’elle est proprement impossible dans les conditions actuelles ; en réalité, la sortie par la droite de l’euro est un pur leurre politique, une monnaie d’échange politicienne qui permettra au FN, le moment venu (si MLP est élue à l’Elysée) de pactiser avec la droite DITE républicaine et d’obtenir des futurs députés « LR » les moyens de former un gouvernement dont le vrai but sera de mater et de déshonorer l’ex-peuple des Sans Culottes, des Communards, de la France libre et du CNR...

Des causes de la défaisance française

Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté : non seulement notre constat n’a rien d’un « déclinisme » de posture, mais une prise de conscience dénuée de complaisance est indispensable à tous ceux, communistes fidèles au Front populaire et à la Résistance, socialistes jaurésiens opposés à la clique social-maastrichtienne actuelle, syndicalistes indépendants de MM. Gattaz et Berger patriotes fidèles à l’esprit du 18 juin, antifascistes refusant la dictature euro-atlantique, bref, à tous ceux qui veulent conjurer la déchéance de notre pays. Une salutaire contre-offensive patriotique et progressiste est en effet indispensable pour permettre une nouvelle Renaissance française analogue, sinon identique, à celles que permirent respectivement à notre pays multiséculaire l’Edit de Nantes qui mit fin aux guerres de religions, ou la constitution du CNR qui permit à la France profanée de prendre sa part dans la victoire sur les nazis.

Il faut surtout analyser les causes de cette décomposition de la nation qui s’opère sur fond de crise systémique du capitalisme mondialisé. Une désagrégation nationale dont l’arrière-plan géopolitique est la contre-révolution mondiale qui, en arasant le camp socialiste, a sapé l’équilibre Est-Ouest et la relative marginalisation de l’Allemagne capitaliste qui avaient ouvert un espace à la politique étrangère gaulliste. Si bien qu’aujourd’hui, notre pays est surtout dévoré tout vif par la funeste « construction » euro-atlantique, néolibérale, supranationale et dictatoriale. Le totalitarisme insidieux et proprement contre-révolutionnaire de « l’économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (cœur du Traité de Maastricht) détruit les bases de la nation française au seul avantage des banques « françaises », du CAC-40 et de leurs actionnaires égoïstes de l’ « élite » mondialisée. Pour mondialiser son « rang » et ses profits, la grande bourgeoisie « française », cœur de l’impérialisme « français », sacrifie gaiment le peuple français, en particulier :

* sa classe ouvrière traditionnellement rouge et « communarde » est laminée par la « désindustrialisation » ;
* sa paysannerie petite et moyenne est sacrifiée sur l’autel des traités supranationaux et transcontinentaux ;
* sa petite bourgeoisie urbaine est « ubérisée »,
* ses services publics sont privatisés et ses agents précarisés ;
* sa Sécurité sociale est livrée aux assurances privées et aux pseudo-« mutuelles » ;
* sa culture de lumière est rabougrie et de plus en plus américanisée ;
* son patrimoine artistique est marchandisé à outrance de Versailles à la Sorbonne ;
* ses grandes villes sont systématiquement anglicisées ;
* sa politique internationale est recentrée sur une « servitude volontaire » accrue à l’égard des maîtres de l’Axe Washington-Berlin ;
* son armée asservie à l’OTAN est détournée de la seule mission qui vaille pour elle : la défense du territoire national – au profit d’ingérences sans fin ni perspectives au sud de la Méditerranée, voire d’une nouvelle guerre mondiale contre le « diable jaune » chinois ou contre le pseudo-« diable rouge » Poutine
* sa jeunesse privée d’avenir productif, vouée aux bas salaires, à la précarité ou à l’expatriation, confinée dans une Education nationale privée des moyens et des missions indispensables pour assurer l’avenir de la Nation.

Que l’on examine en effet l’histoire de France sur la longue durée : notre pays s’est construit autour d’un effort de centralisation raisonnée, d’un Etat-nation uni par sa langue, de l’autonomie sourcilleuse des communes (2), de l’émergence progressive de services publics (3), sans parler de la grandiose République jacobine et de l’effort du mouvement démocratique du 19ème siècle pour construire une éducation nationale laïque, de celui du mouvement ouvrier pour nationaliser les protections sociales, de celui, multiséculaire, des intellectuels progressistes pour diffuser l’humanisme et partager les « Lumières ». C’est cette construction multiséculaire de la France – une construction à la fois continue et qui demeurera profondément contradictoire tant que notre pays restera divisé en classes antagoniques – que heurte de front la « construction » euro-atlantique avec son orientation néolibérale, cléricale, fédérale, anglomane et berlino-centrée gravée telles qu’elles sont gravées dans les Traités supranationaux uniquement modifiables à l’unanimité des Etats-membres de l’UE. Et alors que rien de sérieux n’est fait pour intégrer les enfants de l’immigration ouvrière en proie aux discriminations (4), l’Etat français renégat des Lumières se prosterne devant les pires régimes réactionnaires de la planète, Arabie saoudite et Qatar...

Sauf à confondre le peuple français avec l’impérialisme vassal qui usurpe son nom, ce démontage méthodique de l’Etat-nation ne signifie nullement la fin de l’oligarchie « française », encore moins celle du néocolonialisme « français », d’autant plus agressif qu’il est plus allégeant aux deux puissances qui dominent l’UE (ensemble aujourd’hui, concurremment demain ?) : l’impérialisme états-unien – en déclin lui aussi, donc d’autant plus agressif – et l’impérialisme allemand résurgent. Ceux-ci furent en effet les principaux vainqueurs de la « guerre froide » menée avec acharnement pendant 70 ans pour « plomber » la construction du socialisme et provoquer la défaite en apparence purement « interne » de l’URSS et du camp socialiste. Qui ne saisit pas que l’UE de Maastricht est l’analogue contre-révolutionnaire, à l’époque de la lutte entre capitalisme et socialisme, de ce que fut l’Europe de Metternich et du Traité de Vienne à l’époque des luttes entre bourgeoisie révolutionnaire et monarchies postféodales, ne comprend rien à la géopolitique de notre temps.

Que faire ?

Il s’ensuit que tous les patriotes progressistes doivent cesser de bêler après l’impossible et mensongère « Europe sociale, démocratique et pacifique » que certains prétendent promouvoir dans le cadre de l’UE : édifiée de A à Z pour abattre le camp socialiste, pour corseter les partis communistes de France et d’Italie (et aussi les grands PC de Grèce et du Portugal), criminaliser le PC allemand (interdit par Adenauer en 1953) et les PC de l’Europe orientale, recoloniser l’Europe de l’Est, dominer la Russie, abaisser la France, y compris sous sa forme bourgeoise, voire réhabiliter en sous-main les nostalgiques de Hitler (5), cette UE totalitaire (6) est verrouillée au profit du grand capital (7), de la domination allemande, de l’étouffement des peuples du Sud (8), museler les pays de l’Est et les empêcher de revenir au socialisme[9], morceler au maximum les voisins de la Grande Allemagne « réunifiée » (10). C’est aussi ce que montrent le « partenariat stratégique » de l’UE et de l’OTAN, que couronnera bientôt la mise en place d’une armée et d’une gendarmerie européennes. Non contentes de combattre « les Russes » en Ukraine si on le leur commande, ces troupes apatrides réprimeront sans états d’âme les mouvements populaires insurrectionnels qui émergent et émergeront de plus en pus dans les pays que ruine l’euro-austérité chère à Berlin. Conçue comme le flanc européen de l’OTAN, cette armée protègera ce clone du Deutsche Mark qu’est l’euro, et cela dans le cadre d’une division du travail internationale USA/RFA assurant à la fois la domination
mondiale du dollar et l’hégémonie européenne du mark (et ils osent appeler cela du « libre échange » et du « libéralisme » !).

Dans ces conditions, la ligne de masse des patriotes progressistes est claire et univoque : il faut militer sans complexes pour le FREXIT PROGRESSISTE, seul moyen de sortir à temps notre pays de l’euro-broyeur tout en libérant les autres pays de l’UE, qui ne saurait se maintenir longtemps sans la France, sa plate-forme logistique au cœur de l’Europe occidentale. Contrairement à la Grande-Bretagne, où une part majeure de l’oligarchie regarde plus vers l’Atlantique que vers la Manche, c’est seulement la classe ouvrière de France alliée aux couches moyennes dans une puissante alliance anti-oligarchique que nous nommons le Fr.ont Antifasciste, Patriotique, Populaire et Ecologique (FR.APPE !) qui peut extraire la France du coupe-gorge euro-atlantique. C’est pourquoi les véritables militants de la classe ouvrière doivent empoigner le drapeau tricolore de l’indépendance nationale, se réapproprier sans frilosité la Marseillaise, défendre haut et fort la langue française (c’est d’abord la classe dominée que vise l’expropriation linguistique en cours, y compris et d’abord les immigrés francophones venus d’Afrique !). Bref, la classe travailleuse doit « devenir la nation », comme le prescrivait déjà le Manifeste du parti communiste. Cela nécessite d’affronter, non seulement la fausse gauche « socialiste » qui ne dissimule guère son objectif de dissoudre la France dans l’UE fédérale[ (11), non seulement les faux écolos qui s’enduisent de vert pour parachever la désindustrialisation de la France (notamment pour privatiser/démanteler EDF) et conforter la gouvernance allemande de l’UE, mais aussi l’euro-trotskisme et à sa suite, les pseudo-« marxistes-léninistes » qui, en refusant de défendre le « produire en France », livrent inconsciemment le prolétariat industriel au déclassement économique et à la démagogie pseudo-patriotique du FN. Sans parler des gauchistes, trotskistes ou pseudo-« ML », qui courtisent les séparatistes corses, les « Bonnets rouges » bretons et d’autres marionnettes de l’Empire européen des régions. Oui, il faut se battre pour produire en France et réindustrialiser notre pays sur la base d’un large secteur public industriel, du contrôle ouvrier sur les futures entreprises (re-)nationalisées, d’une planification démocratique nationale, d’un rééquilibrage centralisé du développement territorial rendant vie aux régions désertifiées, aux villes moyennes cassées, à la ruralité en déshérence, bref à cette « France des travailleurs » que célébrait Jean Ferrat dans “Ma France”.

Symétriquement, il convient de combattre la fausse bonne idée d’une union sacrée entre les « patriotes des deux rives ». Cette politique confusionniste nie le rôle patriotique spécifique de la classe ouvrière et l’exigence connexe de reconstruction du parti communiste, elle nie le contenu de classe capitaliste de la destruction nationale et minimise le contenu de classe principalement prolétarien et populaire de la future renaissance nationale. Cela signifie que le futur front patriotique ne peut être que profondément antifasciste, anti-impérialiste, antifasciste, anti-communautariste, social, progressiste, démocratique et tourné contre le grand capital. S’il est vrai que c’est l’oligarchie capitaliste, quintessence du système, qui détruit notre pays, il s’ensuit que seule la classe ouvrière, alliée aux autres fractions laborieuses de notre peuple, peut mener à son terme, hasta la victoria siempre, la bataille de la reconquête et de la reconstruction nationale. En effet, nous ne sommes plus en 1945 où une fraction non négligeable, quoique minoritaire, de la grande bourgeoisie était encore attachée au cadre national français, même si le gros du grand patronat avait alors fait le « choix de la défaite », comme l’a montré l’historienne Annie Lacroix-Riz. A l’époque, la concentration capitaliste s’opérait encore principalement dans le cadre de l’Hexagone et ce fut la mission économique du gaullisme, de 1958 à 1968, de fournir tous les moyens d’Etat de la nouvelle 5ème République à l’érection de monopoles « français » comme Péchiney-Ugine-Kühlmann, Roussel-UCLAF, etc. Aujourd’hui, la fusion monopolistique s’opère surtout à l’échelle européenne et mondiale ; si bien que les PDG et autres actionnaires du CAC-40 ont largement dénationalisé et déterritorialisé leur chasse au profit maximal ; ces messieurs-dames parlent anglais en famille quand ils ne résident pas carrément à New-York ou dans la banlieue de Bruxelles. Dans ces conditions, on ne peut plus miser sur un « compromis historique » comme le fut, à l’issue de la seconde Guerre mondiale et dans le cadre de l’équilibre américano-soviétique propre à l’après-guerre, le programme du CNR intitulé Les Jours heureux : car pour avancé qu’il fût dans les conditions de l’époque, un tel programme demeurait réalisable dans un cadre capitaliste. A notre époque, le CAC-40 est entièrement converti à l’euro, tous ses PDG ont lancé ensemble, souvent de concert avec les patrons anglais, italiens et allemands, pétitions sur pétitions pour préserver la monnaie unique et fédéraliser l’UE. Déjà le MEDEF avait écrit noir sur blanc dans son Manifeste de 2011 (« Besoin d’aire ») qu’il urge de construire « les Etats-Unis d’Europe » et l’« Union transatlantique », de favoriser l’anglais (LA « langue des affaires et de l’entreprise » aux dires du Baron Seillères parlant pour le patronat européen), de « reconfigurer les territoires », voire de liquider les communes et les départements (comme le réclame sans vergogne Gattaz) afin de favoriser l’euro-métropolisation de feu le « territoire national »...

Bref, pour des raisons de classe qui tiennent à la liquidation des acquis sociaux obtenus dans le cadre national, pour dissoudre le coriace mouvement ouvrier et laïco-démocratique français dans l’Empire euro-atlantique, pour mondialiser les profits de quelques « géants » français quitte à leur sacrifier l’ouvrier, le paysan, l’employé, le fonctionnaire et l’artisan de France, l’oligarchie des « beaux quartiers » détruit froidement la nation et elle se subordonne cyniquement, volontairement, plus encore que ses aïeux ne l’ont fait en 1871 ou en 1940, à l’hégémonie des puissances dominantes étrangères. Si bien que le Front patriotique devra de toute évidence être dirigé par la classe ouvrière, que le prochain FREXIT ne pourra être que progressiste, que son contenu de classe ne pourra être autre chose qu’un affrontement de classes national, de portée potentiellement continentale et mondiale, entre le bloc populaire et le grand capital « français » soutenu par ses alliés européens. L’issue de cet affrontement de classes avec l’UE ne pourra donc être que l’euro-fascisation/dissolution finale de la France ou la révolution sociale assortie du pouvoir des travailleurs. Bref, il y a une dialectique objective entre la lutte pour le socialisme et la reconstruction de la nation par une union populaire dirigée par la classe ouvrière. Ce qui bien sûr imposera un socialisme tenant ferme les deux bouts de la chaîne : d’une part les fondamentaux de tout socialisme que sont :

  • le pouvoir populaire impulsé par la partie la plus consciente du mouvement ouvrier, la nationalisation démocratique des moyens de production, leur socialisation croissante pour satisfaire les besoins populaires, le lien fort entre cette socialisation-nationalisation et la coopération internationale de la France nouvelle avec les Etats en lutte contre l’hégémonisme euro-atlantique ;
  • mais aussi bien entendu, la prise en compte dans la construction du socialisme de tout l’héritage national progressiste de notre pays, la classe ouvrière assumant le fait national pour lui donner une signification totalement progressiste et humaniste pendant que, symétriquement, la nation devra « mettre le monde du travail au cœur de la vie publique » comme le prescrivait « Les Jours heureux ».

Cela impose à la fois de bâtir un large front antimonopoliste et de reconstruire le parti communiste dénaturé par la « mutation » du PCF, incarnée successivement par Hue, Buffet et Laurent. Sans un parti communiste bien à elle, la classe ouvrière ne pourra pas jouer son rôle historique en fédérant notre peuple et en prenant la tête du FREXIT progressiste. Sans un large mouvement syndical de classe et de masse rompant avec les tripatouillages perdants du « syndicalisme rassemblé » derrière la CFDT et la CES euro-formatées, impossible de stopper le thatchérien Fillon et l’offensive social-thatchérienne non moins redoutable que tiennent en réserve Valls/Macron. Impossible de contre-attaquer en portant une authentique plate-forme revendicative commune et, au-delà, un programme de transition radicalement euro-critique et tourné vers le socialisme. Cela ne signifie nullement qu’ « on ne peut rien faire de sérieux » tant qu’on ne dispose pas de ces éléments. Cela signifie qu’il faut forger ces nouvelles armes politiques et syndicales au feu des luttes sociales et civiques et que pour ce faire, il faudra articuler et non opposer la renaissance du parti communiste de classe, la relance du syndicalisme de classe et l’édification du front patriotique et progressiste.

Que faire aujourd’hui ?

Sur le plan politique, la stratégie à porter dans les luttes est claire et c’est peu dire qu’elle est en rupture avec l’ « union de la gauche » derrière le PS :

Il faut unir les communistes dans les luttes pour les « quatre sorties », de l’euro, de l’UE, de l’OTAN, du capitalisme. Une première impulsion a été donnée dans le cadre des Assises du communisme sur la proposition stratégique du PRCF. Hélas, en désertant l’action du 30 mai 2015 aux environs du Palais-Bourbon, certaines forces n’ont pas joué le jeu de l’unité communiste contre l’UE. Il n’en reste pas moins qu’après le Brexit, où la classe ouvrière britannique a joué un rôle électoral décisif, les forces ouvrières radicalement euro-critiques ont le vent en poupe en Europe, le Parti de la Gauche Européenne – cette machine à euro-formater le mouvement ouvrier européen – est en crise. Chaque jour qui passe rend plus ridicule l’idée de « changer l’UE du dedans », et celle, complémentaire de la première et non moins réformiste en son fond, de « remettre le PCF-PGE sur les rails du combat de classe ». Pour sa part, les militants franchement communistes et 100% anti-UE du PRCF n’attendent pas car l’union de combat des communistes se forge d’abord en bas, et notamment à la porte des entreprises. Fort de son programme de transition révolutionnaire et de Frexit progressiste, le PRCF est en train de diffuser 100 000 tracts aux usines et aux services publics pour appeler le monde du travail à licencier à la fois Fillon, Le Pen, Macron, Valls-Montebourg, à exiger la sortie de l’UE « par la porte à gauche », à exiger la nationalisation démocratique du CAC-40 pour remettre au cœur de l’action populaire la contestation du capitalisme et la lutte révolutionnaire pour le socialisme.

En outre, pour reconstituer un vrai parti communiste, la lutte idéologique jouera un rôle central. C’est pourquoi le PRCF a pris des dispositions pour organiser dans l’action la commémoration du 100ème anniversaire de la Révolution d’Octobre, pour combattre l’euro-criminalisation du communisme, refuser le « mouvementisme » (qui conteste à la classe laborieuse le droit de construire leur parti d’avant-garde), pour expliquer qu’une France « franchement insoumise » doit absolument s’affranchir sans attendre du joug de l’euro-dictature. A l’intérieur du mouvement pour la reconstruction communiste, il faut à la fois pratiquer l’unité d’action avec les forces capables de loyauté, et polémiquer fraternellement quand il le faut, contre toutes les positions qui freinent l’unité d’action : positions néo-menchéviques de certains groupes néo-mutants pétris d’individualisme qui refusent la « matrice léniniste » du communisme et refusent le centralisme démocratique au nom d’un spontanéisme de façade, tendance de certains à enfermer leur combat dans une reconquête sans fin du PCF-PGE qui privilégie l’appareil au lieu de privilégier l’action commune des « franchement communistes », sectarisme invétéré de certains groupes qui ne cessent de brandir le drapeau d’Octobre tout en rejetant de facto, comme les premiers euro-trotskistes venus, l’union de combat indispensable pour stopper la casse de la nation.

Le PRCF apporte toute son attention au renouveau du mouvement syndical de classe qui a été engagé au printemps 2016 par les vaillantes bases ouvrières de la CGT (Air-France, Goodyear, Raffineries, salariés routiers, cheminots...) contre la directive européenne dite « loi Travail ». Alors que la CES et le « syndicalisme rassemblé » cher à Thibault et à Le Paon ne sont rien d’autre que des manières de détruire l’indépendance des syndicats ouvriers, enseignants, etc., pour les mettre à la remorque du patronat via l’arrimage à la CFDT et l’affiliation à la CES, il convient de multiplier les initiatives pour que les syndicalistes de classe s’unissent « en bas » pour promouvoir le tous ensemble et en même temps, nationaliser les luttes et construire l’Europe des luttes non pas dans mais contre l’UE et ses courroies de transmission pseudo-syndicalistes.

Enfin le Front antifasciste, patriotique, populaire et écologique doit être travaillé à partir de l’existant : loin de mépriser la France insoumise de Mélenchon sous prétexte qu’elle est encore très majoritairement petite-bourgeoise, réformiste et hésitante sur sa rupture avec l’UE (Jean-Luc Mélenchon a le mérite de prôner la sortie unilatérale immédiate de l’OTAN et des traités européens, mais son mot d’ordre : « l’UE, on la change ou on la quitte » reste au milieu du gué à propos du « Frexit progressiste »), il faut s’adresser fraternellement à ce mouvement qui est aujourd’hui l’unique outil électoral accessible pour ménager, voire pour élargir un espace politique progressiste indispensable aux luttes sociales et antifascistes. Il faut montrer qu’une position plus « carrée » et plus conséquente sur l’UE (l’indépendance nationale ne se négocie pas, les réformes démocratiques indispensables pour « caler » et approfondir la transformation du pays ont besoin que d’emblée la France sorte entièrement du carcan européen et coopère d’emblée avec tous les continents) ne serait nullement un « boulet » sur le plan électoral. Tout au contraire, brandir le drapeau rouge et tricolore du Frexit progressiste, militer pour une « France Franchement Insoumise » (FFI !) à l’UE, irait droit au cœur de millions d’ouvriers qui, pour le moment, se défient de la vie politique quand ils ne sont pas attirés par la démagogie pseudo-patriotique du FN. Bien entendu, les militants franchement communistes ne doivent pas s’enfermer dans un tête-à-tête avec Mélenchon. Certes sa candidature est un moment incontournable de la lutte, mais l’essentiel se joue moins sur les réseaux sociaux » (si nécessaire que soit aussi cette lutte) que dans les entreprises, cœur de l’antagonisme capital-travail. Et bien entendu il faut continuer de dialoguer avec les forces communistes, progressistes, patriotiques, syndicalistes qui ne se reconnaissent pas, ou qui ne se retrouvent pas encore, dans la candidature Mélenchon, laquelle n’est qu’une étape dans la construction de l’union populaire.

Non, notre peuple n’a pas dit son dernier mot. En 2005, en refusant la constitution européenne, en 2006 en éjectant le Contrat Première Embauche, en 2016 en combattant l’ainsi dite Loi Travail, la classe ouvrière a montré qu’elle sait encore rugir et mordre. En rejoignant le PRCF, mais aussi en multipliant les initiatives communistes et progressistes unitaires dans tout le pays, prouvons que notre pays est encore capable d’entendre le message que lui adressaient clandestinement Jacques Duclos et Maurice Thorez le 10 juillet 1940 :

« jamais, non jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves ».

Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF

»» http://www.initiative-communiste.fr/articles/prcf/de-crise-existentiel...

[1] Le Conseil constitutionnel tient très officiellement les traités européens pour juridiquement supérieurs à la Constitution française. Ce n’est le cas ni de la RFA, où la Cour constitutionnelle de Karlsruhe considère que le Bundestag l’emporte sur les directives européennes en cas de litige, ni de la Grande-Bretagne, dont le parlement s’était prononcé dans un sens clairement souverainiste. Si bien que, par la volonté des « élites » françaises, championnes d’Europe de l’aliénation nationale et de la servitude volontaire, les traités supranationaux sont stricto sensu, des « traités inégaux ».

[2] Le Royaume de France ne s’est consolidé et n’a timidement commencé à se « nationaliser » vraiment qu’à la bataille de Bouvines de 1210, quand, désertant la Croisade, le roi Philippe-Auguste fit alliance avec les milices communales du Nord – c’est-à-dire avec des manants insurgés contre les princes et les évêques – pour briser l’étau belliqueux que le roi d’Angleterre, l’Empereur allemand, le Comte de Flandres et plusieurs vassaux français révoltés resserraient sur le royaume capétien.

[3] Sully « Grand Voyer de France », Colbert construisant une industrie d’Etat et mettant en place les prémises d’une fonction publique d’Etat pour dé-privatiser les « charges » d’officiers publics.

[4] Emploi, lutte contre l’échec scolaire, mixité de l’habitat, enseignement des langues de l’immigration de travail dans le cadre de l’Education sociale laïque et bien entendu, prioritairement francophone...

[5] C’est flagrant en Ukraine et dans les Pays Baltes (ex-soviétiques), où l’UE-OTAN s’acoquine avec des pouvoirs ouvertement pro-nazis pourvu qu’ils soient russophobes, anticommunistes et prêts à saigner leur peuple aux quatre veines pour « avoir le privilège » d’entrer dans l’UE...

[6] Ce mot est piégeant en ceci qu’il prétend faire abstraction du contenu de classe des régimes politiques et que, par ex., il met à égalité le Reich nazi et le pays qui lui infligea la défaite décisive, celle de Stalingrad. Si nous l’employons ici, ce n’est pas pour valider le prétendu concept légué par Hannah Arendt, mais pour souligner que l’UE est entièrement conçue pour verrouiller toute forme de pluralisme : l’ « économie de marché ouverte sur le monde et où la concurrence est libre et non faussée », par laquelle se définit l’UE, interdit toute alternative « keynésienne », et a fortiori, socialiste, aux Etats qui composent l’UE. C’est la racine profonde de la crise politique explosive de l’UE et de la plupart de ses Etats-membres : les élections et les référendums sont des théâtres d’ombres, en réalité, comme le dit si bien Juncker, « il n’y a pas de démocratie contre les traités européens ». Dont acte.

[7] En rejoignant Goldman-Sachs, Barroso n’a pas trahi « les valeurs européennes », il les a crûment révélées !

[8] Portugal, Italy, Greece, Spain = ces pays que l’Europe du nord américano-formatée traite de « PIGS » = COCHONS.

[9] D’où l’interdiction ou la quasi-interdiction des partis communistes dans ces pays avec la totale bénédiction de l’UE...

[10] Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Belgique, Ouest de l’ex-URSS, et demain l’Espagne, l’Italie, la France...

[11] C’est ce que signifie en réalité la phrase de Mitterrand : « la France est notre patrie, l’Europe notre avenir ». C’est-à-dire la patrie de l’avenir, sinon l’avenir de la patrie !


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