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Gilets jaunes : bricoler des fétiches politiques ou changer la vie ?

En tant que nouvel acteur de la vie sociale en France le mouvement des gilets jaunes peut et doit innover. S'il se contentait de piquer des vieilles idées déjà présentes sur le marché des biens symboliques, comme le référendum d'initiative populaire ou la démocratie participative, il deviendrait une nouvelle routine gérable du "système" ou même un instrument utilisable pour maintenir les structures fondamentales de la domination du capital.

Si on pense que la morphologie d’un mouvement exprime sa vérité profonde, ce qui est mon approche, il importe d’en décrire la principale originalité. Dès le début l’association du thème "taxe carbone + diabolisation des moteurs diésel" avec la présence de très nombreuses femmes, jeunes, moins jeunes ou carrément âgées, m’a complètement surpris. Et, dès le 17 novembre, cette fameuse parité inatteignable était réalisée sur les blocages.

Je ne me suis bien sûr intéressé qu’à essayer de comprendre à quelle "alchimie" correspondait ce fantastique assemblage de concepts : femmes / bagnoles-diesel ? Et, même si je n’ai pas interrogé un échantillon représentatifs des ces femmes gilets jaunes, je suis certain de les avoir toutes rencontrées, je veux dire tous les types de manifestantes des zones rurales et des petites villes de province.

Pour résumer en allant droit aux conclusions je crois pouvoir affirmer un point commun entre tous les récits : la bagnole est un outil indispensable à l’organisation rationnelle de la vie quotidienne dans sa totalité, travail, achats, famille et surtout loisirs. J’ai bien constaté un refus unanime de la balourdise des transports en commun qui ne vont que de gare en gare, d’arrêt en arrêt, selon des horaires et des trajets qui ajoutent de l’attente et de la marche à tous les déplacements. Les arguments reflétaient la diversité sociale des manifestantes : phobie des rencontres lourdingues dans les transports en commun, vie stressante des divorcées, précarité financière des "travailleuses", vie familiale compliquée des mères et champ relationnel complexe des célibataires.

Il est cependant exact que la "taxe carbone" n’était jamais le seul problème cité pour justifier la colère ressentie. J’ai entendu beaucoup de discours dont l’objet explicite était la paupérisation absolue et l’injustice ressentie, la peur de trop perdre de fric et devoir toujours faire plus de sacrifices, de ne plus avoir de loisirs ni de vie sociale. Ces mêmes discours étaient proférés aussi par des femmes qui s’en sortent encore et même qui disent "moi, ça va plutôt mieux que la moyenne, mais...".

La question de la dignité était celle qui faisait monter le ton. Le refus explicite d’aller mendier des aides ou de magouiller et désir très prégnant d’avoir assez de fric pour vivre normalement fut le leitmotiv des propos les plus véhéments.

Ces images et ces paroles ont modifié mes opinions et maintenant je pense que le génie de ce mouvement consiste à avoir pour origine les questions essentielles sans se laisser trop enquiquiner par le reste. Du refus d’une injustice fiscale à l’exigence d’une éradication de la pauvreté, du refus de toutes les paupérisation à l’exigence d’un partage équitable des richesses, du refus de la désertification rurale à l’exigence d’une restauration des services publics, toutes ces revendications sont égalitaires du point de vue économique et social.

Comme toutes les coordinations, le mouvement des gilets jaunes pourra être instrumentalisé, récupéré ou trahi par toutes sortes de noyautages, par des éléments politisés qui visent des objectifs beaucoup plus mesquins, voire boutiquiers, par des starlettes qui veulent passer à la télé, par des arrivistes qui veulent parler avec un ministre et même avec De Rugy, par des œcuméniques qui voudront ajouter l’écologie aux préoccupations des gilets jaunes ...etc.

Parfois novices, les gilets jaunes de base vont bien sûr se laisser influencer par des slogans d’apparence radicale comme "Macron démission" ou "dissolution de l’assemblée nationale" qui, dans le contexte actuel, n’aboutiraient à rien de vraiment intéressant, sinon à liquider la lutte pour redonner la primauté de la représentation aux vieux partis aujourd’hui affaiblis (tant mieux !). L’idée de "référendum d’initiative populaire" parait moins plate et téléguidée mais, dans le contexte actuel, elle ferait le bonheur des pires démagogues qui nous assommeraient en permanence avec des votations contre l’immigration et autres délires régressifs. Ces fétiches politiques servent déjà à refouler la question du partage des richesses et de la réanimation des zones "périphériques"...

Georges SPORRI

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