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Les radars : pas grand-chose à voir avec la sécurité routière !

Ci-dessous un article repris du blog de Bernard Gensane. Il n’est pas dans les habitudes du Grand Soir de publier ce type d’article. Bernard Gensane, qui conduit depuis 52 ans, n’a jamais eu d’accident et n’a perdu qu’un point de permis pour avoir roulé à 36 km/h dans une zone limitée à 30, estime (nous l’avons interrogé longuement) qu’il en va des radars comme des caméras de surveillance. Ils ne servent pas à protéger, à diminuer les risques, mais à surveiller, à tétaniser les foules. Ce n’est pas un hasard si le pays qui a vu naître Big Brother est le plus "protégé" au monde après Monaco.
LGS.

Ces jours-ci, un homme de 68 ans, alcoolisé, a pris l’autoroute dans le mauvais sens (nombreux sont ceux qui font de même sans alcool). Trois morts dont un enfant. Selon la sécurité routière, en 2016, 124 accidents de ce type ont occasionné 28 morts. 22% des conducteurs étaient âgés de 75 ans et plus. Parmi les chauffards âgés de 25 à 44 ans, 50% avaient un taux d’alcool supérieur à 0,5 gramme/litre.

Il meurt actuellement environ 3 400 personnes sur les routes par an. 1/3 des accidents sont causés par l’abus d’alcool. 21% surviennent suite à des prises de drogue. Si l’on additionne les 124 morts des autoroutes, les 1 000 morts dus à l’alcool et les 700 morts dus à la drogue, on atteint un total de plus de 1 800 morts. Auxquels ils faut ajouter une bonne centaine de morts dus au mauvais état des routes (le chiffre annoncé dans le tableau plus bas est faux). On frôle donc certainement les 2 000 morts.

1/3 "seulement" des accidents mortels sont dus aux excès de vitesse. Mais c’est uniquement à cette cause que s’attaquent les pouvoirs publics. Pour la simple raison que ça rapporte. Tandis que réparer les routes coûte. Baisser la vitesse de 90 à 80 est favorisé par le banquier et son gouvernement. Cela tétanisera davantage les automobilistes et cela rapportera toujours plus d’argent (sans parler des points à racheter qui, philosophiquement parlant, est un pur scandale). L’énorme caisse enregistreuse (nouveaux radars, drones etc.) sera confiée à des sociétés privées, selon la tendance lourde qui prévaut actuellement en France (aux impôts, des tâches de vérification sont confiées à des sociétés privées, mais l’administration, de plus en plus squelettique, n’a pas le droit de vérifier les vérificateurs). Signalons que le Danemark, qui avait baissé de 90 à 80, va revenir à 90 car les accidents avaient augmenté.

Les vitesses moyennes en 2015 étaient toujours inférieures à celles autorisées : 118 km/h sur autoroute, 103 km/h sur les voies limitées à 110 km/h, 82 km/h sur route et 48 km/h en zone urbaine. Les dépassements restent modestes : 4 % des automobilistes dépassent de plus de 10 km/h la vitesse limite sur route, et 3 % sur autoroute.

Dans une interview de fin janvier 2015, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve déclarait que "L’installation des radars en 2003 avait permis de faire chuter le nombre de morts de façon spectaculaire." On peut tiquer devant le fait que que l’information sur la Sécurité Routière était confiée en la circonstance au ministre de l’Intérieur, et non à celui chargé des Transports. Le problème est que nul expert n’est capable d’isoler le facteur radar (et donc son impact sur la mortalité) de tous les autres (infrastructure, formation, météo, équipements de sécurité, évolution du parc automobile). En outre, depuis l’installation du premier radar voici douze ans, la mortalité a baissé de 42,8 %. Impressionnant, sauf que dans les douze années qui avaient précédé cette implantation, la mortalité avait baissé... de 42,2 %. La baisse de la mortalité n’a donc pas baissé "de façon spectaculaire" grâce aux radars !

Bernard GENSANE

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