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Nouveau venus dans l’ angoisse sociale.




Carla Bruni a offert à Nicolas Sarkozy une montre Patek Philippe : plus de 12 000 €. http://sarkozynews.canalblog.com



















[Je veux souligner que le moment que nous traversons est celui où une catégorie sociale qui est la clef de voute de l’équilibre social, la courroie principale par lequel le consentement à l’ordre établit se diffuse dans le corps social, cette catégorie est brutalement bousculée.]






8 janvier 2008.



Bonne nouvelle : Sarkozy recule dans les sondages. Mauvaise nouvelle : ce n’est pas grâce à nous mais à cause de lui. Le sentiment puéril de toute puissance que lui a donné son élection ingagnable et le néant de l’opposition ensuite, ont fonctionné comme un piège.

Il s’est tiré plusieurs balles dans le pied sans sentir la douleur. J’ai lu déjà bien des explications savantes pour expliquer la dégringolade. J’en partage plus d’une. Mais je dois dire d’abord ce que j’ai entendu du commun des mortels. Son augmentation de salaires et ses vacances chicos lui ont fait plus de mal que bien d’autres faits pourtant bien plus odieux et significatif du libéralisme qu’il applique avec férocité comme un dogmatique au point d’indisposer même une fraction du patronat. A cette étape, l’explication la plus courte est souvent la meilleure : « il s’amuse pendant que nous on en bave ». Cher peuple français ! Le clinquant qui impressionne ailleurs et séduit chez tous les rustres en général, n’est pas admis chez nous !



Nouveau dans l’ angoisse sociale

D’autant plus qu’en France à cette heure, tout le monde, à part la poignée d’ultra riches de la bande à Sarko qui tient le pays, tout le monde tire la langue. Certains ont déjà coulé. On me dira : mais des pauvres et des naufragés il y en a depuis vingt ans et cela n’a rien produit. Ceux qui le disent mettent donc entre parenthèses les puissants mouvements sociaux qui ont marqué toute la décennie, les coups de grisou électoraux spectaculaires, les émeutes de banlieue.

Pourtant la masse des pauvres semblent inerte politiquement. Et leur proches, les précaires vivent depuis si longtemps dans la gêne, comme des intermittents de la vie sociale normale qu’on peut les croire résignés. De fait, ceux là ne sont pas considérés comme le danger le plus menaçant. Trop assommés, trop déstructurés politiquement et socialement, souvent bien récupérés par l’idéologie du système et de toute façon correctement drogués par l’industrie du spectacle et de l’information. Ce qui est nouveau et plus menaçant en ce moment c’est que d’un coup un seul, ceux qui étaient à la limite de la flottaison constatent qu’ils s’enfoncent beaucoup plus vite que ce qu’ils l’avaient craints. Pour faire bref, la classe dite « moyenne » prend peur. Qui est cette classe moyenne ? Des ouvriers hautement qualifiés, des agents de maitrise et cadres, des techniciens, des fonctionnaires jusqu’à la catégorie A, bref tout ce qui tourne autour du salaire médian et deux fois ce salaire par tête de pipe dans une famille. Dans ces milieux on bosse de plus en plus sans que rien ne s’arrange. Au contraire : les charges de copropriétés explosent menaçant la pérennité du bien, les coûts de transports s’envolent alors qu’ils jouent un rôle décisifs dans les budgets à deux ou trois voitures par famille, la stabilité de l’emploi n’est pas acquise en même temps que l’intensité du travail s’approfondit. Et ainsi de suite. Tous les indicateurs passent au rouge. Gare ! Avec une croissance en super berne, une inflation au trot, et une politique de rigueur la corde va se tendre encore davantage pour eux. Je crois qu’elle peut casser. Et dans ce cas l’onde de choc toucherait toute la société. J’en connais des exemples. C’est la classe dite moyenne qui a mis le feu aux poudres partout dans les crises soudaines qui sont au point de départ de la « révolution démocratique » en Amérique latine. L’intervention des pauvres, radicalisant le processus, ne s’est faite qu’ensuite, dans la brèche ouverte. J’évoque ces scénarios parce qu’ils aident à se représenter les évènements et non pas parce qu’ils auraient valeur de modèle et encore moins de « loi » de la nature sociale…. Je veux souligner que le moment que nous traversons est celui où une catégorie sociale qui est la clef de voute de l’équilibre social, la courroie principale par lequel le consentement à l’ordre établit se diffuse dans le corps social, cette catégorie est brutalement bousculée. Donc pour les quarante ans de Mai 1968, il y aura de l’ambiance, je crois bien.



L’efet papillon

J’ai lu dans les commentaires de ce blog que je semblais me réjouir des catastrophes que j’envisage. On ajoute alors que tout pourrait aussi bien tourner en mieux que je ne le dit. Je veux dire clairement ceci : tant mieux si rien ne se passe aussi brutalement que je le décris. Je sais trop ce que signifie une société qui s’effondre. J’imagine trop facilement tout ce que la digue rompue libèrerait aussi de barbarie dans notre pays qui est devenu un patchwork de territoires sous hautes tensions. Analyser n’est pas souhaiter. Si mes diagnostics ont une pertinence, elle repose sur les faits qu’ils mettent en lumière. Ceux que j’évoque ici ne sont pas contestables, je le crains. Mais je reconnais que ma façon de voir est guidé par une conviction : je pense que le système de la mondialisation libérale n’est pas viable. Je pense qu’il ne marche pas. Et je pense qu’il engendre sa propre instabilité. Celle-ci contient un potentiel considérable de volatilité. Comme tous les systèmes dynamiques à la limite de l’équilibre, il suffit d’une modification extrêmement discrète pour entrainer une bifurcation radicale de la trajectoire d’ensemble du système. C’est en quelque sorte le fameux « effet papillon » selon lequel un battement d’aile de papillon en Indonésie peut déclencher un ouragan aux Etats-Unis.

Dans le modèle économique du capitalisme financier transnational, les éléments qui le composent sont très étroitement corrélés les uns aux autres et la vitesse de propagation d’un fait, d’un compartiment à l’autre, est bien plus rapide qu’à aucune autre époque. N’est-il pas frappant que le point de départ d’une crise financière généralisée comme celle qui déroule ses anneaux sous nos yeux soit les ménages en situation précaires d’un coin des états unis ? Nous sommes tous inscrits dans un filet étroits de petits bits qui forme la nouvelle peau du monde et le plus modeste compte chèque est intégré dans la chaine des causes et des effets des structures les plus globales. L’interdépendance des êtres humains n’est donc pas seulement liée aux conséquences de la mauvaise gestion de la nature. Elle l’est tout aussi immédiatement aux effets de système du mode de production et d’échange de notre temps.


L’effet miroir

De bien des façons nous voyons un paysage volatil se dessiner quelques soit le domaine que l’on examine. C’est pourquoi j’écrivais que la question n’était plus de savoir si la crise aurait lieu mais quand. Je suis conscient de la relativité de l’idée de crise. Par exemple si toute vie humaine devenait impossible ou résiduelle sur cette planète du fait de l’usage que nous en faisons en économie de marché, cela n’est pas un problème pour la planète qui a déjà connu des épisodes de destruction massive de la vie qu’elle contenait. De même la civilisation a connu déjà de longues et profondes phases de régression. Par exemple, en occident, après la chute de l’empire romain et avec la propagation du christianisme d’église. On connaît aussi des situations de chaos si stables qu’on ne sait plus nes nommer. C’est-à -dire des situations totalement tourbillonnantes durables pour les quelles il n’existe plus de porte de sortie à horizon humain tant que la catastrophe n’a pas atteint un certain pic qui anéantit la capacité d’agir de tous les protagonistes à la fois. On a vu ça notamment en Afrique, à plusieurs reprises, mais exemplairement au Libéria et en Sierra Léon dans des guerres dites civiles dont l’enjeu même et les motivations semblaient s’être perdus en chemin, la guerre et le massacre devenant les seuls buts de l’action.

Plus proche de nous, l’idée même d’une vie « normale », ou celle d’un progrès possible prend un contenu différent selon les générations qui en parlent. Pour l’actuelle génération des 18/30 ans, la précarité est la règle, la stabilité l’exception. Dans ma génération c’était l’inverse. Tous les comportements sociaux, les systèmes de représentation du futur sont totalement modifié par cette réalité. Ce qui était une situation sociale banale il y à trente ans passe pour un privilège inouï à cette heure. Cette relativité de l’idée même d’ordre social accepté ne signifie pas pour autant qu’aucun ordre ne soit souhaitable ni que l’idée ou l’espérance de cet ordre meilleur ne vivent pas sa vie, ni qu’il puisse être un puissant motif d’action et d’engagement personnel. On observe alors qu’il se construit en contre point de celui qui forme le quotidien. Le contre sarkozysme est donc nécessairement aussi tranché dans ses objectifs que le sarkozysme est radical. L’effet miroir, en quelque sorte.



La clarté, pourquoi pas ?

Cette idée est bien loin de l’emporter au PS. Au contraire nombre d’entre eux continuent de croire que la demie teinte, les « désaccord sur la méthode » avec la droite, les indignations éruptives contre Kadafi compensant les silences complices à propos des régimes spéciaux, et d’une façon générale les habiletés de communication suffisent à se placer dans le sens qui amène au port tout ce qui flotte sur la mer des mécontentements.

C’est une méthode politicienne, à la papa, qui ne parle plus à personne. C’est pourquoi j’approuve l’entrée en lice de Ségolène Royal dans le processus de Congrès. La personnalisation de la politique qui a ruiné la politique au PS peut être sa relance. Entre des personnes également respectables, il va falloir trancher. Mais pour cela elles seront toutes tenues de s’exprimer sur le fond. Je ne suis pas certain que cela se passe comme je le dis là . Mais je crois légitime de le vouloir. Il y a une certaine urgence à savoir à quoi s’en tenir. Non pas pour nous-mêmes, au sein du PS, mais pour les gens qui ont besoin d’un PS audible. Et aussi pour le pays qui ne peut avancer vers ce qui vient avec une opposition qui n’en est pas une parce que son principal parti est devenu inclassable. Ce qui vient c’est une étape décisive. Dans quelques semaines les municipales et les cantonales. Ce sera le choc. Si l’opposition l’emporte, Sarkozy sera un canard boiteux jusqu’à la fin de son mandat et la division sera dans son camp. La rupture libérale aura très sérieusement du plomb dans l’aile. Si la gauche perd, nous sommes à terre encore plus durablement et le deuxième mandat de Sarkozy s’envisage à droite plus facilement. Surtout une nouvelle victoire donnerait des ailes au projet libéral. « Voyez, diront-ils, les français ne nous ont pas désavoué, ils sont d’accord ». Dans ces conditions, il est incroyable de voir la droite vouloir politiser cette élection et nombre de figure de la gauche pratiquer un micro localisme risible et désuet. Evidemment que les citoyens savent qu’ils vont élire des gestionnaires locaux. Mais ils savent aussi que leur choix aura un impact politique. La politisation de la campagne est un besoin direct pour les candidats locaux de gauche et un enjeu social pour les électeurs.

Jean Luc Mélenchon, sénateur PS de l’ Essone.
www.jean-luc-melenchon.fr






Le baratineur Sarkozy est en train de nous faire les poches ... par Jean-Jacques Chavigné.



Sarkoky, le pape et Carla, par Vincent Présumey.



Ne vous y trompez pas ... Bienvenue dans un monde de droite ! par SuperNo.



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