Où il est démontré que les Vénézuéliens votent plus que ceux qui leur reprochent de s’abstenir

Venezuela : sa démocratie et les autres

A peine le résultat de l’élection présidentielle vénézuélienne qui a vu la victoire incontestable au premier tour de Nicolás Maduro avec 67,7 % des suffrages exprimés était-il connu que déjà se déchaînait la presse bien pensante sur l’illégitimité de l’élection pour cause de fraude et absence d’opposition, ce qui est faux puisqu’il y avait 3 autres candidats et, comme l’a annoncé le président du CEELA (Conseil des Experts Electoraux d’Amérique Latine), Nicanor Moscoso, le Vénézuéla est le pays d’Amérique Latine qui applique le mieux la technologie pour garantir la transparence de ses processus électoraux.

D’une seule voix, tous les médias ont pointé le faible taux de participation. RTL détient le pompon de la désinformation où on a pu entendre que le Vénézuéla était une dictature dirigée par des militaires !

Mais le groupe de Lima, composé de l’Argentine, du Brésil, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Costa Rica, du Guatémala, de Guyana, du Honduras, du Mexique, de Panama, du Paraguay, du Pérou et de Sainte Lucie, ne pouvait pas être en reste en fustigeant cette élection par son manque de transparence démocratique et un taux de

participation si peu élevé qu’il entraînait l’illégitimité du résultat et que, par conséquent des mesures de rétorsion contre ce régime totalitaire devaient être prises et même amplifiées, en se présentant comme un recours à la crise politique, économique, sociale et humanitaire qui traverse le pays. Le Canada avait même pris les devants en interdisant aux citoyens vénézuéliens résidents de pouvoir participer à cette élection, signe d’un grand élan démocratique. L’OEA ( Organisation des Etats Américains) va, bien sûr, prendre le relais pour confirmer les sanctions diplomatiques, économiques et financières avec la collaboration de ses proches voisins, dont la Colombie, ceci dans un souci humanitaire et de santé publique, évidemment, et alors que les Etats-Unis et ses vassaux ne cachent pas qu’une intervention militaire est sérieusement envisagée.

Mais, alors que plus de 2000 observateurs internationaux, dont José Luis Zapatero, ont pu vérifier la régularité de l’élection parfaitement démocratique, sa légitimité est mise en cause par le taux de participation, effectivement faible, de 46%. L’absence de

l’opposition violente et putschiste qui s’est évertuée, sous les ordres de Trump lors de la réunion de Saint-Domingue à la boycotter et à prôner l’abstention, est sans doute une explication, ajoutée au manque d’enjeu puisque le résultat était largement prévisible.

Mais il est intéressant de comparer avec les fameux élus du Groupe de Lima s’ils ont fait mieux que Maduro et se permettent de remettre en cause la légitimité du candidat légitimement élu. Pour comparer ce qui est comparable, nous prendrons les résultats du premier tour. Les pourcentages sont ceux de la participation, du pourcentage des suffrages recueillis par l’élu et le pourcentage qu’il représente du corps électoral.

Argentine, Mauricio Macri : 81,23% 34,15% 27,74%
Brésil, Michel Temer : pas élu, au pouvoir après la destitution de Dilma Rousseff
Canada, Justin Trudeau : 67,57% 39,47% 26,66%
Chili, Sebastián Piñera : 46,70% 36,62% 17,10%
Colombie, Juan Manuel Santos : 40,07% 25,69% 10,29%
Costa Rica, Carlos Alvarado : 65,66% 21,66% 14,22%
Guatémala, Jimmy Morales : 71,33% 23,99% 17,11%
Guyana, David Granger : 55,73% 50,29% 28,03%
Honduras, Juan Orlando Hernández : 100% vote obligatoire 42,98% 42,98%
Mexique, Enrique Peña Nieto : 63,14% 38,21% 24,13%
Panama, Juan Carlos Varela : 100% vote obligatoire 39,01% 39,01%
Paraguay, Mario Abdo : 61,44% 46,44% 28,51%
Pérou, Pedro Pablo Kuczynski : 82,95% 21,05% 17,46%
Sainte Lucie : monarchie constitutionnelle, membre du Commonwealth
Vénézuéla, Nicolás Maduro : 46,07% 67,84% 31,25%

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Nicolás Maduro est bien plus représentatif du peuple vénézuélien que tous ses détracteurs qui lui contestent sa légitimité, à part ceux qui sont élus là où le vote est obligatoire.

Que dire de l’instigateur de cette mascarade, Donald Trump et de son vassal Emmanuel Macron !
Etats-Unis, Donald Trump : 55,3% ; 46,1% ; 25,49%
France, Emmanuel Macron : 77,77% ; 24,01% ; 18,67%

C’est l’Hôpital qui se fout de la Charité !

Christian RODRIGUEZ

Sources :

http://www.rree.gob.pe/SitePages/comunicado_conjunto.aspx?id=CC%20-%20009%20-%2018
http://frances.prensa-latina.cu/index.php...
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_argentine_de_2015
https://fr.wikipedia.org/wiki/Br%C3%A9sil#Syst%C3%A8me_politique
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_f%C3%A9d%C3%A9rales_canadiennes_de_2015
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_chilienne_de_2017
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_colombienne_de_2014
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_costaricienne_de_2018
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_guat%C3%A9malt%C3%A8que_de_2015
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_guyaniennes_de_2015
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_hondurienne_de_2017
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_pr%C3%A9sidentielle_et_l%C3%A9gislatives_mexicaines_de_2012
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_panam%C3%A9enne_de_2014
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_g%C3%A9n%C3%A9rales_paraguayennes_de_2018
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_g%C3%A9n%C3%A9rales_p%C3%A9ruviennes_de_2016
https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte-Lucie
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lection_pr%C3%A9sidentielle_v%C3%A9n%C3%A9zu%C3%A9lienne_de_2018
https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sultats_d%C3%A9taill%C3%A9s_de_l%27%C3%A9lection_pr%C3%A9sidentielle_fran%C3%A7aise_de_2017

COMMENTAIRES  

25/05/2018 21:04 par AUBERT

La propagande des "médias libres", du libéralisme de la liberté.... derrière la douceur des mots, la violence des chiffres...

Bravo à l’auteur/ Fabrice

25/05/2018 22:02 par T 34

Pedro Pablo Kuczynski n’est plus président du Pérou, il a été destitué pour corruption au bout d’un an.

25/05/2018 22:40 par Jean-Michel Hureau

PPK a démissionné le 21 mars 2018 pour cause de corruption et a été remplacé par le premier vice-président, Martín Vizcarra. La dernière élection est donc celle de 2016 où il a été élu

25/05/2018 23:53 par Georges SPORRI

Les commentateurs et autres adorables commentatrices qui se la jouent " féroces " contre Maduro n’essayent qu’une habile manœuvre qui consiste à lécher Macron sans se salir la langue ...

26/05/2018 19:13 par béotien 1er

Excellent travail d’analyse qui montre que macron n’est élu qu’avec un peu plus de la moitié de ce qu’a eu Maduro. Et tout ces gentils toutous veulent donner des leçons de démocratie. Ne sont t’ils pas risible ? Voila des chiffres que JLM devrait sortir lorsqu’il sera de nouveau interrogé Sur le Vénézuéla par ces animateurs lèche bottes d’émissions politique.

28/05/2018 15:01 par Danael

La grande différence cependant, c’est que le vote pour Maduro a été un choix voulu et défendu jusque dans la rue par le peuple, et ce malgré la violence de la droite, tandis que celui pour Macron n’a été pour beaucoup qu’un choix par défaut, suite à des pressions et au chantage médiatique fonctionnant sur la peur instrumentalisée du FN.

03/06/2018 09:42 par T 34
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