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Au passage, les mensonges de Nicole Belloubet passés à la loupe

De retour dans la fosse aux serpents

Je vais au procès sans me mettre la corde au cou. Merci pour les centaines de messages de soutien. Mais si vous voulez nous aider dans ce bras de fer, suivez le fil rouge du site des Insoumis et de ses propositions d’action. Si vous voulez argumenter autour de vous, mon livre vous aidera. Il est en librairie et on peut aussi le commander en ligne. Nous sommes des consciences engagées. Des moments difficiles, nous faisons des moments de conscientisation et d’éducation politique. Le reste nous sera donné par surcroît.

À présent, je veux dire deux mots du contexte.

En quelques jours, l’actualité politique est devenue extrêmement dense. La crise du pétrole saoudien vient dorénavant ajouter à toute la tension qui se notait déjà dans le commerce mondial et du coup dans tous les secteurs financiers qui s’y trouvent impliqués. On peut en déduire que les risques de crise financière mondiale s’accroissent. D’autant que l’épisode de la banqueroute en Argentine ne sera pas non plus sans conséquence. Et que si cela se met en place, le fond de scène sera bien plus âpre encore qu’il ne l’est déjà. Pendant ce temps, les crises politiques de notre région du monde vont en s’étendant. Après et en même temps que le Royaume-Uni, l’Italie et l’Allemagne déstabilisées, voici venir l’Espagne et ses nouvelles élections. L’Europe se disperse en crises de nerfs contagieuses. Le Maghreb n’est pas plus tranquille avec le résultat très dégagiste de la Tunisie et l’étrange tension générale algérienne dans sa révolution citoyenne.

En France, c’est l’État qui se dissout dans les factions qui divisent ses corps d’autorité. Police et justice, en pleine politisation se décomposent dans les luttes de fraction qui s’y livrent. Des ministres recrutés dans l’ancien sérail du PS ont transmis à l’organisme macroniste la maladie qui a déjà détruit le régime précédent : la politique du chien crevé au fil de l’eau, l’amour de la peinture qui tient les murs, le verbiage grandiloquent et démoralisant dans le style de Nicole Belloubet. En décidant de choisir le thème de l’immigration pour la prochaine étape de son plan de marche, Macron injecte une dose de poison mortel dans les veines du pays. Le Pen peut donc légitimement penser qu’elle peut commencer la marche finale. À Fréjus elle a commencé une campagne qui ne semblait guère municipale. Nous voici donc entrés dans l’ère de la campagne électorale présidentielle permanente. Donc des paroxismes permanents. Dans ce contexte, la puissance du dégagisme en cours dans notre pays va trouver bien du petit bois pour ses incendies.

Si Le Pen a été correctement dédiabolisée, nous vivons l’inverse. Le choix de nous clouer dans les procédures judiciaires, même grossièrement ficelées, a une efficacité certaine. Pour autant, le mouvement et les groupes parlementaires restent largement déployés sur le terrain et dans les institutions. Notre plan de marche doit rester au pas du mouvement écologique et social qui se déploie dans le pays autour de la question des retraites et de la bataille climat. Il ne faut donc rien changer à ce que nous construisons avec patience. L’enjeu numéro un, c’est la jonction classe populaire-classe moyenne. La période de la campagne européenne doit servir de leçon. On a vu comment la conjonction d’un mouvement syndical renfrogné et replié, l’isolement du mouvement populaire sous les coups d’une diabolisation bien organisée et la désertion de la classe moyenne ont conduit au résultat consternant de juin dernier. « La France Insoumise » a subi sa part d’outrages, de violences, de trahisons et de provocations qui ont permis d’annuler en partie sa fonction de pont politique. Nous avons entrepris courageusement un temps de stabilisation et de réorganisation. Rien n’est acquis.

Mais comme les problèmes sont dans la société, les réponses y sont de même. En face de l’énergie malsaine du tandem Extrême droite/ Extrême centre aujourd’hui dominant, il y a tant de bon, tant de points d’appui. L’urgence des situations fera le reste quand la marée se retournera. Dans la déroute financière mondiale et les conséquences de la bifurcation climatique, rien ne vaudra plus de cinq minutes si se produit une embardée du pays. Toutes les combinaisons politiciennes qui se cherchent sous nos yeux seront balayées. Le dégagisme reste à l’ordre du jour des sociétés comme on vient de le voir en Tunisie. Une fois de plus, il va falloir s’ouvrir un chemin autrement. Il passe par les consciences du grand nombre. Il peut s’embrouiller c’est vrai. Les élections municipales vont aggraver la balkanisation du paysage. L’intérêt de ces élections à nos yeux ne doit pas être là où le situent les ambitions des guerres picrocholines entre confettis rivaux. Tout est dans l’art d’ouvrir des solutions crédibles avec des formes d’auto-organisation assez solide pour manier fermement le balai. Mais ce n’est pas le moment pour moi d’en traiter.

J’écris ces lignes à quelques heures du procès politique qui m’attend avec mes amis. C’est une dure épreuve. Mais le carré des combattant.es s’est reformé. Je vois l’adversaire. Je vois les amis. Tout cette comédie judiciaire a été organisée pour nous détruire politiquement et humainement pour nombre d’entre nous. C’est la guerre judicaire, le lawfare. Bien des mots me brûlent les lèvres. Je reste concentré sur la bataille à mener. Car c’est une bataille. Les décrocheurs de tableaux ont montré qu’existe un espace de respiration dans le monde moisi de Belloubet. Une seule brèche peut écrouler un mur.

Macron sait-il ce qu’est un métro ?
La semaine de la rentrée parlementaire se discutait dans l’hémicycle en seconde lecture le projet de loi d’orientation des mobilités. J’ai fait sur le sujet deux longues interventions (voir ici et ici). Cette loi, comme nous en sommes habitués depuis le début du quinquennat, est une loi de privatisation. Je me suis donc concentré sur les dangers pour le grand nombre de confier la gestion des réseaux de transports au privé. Les articles 38 et 39 de cette loi accompagnent l’ouverture à la concurrence des lignes de bus de la RATP. L’introduction du privé pour le réseau de bus de la RATP est prévu pour 2024 par un règlement européen. Ici la loi de Macron se contente de mettre en œuvre une volonté de la Commission européenne Et cela jusqu’au gag. Notamment quand est permis à l’entreprise publique de « créer » des filiales pour répondre aux appels d’offre sur des lignes qu’elle gère pour l’instant elle-même. Pour faire populaire, misère de la bureaucratie créée par le dogme de la concurrence partout.

L’article 40, lui, permet le transfert du personnel vers des entreprises privées. Ce n’est pas un petit marché que celui des lignes de bus en Ile-de-France. Cela représente 350 lignes, 16 000 salariés et 3,5 millions de voyageurs. Certains tronçons, certaines heures sont très rentables : sur ceux-là le privé se jettera en premier. C’est sa vocation que de faire du profit. Mais qu’en sera-t-il des lignes moins fréquentées, des fuseaux horaires moins rentables ? Ils seront pris en charge par le service public, seul. Mais il aura par contre perdu les parties du réseau qui génèrent le plus de recettes et petit à petit, le service qu’il rend sur ces « petites lignes » se dégradera et progressivement elles fermeront. Avec la concurrence, c’en est fini de la péréquation en faveur des zones enclavées, pour l’accès égal de tous à la mobilité.

C’est une question essentielle de la modernité que celle de l’accès à la mobilité. J’ai développé la thèse dans L’Ère du Peuple selon laquelle la dépendance aux réseau est le cœur de la condition populaire dans les sociétés modernes. L’aménagement du territoire permet de comprendre pourquoi les transports sont dans ce cadre si centraux. Depuis plusieurs décennies, la tendance a été à l’étalement urbain. La conséquence de cette organisation de la ville est que les individus sont éloignés par des distances de plus en plus importantes des réseaux de services essentiels. C’est le cas par exemple des hypermarchés qui sont toujours implantés en sortie de ville. Mais c’est aussi le résultat des fermetures de services publics de proximité. Ces 10 dernières années, une école ainsi qu’un bureau de poste ont fermé chaque jour. Quant aux distances domicile-travail, elle sont en constante augmentation. La distance moyenne parcourue pour se rendre sur son lieu de travail est de 15 km. Et le nombre de ceux qui habitent à 200 km de leur lieu de travail a même augmenté de 35% depuis 1999. Dans ce contexte, on comprend pourquoi l’accès de tous à un réseau de transport performant et bon marché est un enjeu qui doit être confié au service public.

Le transfert au privé de cette mission aura une autre conséquence : l’augmentation des tarifs. Le privé est toujours plus cher. D’abord, une ligne de bus est un monopole : il n’en existe qu’une faisant un trajet particulier et à une horaire donnée, il n’y a qu’un seul bus qui passe. Une entreprise privée va donc se retrouver face à une clientèle captive. Sa tendance naturelle va être à augmenter le prix tout simplement parce que ses clients ne peuvent pas faire autrement que de payer, quel que soit ce prix. Par ailleurs, une entreprise privé a des coûts supplémentaires à supporter par rapport au service public. Il s’agit d’abord des actionnaires à rémunérer qui n’existent tout simplement pas dans le cas d’une entreprise publique. En situation de concurrence dans une activité, comme la gestion de ligne de bus où il n’y a pas beaucoup de possibilité de se différencier sur le service rendu – toujours le même – il faut donc aussi dépenser beaucoup d’argent en marketing et publicité.

Ces facteurs expliquent que les tarifs du gaz aient augmenté de 50% depuis la privatisation de GDF en 2006, ceux de l’électricité de 49% depuis l’ouverture à la concurrence, que le prix d’un billet de train de la Deutschbahnn soit deux fois plus cher que celui de la SNCF. Ou bien que les péages autoroutiers aient pris 20% depuis la privatisation des autoroutes. Cet impôt privé est la compensation des 26 milliards de dividendes que se sont partagé les actionnaires des sociétés concessionnaires d’autoroutes. Cette privatisation est aujourd’hui reconnue comme un terrible scandale par tout le monde sauf par le gouvernement. Lui, dans la loi qui a été votée, veut aller plus loin. Il a fait voter des dispositions qui vont permettre de céder certaines parties des routes nationales à ces sociétés rapaces.

Enfin, dans mon intervention, j’ai développé un thème que je veux faire entrer dans le débat : celui de la sécession des riches. C’est un problème que l’on retrouve dans le domaine des transports comme dans de nombreux autres. Les riches ne s’intéressent plus aux réseaux empruntés par les pauvres et les classes moyennes car ils ne les utilisent plus. On le voit avec la construction d’une ligne de train « Charles de Gaulle – Express » permettant de se rendre directement du centre de Paris à l’aéroport international pour la modique somme de 24 euros, soit 13 fois le prix d’un ticket de métro. Et les investissements réalisés dans ce train réservés aux importants ne seront évidemment pas mis dans la rénovation des lignes de RER bondées utilisées par des millions de franciliens. Autre exemple : à Marseille, la mairie a développé une ligne de bus alternative à la ligne 19 surchargée. L’existence de cette ligne, ses arrêts, ses horaires étaient des informations non publiques. Elles étaient seulement données aux comités des quartiers bourgeois. Voilà comment les puissants s’extraient des réseaux communs. La privatisation encouragée par la loi sur les mobilités est un pas de plus dans ce sens.

Belloubet ment souvent et des fois tout le temps
Une bonne tournée de camomille s’impose au plus haut niveau du ministère de la Justice. Belloubet perd pied. D’abord elle me traite de paranoïaque. C’est plutôt nul car il s’agit d’une maladie et c’est toujours bête de flétrir quelqu’un en stigmatisant les malades. Le malade ne choisit pas sa maladie. Elle s’impose à lui. Dans une bataille politique, nous choisissons nos angles et nos arguments. Même Belloubet, si souvent indifférente aux autres, devrait être capable de respecter cela. Puis, après les injures, elle éructe les éléments de langage habituels : Mélenchon= invectives et blablabla. À présent, elle tente le coup de la mobilisation corporatiste de la justice pour couvrir ses turpitudes. Le tout avec le grotesque de la pause drapée dans du Jaurès. Je ne veux pas que mes lecteurs ratent ce beau moment de parole en carton-pâte. Ça donne ça : « Les propos de Jean-Luc Mélenchon sont absurdes. Ils sont même indignes en ce qu’ils attaquent les magistrats et en ce qu’ils mettent en cause leur probité et leur indépendance. Jean-Luc Mélenchon est dans l’invective, le fantasme, le complot… (…) ce n’est pas ce que je veux pour notre démocratie. Jaurès dit qu’il faut avoir le courage de chercher la vérité et de la dire. (…) Jean-luc Mélenchon fait l’inverse. »

C’est beau comme de l’antique « en ce que » cela qu’elle se drape avec suffisance. Le « fantasme » est ici une évocation sidérante « en ce que » cela mobilise Freud sans qu’on comprenne pourquoi. Et, métacomplotiste, « en ce que » voici qu’elle évoque la théorie du complot pour nous l’imputer. Mais qui a jamais parlé de tout ça ? Je n’évoque ni fantasme (?) ni complot et je ne l’invective d’aucune manière. Elle aimerait bien. Les parvenus qui ont gagné leurs galons en quittant le PS par surprise sont comme ça. Ils ont besoin de prouver sans arrêt à leur nouveau maitre leur absolue servilité. Un peu lourd même pour lui. Tout dans la posture. Tout ça pour faire pour oublier comment ils ont quitté un navire que leur pratique avait déjà avili à l’époque. Nicole Belloubet, première vice-présidente PS de la Région Midi Pyrénées, ce n’est pas un souvenir exaltant pour la gauche du coin ! Et d’ailleurs, à quoi sert la référence « ex-PS » dans la macronie maintenant que tout a été siphonné ? Ce serait plutôt un repoussoir. En attendant, Nicole Belloubet est trop rustique dans son maniement des bons vieux procédés d’évitement. Elle m’oblige a lui remettre mes questions sur les bras.

Je ne lui demande pas d’intervenir dans les procédures judiciaires. Je ne lui parle pas de l’indépendance des juges. Je n’ai pas évoqué leur probité non plus (c’est elle qui le fait d’une façon tout à fait inattendue). Revoilà donc la question, noir sur blanc. « Comment se fait-il qu’aucune enquête ne soit jamais lancée à la suite de nos plaintes quand nous demandons des comptes sur les fuites dans la presse des procès-verbaux d’audition et même de pièces sous scellés ? » Ces plaintes ne visent pas les journalistes ni le secret de leur source. Elles visent ceux qui remettent illégalement les documents de la justice. Ces fuites viennent des bureaux de la justice qui les détiennent. Cette diffusion est illégale et devrait valoir à ses auteurs des poursuites pénales et des mises à pied. Belloubet le sait. Elle regarde volontairement ailleurs. Elle le sait d’autant mieux qu’une mission d’étude parlementaire planche sur le sujet. Ses conclusions ne seront pas flatteuses, j’en prend le pari.

Je lui ai posé cette question par écrit. Elle me répond le 30 juillet. Curieusement la lettre ne m’arrive que le 12 septembre. Elle prétend que mes accusations sont des « allégations ». Ce mot veut dire « des faits dont l’existence reste à prouver ». Dès lors pour elle « rien ne justifie la saisine de l’inspection générale de la justice ». Donc si ces fuites étaient prouvées, elle s’intéresserait au délit que cela constitue ? Alors quoi ? Personne ne fait le service après-vente au cabinet de madame Belloubet ? Personne ne lui a montré un journal ? Depuis combien d’années ?

Des fuites il y en a partout. Au point que l’avocat qu’elle a choisi pour défendre, au frais de l’État, les malheureuses victimes de nos décibels, maitre Dupont-Moretti, le roi de la camomille, a pu écrire : « Ces gens-là ont tué le secret de l’instruction ». Face au journaliste qui l’interrogeait, Madame Belloubet ne savait pas non plus que la France faisait l’objet d’une mise en cause Européenne pour le fonctionnement de sa justice. Belloubet ne savait que répondre. Il y était pourtant question de « ses » procureurs (Oh ! Ce possessif utilisé si malencontreusement ce jour-là !) Et pourtant cette mise en cause, c’était avant que le procureur de Nice ne passe aux aveux. Le pauvre diable avait nié que Geneviève Legay ait été frappée par un policier, juste pour aider Macron en mentant. Elle oublie tant de chose, madame Belloubet !

« Les magistrats qui ont ordonné la perquisition sont libres des choix qu’ils font » ajoute-t-elle. Autrement dit : elle n’a rien à voir avec ça. Depuis un an, c’est sa ligne de défense : elle n’était pas au courant, puisque le Parquet prendrait librement ses décisions sans en référer à son ministre de ses décisions. C’est un mensonge. Il est impossible que la Garde des sceaux n’ait pas été mise au courant de la préparation de 17 perquisitions simultanées, la mobilisation de 100 policiers, d’une dizaine de parquetiers contre une des principales forces d’opposition, le président d’un groupe parlementaire et deux sièges politiques. Le ministre de la Justice est toujours informé par des remontées d’information des parquets dans ce genre d’affaire. C’est tellement vrai que le dernier ministre de la justice de François Hollande, Jean-Jacques Urvoas, est aujourd’hui poursuivi en justice pour avoir transmis ces informations sensibles au principal intéressé. Il s’agissait de fiches sur une enquête pour fraude fiscale instruite à l’encontre de Thierry Solère dont Urvoas avait donc bien été en possession.

Belloubet croit qu’on a une aussi mauvaise mémoire qu’elle. À moins qu’elle ait carrément oublié ses propre propos. Car Nicole Belloubet a elle-même avoué tranquillement disposer de « remontées d’informations régulières ». C’était avant les perquisitions contre la France insoumise. Juste le 14 décembre 2017, elle déclarait sur Public Sénat : « il m’arrive de solliciter des informations du parquet » et précisait même dans quels cas : « elles portent sur des affaires qui s’attachent à l’ordre public, elles concernent des affaires qui touchent des questions internationales sensibles, des affaires qui traitent de personnalités particulières ». Des affaires qui traitent de « personnalités particulières » ? Comme le Président d’un groupe parlementaire d’opposition par exemple ?

En fait, à l’époque elle disait la vérité. Car ce suivi est prévu par les règles légales. Une circulaire du 31 janvier 2014 précise les cas dans lesquels les parquets généraux (il s’agit pour nous de la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault, que Belloubet a bien connu lorsqu’elles étaient toutes les deux au PS) doivent faire remonter des informations sur des enquêtes. On lit : « les procédures devant être signalées répondront aux critères suivants qui pourront être cumulatifs : gravité des faits (préjudice humain, financier, atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou au pacte républicain) de nature à nécessiter une action coordonnée des pouvoirs publics ou à leur donner un retentissement médiatique au niveau national, insertion dans un champ de politique pénale prioritaire, qualité des mis en cause ou des victimes, et dimension internationale de la procédure ». Dans notre cas, les perquisitions ont bien nécessité une « action coordonnée des pouvoirs publics » entre services de police, de gendarmerie et parquets de plusieurs régions. Il était facile de prévoir qu’elles auraient « un retentissement médiatique au niveau national ».

Nicole Belloubet était donc au courant, contrairement à ce qu’elle dit. Elle a suivi toutes les étapes de notre persécution judiciaire, y compris des perquisitions. Et cela parce que c’était une obligation de ses services que de la tenir au courant. S’ils ne l’ont pas fait, c’est une faute de la procureure Champrenault, bonne amie de Belloubet au temps du PS. C’est possible compte tenu du degré d’amateurisme dont elle fait preuve à l’ordinaire et au cas particulier de la rafle organisée contre nous. Mais si Champrenault a fait son travail conformément à ses obligations, (ce qui peut s’être produit en effet), alors Belloubet savait tout. Et si elle était au courant à l’avance c’est donc qu’elle a approuvé l’opération, à moins qu’elle l’ait suggérée.

Comment a-t-on pu lui cacher, et pour quel motif, que trois réunions de préparation de cette opération ont eu lieu, et cela alors même que la procureure Champrenault n’avait pas encore l’autorisation pourtant obligatoire de procéder à cette opération d’envergure ? La ministre de la Justice de Macron a donc bien autorisé une opération exceptionnelle de perquisitions. Une opération politique contre un groupe parlemenatire d’opposants. Et cela sur la seule base de dénonciations sans preuves de la part d’une députée d’extrême-droite et d’un rapporteur perturbé de la commission des comptes de campagne. Depuis, donc : elle ment en disant qu’elle n’y est pour rien. À moins qu’elle n’ait tout oublié. Qu’elle oublie jusqu’à l’existence de trois biens immobiliers, Pourquoi pas. Mais cent policiers et quinze perquisitions, c’est trop !

Nicole Belloubet ne sait pas ce que c’est d’être ministre dans un État républicain. À part faire voter des lois liberticides ou ridicules comme elle l’a fait, la tâche est plus étendue. Un ministre est à la tête de son administration. En République, cela signifie qu’elle est censée être responsable et de s’assurer de son bon fonctionnement. Que son administration soit devenue cette machine à produire des fuite de presse montre quelle pétaudière hors de contrôle est devenue la maison dont elle a la charge. Mais en macronie, les chefs ne prennent aucune responsabilité. Ainsi, quand des magistrats commettent de façon répétée des délits en permettant sans cesse que soit violé le secret de l’instruction, elle ne fait rien. Et ne rien faire c’est souvent en réalité laisser faire. Mais en acceptant que la loi soit ainsi bafouée sur son propre palier, elle pousse à la politisation de « ses » effectifs. Ils n’ont pas d’autres choix. Alors chaque réseau avance ses pions, pousse ses candidats et ainsi de suite.

En fin de compte, des gens comme Nicole Belloubet, menteuse en série, laissant l’autorité de l’État se diluer dans les complots et manœuvres de palais, coûtent cher. Elle abime l’image de la justice et dégrade le fonctionnement de l’État. Il est probable que ce comportement vienne d’atteindre d’autres limites. Celle ou l’action du président qui l’a nommée est directement percutée par la veulerie et l’inefficacité du ministre. Car le plan contre nous, insoumis, avec ses rebondissements en forme de diversion, place tout le monde dans une situation sans issue. Nous, contraints au frontal avant une condamnation annoncée d’avance ; le système judiciaire couvert de ridicule par le fonctionnement d’un Parquet en délire ; le pouvoir politique contraint à des conflits et des surenchères absurdes. Ça c’est le bilan actuel de Belloubet. À mon avis, Macron s’en est rendu compte.

Jean-Luc MELENCHON, Mercredi 18 septembre 2019.

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