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Europe et courants idéologiques et politiques : une grille de lecture.

Petite grille de lecture pour distinguer les courants idéologico-politiques (pas les partis politiques) qui s'affrontent sur la question de l'Union européenne, de l'Euro.

En 1993, le marché intérieur est réalisé autour des « quatre libertés » : libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux. Beaucoup de libertés en Europe donc mais difficulté d’une Europe sociale . Les européens des peuple-classe 99% veulent eux surtout l’éga-liberté ! Ces libertés sont dominées par l’arrière plan doctrinal concurrentialiste (néolibéralisme) qui empêche toute harmonisation sociale et fiscale par le haut .

Ce défaut de lien avec l’égalité et cette faiblesse des politiques d’harmonisation sociale et fiscale par le haut ont fait l’objet d’un large débat en 2004-2005 débouchant le 29 mai 2005 sur le rejet du Traité constitutionnel européen (TCE). Jamais en France autant de citoyen(e)s se sont mis à lire attentivement des textes juridiques européens peu compréhensibles pour le quidam ! Et ce TCE fut rejeté par des forces politiques bien caractérisées et des courants idéologiques différents, certains pro-Europe sociale, d’autres pro-nation française. Distinction qu’il est bon de rappeler tant ce point important semble oublié. Pourtant ce n’est qu’un aspect du réel.

Allons plus loin sur les clivages des courants - pas des partis politiques - idéologico-politiques car s’en tenir à la division pro-Europe et anti-Europe est trop sommaire. Si elle est reprise ici c’est aussi pour montrer certaines proximités non apparentes (ici entre le B du I et le A du II). Mais allons derrière l’apparence des choses .

I - LE CLIVAGE IMPORTANT AU SEIN DES "PRO-EUROPE" :

A - Certains s’accomodent de l’UE telle qu’elle est.

Dans ce cadre général il faudrait distinguer le plan politique (quel fédéralisme ? quelle intégration ?) et le plan économico-social . Là on trouvera des distinctions entre ceux et celles qui veulent un peu de "social" (très peu) et un peu d’écologie sur un fond d’ordolibéralisme maintenu structurellement porteur d’austérité généralisée et ceux et celles qui défendent l’orientation néolibérale actuelle et son concurrentialisme féroce qui fait le jeu de l’hyperclasse européenne contre les peuples-classe.

Hollande (PS) et Sarkozy (droite) ont été l’un et l’autre, avec des différences, les artisans de l’Europe austéritaire. Hollande qui visait la finance s’en prend désormais avec violence aux couches populaires. Cameron en Grande-Bretagne voulait lui aussi une Europe toujours plus libérale. Ces élites travaillent pour la finance, les marchés financiers, les banques privées, la BCE telle qu’elle est.

B - Courants porteurs d’ une autre Europe radicalement différente

Ils s’opposent frontalement à cette Europe-là, à cette Europe des banquiers et des marchands (FMN pas le petit commerce) et idéologiquement à l’ordolibéralisme de la troïka . L’Union européenne étant peu et même pas du tout réformable c’est à une grande refondation - dite Plan B (Madrid printemps 2016) que les gauches de gauche doivent s’atteler. Ce qui suppose un large débat démocratique-populaire dont le Brexit du 23 juin 2016 peut être l’occasion.

On peut remonter la perspective d’une "autre Europe" aux courants trotskystes agitant jadis (feu la LCR en France) la nécessaire perspective des "Etats-unis socialistes d’Europe". De nos jours et depuis l’Acte unique européen (1986 - soit 30 ans cette annèe) perdure un courant "altereuropéiste radical" (dont je suis) qui pense qu’il faut construire une orientation "rouge et verte" de type "Europe écosocialiste" ("éco" pour la prise en compte de la dimension écologique) à partir des revendications sociales, écologiques et démocratiques des peuples-classe 99% , - RTT - services publics - protection sociale de hauts niveau - transition écologique, autre BCE, socialisation des banques, audit des dettes, etc -, revendications qui heurtent les intérêts cupides de l’hyper-classe européenne et de sa classe d’appui - le 1% d’en-haut .

La gouvernance oligarchique de l’Union européenne est à refonder radicalement sur des bases démocratiques qui marginalisent le poids des groupes de pression des Firmes multinationales (FMN ou STN selon les économistes) pour laisser beaucoup plus de place à l’’expression des besoins populaires. Dans cette perspective, les FSE (Forum sociaux européens) avaient une certaines utilité mais les deux derniers (Malmoë et Istanbul) ont hélas plus permis de montrer les divisions que les capacités de convergence. Grosso modo, Malmoe (sept 2008) montraient la volonté de construire une Europe ouverte et plus verte et Istanbul (été 2010) une Europe plus rouge mais certains à partir d’une base nationale-populaire et d’autres sur une orientation de type alter-européiste. Quand au syndicalisme des travailleurs en Europe il reste structurellement peu à la hauteur des enjeux. Les responsables français (CGT) rencontrés là-bas m’ont dit d’ailleurs "que pour eux c’était fini". De fait ce fut le dernier sous cette forme.

FSE Istanbul 2010 : La solidarité des peuples-classe d’Europe face à la crise de l’UE et la crise des Etats-nations.
http://amitie-entre-les-peuples.org/FSE-Istanbul-2010-La-solidarite

II - LE CLIVAGE AU SEIN DES SOUVERAINISTES

Là aussi on trouve de grosses différences

A - Des courants de type "national-progressiste"

On trouve des courants souverainistes de gauche ou populaire (pro peuple-classe) qui respecte le cadre national non par fétichisme identitaire mais parcequ’il est un cadre ou le peuple peut faire garantir ses droits. Ces courants ( soit communiste soit démondialisateur) s’attachent à la défense et promotion des droits sociaux et démocratiques de "son’ peuple. L’idèe générale est : puisque l’Europe telle qu’elle est (UE et Euro) n’est ni sociale (austérité), ni démocratique (on ne sait rien de ce que font les élites de l’UE), ni écologique alors "sortons-en" avec une orientation souverainiste-démocratique sans nationalisme xénophobe mais avec un contenu social et écologique.

Ces courants n’excluent pas une perspective internationaliste mais pour eux, il faut d’abord une nation forte de ses conquêtes sociales et démocratique.

B - Des courants souverainistes réactionnaires

1) - Certains maintiennent une position pro-libérale sur une base démocratique nationale classique

Ces courants sont pour la sortie de l’UE et de l’Euro sur la base d’un capitalisme national à reconstruire (pro-libéralisme économique de droite avec peu de droits sociaux) et d’un système démocratique fondé sur des votations répétées qui laissent néanmoins une large place aux élites démocratiques bien coupèes et séparées du peuple citoyen, soit la "démocratie réellement existante".

2) - Certains défendent un souverainisme essentiellement xenophobe, contre les migrations.

On trouve là les forces réactionnaires d’extrême-droite toujours prêtes à voir l’ennemi dehors et en-bas, au sein du peuple et jamais au sein des élites.

C - La question des alliances et le trouble du "avec qui je pactise momentanément"

Les ambiguïtés du moment souverainiste

http://www.marianne.net/les-ambiguites-du-moment-souverainiste-100240512.html

Christian DELARUE

»» http://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/250616/europe-et-cour...
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