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Pourquoi je suis favorable à la male politique d’Israël (*)

Le rêve des sionistes est le cauchemar des Palestiniens

À l’instar de Montesquieu, j’écrirais : « De petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Palestiniens, car, si elle était telle qu’ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des Gouvernants, qui font entre eux tant de conventions inutiles, d’en faire une générale en faveur de la paix et de la souveraineté ? »

Il faut se ranger à l’évidence, il faut savoir choisir son camp. Il n’y a qu’une alternative : d’un côté, le Bien, de l’autre, le Mal. C’est certes manichéen, mais c’est ainsi que l’on dresse les peuples les uns contre les autres.

Choisir le camp du Bien me semble salutaire, d’autant qu’il n’est point le moment de philosopher.

Comme dit le proverbe : « Chose promise, chose due ». Il me semble tomber sous le sens qu’il en fût de même pour la Terre de la même épithète. Il fallait accorder un refuge à ce peuple qui a par trop souffert de pogromes, d’assassinats collectifs. Bon d’accord, la notion de peuple, en l’espèce, reste sujette à caution : les Falachas sont-ils de ce peuple ? On ne va quand même pas faire de la génétique, ce serait, pour le moins, une démarche douteuse.

De toute façon, au commencement était l’exorde, enfin, je veux dire le grand Exode qui fait partie du roman national d’Israël. Quand le roman est bien écrit, de crédible, il devient Vérité. Après vingt siècles d’errance, il fallait bien une terre à ce peuple, même si la notion de patrie est absente du Talmud, même si les érudits de la chose religieuse objectèrent que le « judaïsme national » est le « travestissement de David en Goliath ». Peut-être, mais n’ayant pas lu la Torah, je m’en remets à la version couramment admise.

Je ne vais pas, non plus, me prononcer sur les différentes conversions des habitants de Judée, ni sur le prosélytisme juif ailleurs. L’histoire, pour faire œuvre utile, a besoin de dates, de faits simples à retenir : après la chute du Second Temple, il y a eu l’Exode en l’an 70.

Qu’importe que le mythe fondateur ne soit pas étayé par l’archéologie : le rêve de vingt siècles et une terre en déshérence suffisent à justifier un nationalisme basé sur des considérations ethno-biologiques et ethno-religieuses. Ainsi Israël se définit-il comme l’État du peuple juif et non pas comme celui des Israéliens.

Ce fut les retrouvailles « d’une terre sans peuple et d’un peuple sans terre ».

Des grincheux parlent de colonisation, de spoliation. Foutaise, ce n’étaient que des terres improductives, devenues, par le génie humain, comme le Jardin des Hespérides. Et question colonies, nous avons eu, ici, une expérience certaine, il y a eu certains « événements » : alors difficile de jeter la pierre.

D’aucuns s’offusquent de la destruction d’oliveraies : que sont des oliviers nourriciers quand des vies sont dans les viseurs ? La sécurité n’a pas de prix comme la vie d’un Palestinien n’a pas de valeur apparemment. D’ailleurs question sécurité, je m’en remets au savoir-faire incontestable d’Israël. Comme je vis dans la peur, ce n’est pas celle de la page blanche, mais rien que le mot « terrorisme » me fait peur, j’en oublie tout discernement ; ma mémoire se fait oublieuse de certains faits, du groupe Stern, de l’Irgoun, de l’hôtel King David : bien évidemment, pour les uns, c’était du terrorisme, pour les autres, des actes d’émancipation. Mémoire oublieuse encore des crimes de guerre et crimes contre l’humanité perpétrés par la Haganah. Heureusement que l’on fait une sélection pour moi et ma mémoire paresseuses : il est du prêt-à-penser comme il est du prêt-à-porter.

Les empêcheurs de coloniser en long et en large parlent de ghettos, de claustration, de l’humiliation, de la souffrance des Palestiniens, de leur absence de souveraineté, d’apartheid, du fait incontestable qu’ils meurent sous les balles plus qu’à leur tour, qu’ils sont des Sémites : j’ai déjà du mal à démêler le vrai du faux, à distinguer la sécurité de la sûreté, à ne pas mélanger antisionisme et antisémitisme.
Bien sûr, « tous les Hommes naissent libres et égaux en droit » : mais, après la naissance, c’est selon son mérite, ses compétences, ses talents. C’est ainsi que le Monde avance.

Il fut un temps où il fallait s’attirer des soutiens pour finir « la Der des Ders », se débarrasser de réfugiés idéologiquement indésirables, préserver la mainmise sur le Canal de Suez, s’implanter sur un empire à dépecer, et peut-être étendre son emprise après les premiers effluves d’or noir, créer une sorte d’abcès de fixation : alors on fit une promesse. Puis elle se concrétisa dans la douleur et cette douleur perdure.

Rien ne change : les affaires restent les affaires. Ainsi va la marche du Monde : les différents conflits savamment orchestrés participent grandement à la création-destruction. Ce n’est pas qu’une histoire de complexe militaro-industriel, mais aussi de complexe de supériorité.

Les chicaneurs parlent du droit au retour pour les Palestiniens : n’est pas le « peuple élu » qui veut. Ils peuvent toujours garder les clés de leur demeure passée : qui sait si dans vingt siècles...

Au comble de l’ironie, il est des sionistes, des pro-sionistes de diverses obédiences : des capitalistes, des impérialistes, des évangélistes, des nationalistes, des colonialistes, des religieux,... À l’évidence, chacun y trouve son intérêt : le crime bénéficie alors de diverses complicités.

À force d’instrumentaliser la religion, le sionisme, laïque à son origine, a, depuis la conquête de territoires, l’apport d’un courant national-religieux qui prend de l’ampleur : certains ultra-orthodoxes rêvent même de reconstruire le Second Temple sur l’Esplanade des Mosquées...

Bien sûr, il est encore des Juifs religieux très critiques, anticolonialistes, antisionistes.

Il paraît que « ce n’est pas le chemin qui est difficile, mais le difficile qui est le chemin ».

De multiples plaques tectoniques, de différentes tailles, semblent rentrer en conflit à l’échelon local, à l’échelon régional, à l’échelon continental, au sein même d’Israël, au niveau du Proche-Orient, au niveau mondial : difficile de prévoir ce qu’il adviendra. Mais il y aura des séismes, des répliques car les contraintes s’accumulent.

Ceux qui sont de bonne volonté doivent se sentir bien seuls.

PERSONNE

(*) « MAL, E. adjectif : 1° Vx. Mauvais, funeste, mortel » (Le Robert)

Articles conseillés :

Intervention au colloque "Le déni de Palestine, 100 années de "déclaration Balfour" 1917-2017 de Pierre Stambul,

Les Juifs religieux et le sionisme de Pierre Stambul.

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