Le poids des responsabilités pour Delcy Rodriguez

Craig MURRAY
Alors que je quittais l'Université des Communes de Tocuyito, après une visite joyeuse et enrichissante, un jeune professeur, l'air grave, s'est approché de moi et m'a prise à part. Très discrètement, il m'a demandé ce qui allait se passer. Plusieurs étudiants étaient terrifiés à l'idée d'un changement de régime et craignaient, eux qui étaient considérés comme de jeunes leaders socialistes du mouvement communal, d'être emprisonnés, torturés et exécutés. Ce fut un brutal retour à la réalité après une journée formidable dans cette jeune université. Mais la réalité est bien réelle. J'avais rencontré au ministère des Affaires étrangères des diplomates sérieux et professionnels qui savaient précisément dans quelle partie des montagnes ils se réfugieraient, fusils d'assaut à la main, si la droite arrivait au pouvoir, et qui étaient résignés à une vie de guérilla, avec leurs conjoints et leurs enfants. Je n'ai rencontré personne qui doute qu'un changement de régime à Caracas entraînerait (…)Lire la suite »

L’écrasante responsablilité des Européens dans le destin de la Palestine

Daniel VANHOVE
Dans le cloaque médiatique habituel qui nous empuante chaque jour, l’extrême gravité du conflit existentiel entre l’Iran et l’axe du mal américano-israélien et leur ordre inéquitable qu’ils imposent au monde, fait une fois encore, passer le génocide en cours à Gaza et le nettoyage ethnique de la Cisjordanie au second plan.
La Palestine sacrifiée fait partie du décor coutumier du citoyen occidental. Le régime colonial israélien jamais en reste, en profite pour faire passer des lois plus immondes les unes que les autres à l’encontre des Palestiniens abandonnés à leur sort dramatique depuis des décennies malgré d’hypocrites déclarations de la part de nos chancelleries. La dernière loi en date, portée par des Ministres ostensiblement racistes dont certains (trop rares vu leur participation nombreuse aux crimes de masse contre une société civile) sont sous mandats d’arrêt de la Justice internationale, vient d’être votée après une troisième lecture à la Knesset. Par 62 voix contre 48, elle entérine la peine de mort par pendaison pour tout Palestinien ayant commis un « crime terroriste » à l’encontre d’un ressortissant israélien ou ayant porté « atteinte à la sécurité » de l’État d’’Israël’. La sentence est assortie d’un délai de 90 jours entre le verdict et son exécution, sans aucune possibilité de (…)Lire la suite »
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Mélenchon malgré tout en 2027 ?

Gilles QUESTIAUX
Voter pour quelqu'un ou pour quelqu'un d'autre est d'une importance très relative dans notre système verrouillé à l'extrême par les puissances d'argent et par les réseaux d'influence internationaux. Mais l'un dans l'autre ce doit quand même en avoir un peu puisque tout le monde finit par le faire, ou à défaut explique longuement pourquoi il ne le fait pas. J'ai voté pour Mélenchon aux trois dernières élections présidentielles et je suis bien parti pour le faire à nouveau en 2027. Mais cela n'a rien d'évident car je ne suis pas en accord avec grand chose dans le discours de LFI (à part son antisionisme intransigeant). Toujours aurait-il mieux valu quand même qu'il fût élu alors président en lieu et place de Hollande ou de Macron. Disons que mon principal voire mon seul argument pour voter pour lui et qui emporte pour l'instant ma décision, c'est qu'il est tellement honni par les médias mainstream qu'il ne doit pas être complètement mauvais. Manifestement l'oligarchie corrompue (…)Lire la suite »
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L’alliance avec Trump apportera-t-elle réellement prospérité et démocratie au Venezuela ?

José Antonio Egido
Le 3 janvier 2026, alors que le sang des Cubains et des Vénézuéliens massacrés par son armée était encore frais, Trump promettait « paix et sécurité » au peuple du Venezuela s’il se soumettait à son autorité. Le 26 janvier, il affirmait au Forum de Davos que le Venezuela gagnerait plus d’argent dans les six mois à venir qu’au cours des vingt années précédentes. Le 12 février, son secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, déclarait au palais de Miraflores que « travailler ensemble » permettrait d’« améliorer la qualité de vie des Vénézuéliens ». L’objectif était de faire progresser « la mission du président Trump visant à restaurer la prospérité du Venezuela », selon Ben Dietderich, porte-parole du département américain de l’Énergie. La prospérité viendra-t-elle réellement avec le trumpisme ? Pour y répondre, examinons brièvement les effets de la relation de subordination du Venezuela vis-à-vis des États-Unis au XXe siècle. Démocratie et Paix La New York & Bermúdez Company, une (…)Lire la suite »

Michael Hudson : la guerre contre l’Iran va déterminer le futur économique du monde.

Ben NORTON
Entretien avec l'économiste Michael Hudson : : Un modèle de ce qui se produira peut être observé dans l'industrie allemande, après que les États-Unis et l'UE ont interdit l'achat de gaz et de pétrole russes.
BEN NORTON : Vous avez parlé de certains de ces sujets que le monde débat actuellement en raison de la guerre contre l'Iran, en particulier la domination du dollar et le système du pétrodollar ; vous écrivez sur ce sujet depuis des décennies, depuis 1970. En fait, le gouvernement américain planifie une guerre possible contre l'Iran depuis des décennies. Ce n'est pas nouveau. Cependant, Trump est le premier président suffisamment fou pour tenter le coup. Mais je me souviens que, sous l'administration de George W. Bush, après l'invasion de l'Irak par les États-Unis, on a beaucoup parlé d'une possible invasion de l'Iran. Expliquez-nous comment vous voyez cette guerre. Quelle est la situation dans son ensemble et comment affectera-t-elle le monde ? MICHAEL HUDSON : Eh bien, vous avez mentionné que cela date des dernières années ou décennies ; en réalité, cela remonte à un demi-siècle. Dès le milieu des années 1970, lorsque je travaillais pour l'Hudson Institute, avec des contrats (…)Lire la suite »
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UNE "NEP" AUX CARACTERISTIQUES CHINOISES ? (Notes pour une recherche)

Bruno GUIGUE
Les succès de la Chine contemporaine ne cessent d’interroger nos conceptions habituelles. Savons-nous seulement quels sont les ressorts de cette modernisation réussie, et quelles perspectives elle offre pour l’avenir du socialisme ? Une des questions fondamentales qu’il convient de se poser à propos de la Chine contemporaine est la suivante : de quelle nature est la formation sociale chinoise actuelle ? Poser cette question centrale a pour vertu d’ouvrir deux pistes de réflexion, sur lesquelles ces quelques notes ont pour seule ambition d’ouvrir le débat et de stimuler les recherches. La première piste de réflexion est la suivante : quels sont les modes de production qui figurent dans cette formation sociale, et comment s’articulent-ils ? Quelle signification faut-il accorder à l’existence d’un secteur capitaliste en Chine ? Autrement, dit, quel est le mode de production dominant autour duquel se déploie la structure propre à cette formation sociale ? La deuxième piste de (…)Lire la suite »

Miguel Díaz-Canel : Nous sommes prêts à donner notre vie pour la Révolution

Jacques-François BONALDI
Traduction de Jacques-François Bonaldi (La Havane) Tiré de CubaDebate Entretien de Pablo Iglesias, universitaire, homme politique et communicateur espagnol, avec le président cubain Miguel Díaz-Canel Bermúdez Miguel Díaz-Canel Bermúdez, Premier Secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et Président de la République, a récemment accordé une interview au politologue espagnol Pablo Iglesias Turrión sur l'espace numérique Canal Red, diffusée sur l'espace de la Mesa Redonda. Le dialogue a abordé les questions liées à la situation actuelle à Cuba, l'impact du blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des États-Unis ainsi que les actions récentes de solidarité internationale. La conversation a offert une vision des enjeux internes et externes du pays caribéen, ainsi que de la position du gouvernement sur la flottille humanitaire annoncée ces derniers jours. Pablo Iglesias : Les fascistes qui sont au pouvoir aux États-Unis aujourd'hui (…)Lire la suite »

L’Iran et Gaza ne sont que le début.

Chris HEDGES
Le génocide à Gaza n'est que le début. Bienvenue dans le nouvel ordre mondial. L'ère de la barbarie technologiquement avancée. Il n'y a pas de règles pour les forts, seulement pour les faibles. Osez vous opposer aux forts, refusez de vous soumettre à leurs caprices, et vous serez bombardés de missiles et de bombes. Nous assistons quotidiennement à cette folie avec la guerre contre l'Iran, les bombardements massifs du Sud-Liban et les souffrances à Gaza. Les instances internationales telles que les Nations Unies ont été neutralisées, transformées en appendices inutiles d'un autre temps. Le respect des droits individuels, l'ouverture des frontières et le droit international ont disparu. Les dirigeants les plus psychopathes de l'histoire de l'humanité, ceux qui ont réduit des villes en cendres, conduit des populations captives vers des lieux d'exécution et jonché les terres qu'ils occupaient de charniers et de cadavres, sont de retour avec une vengeance implacable, creusant un (…)Lire la suite »
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A nos lecteurs : je tourne la page du Grand Soir.

Viktor DEDAJ
C'est à la fin de 2007 que j’ai reçu un courriel d’un expéditeur (un pseudo) qui m’expliquait que Le Grand Soir (journal alternatif d’information militante, fondé en 2002) allait cesser son activité sauf si j’acceptais de le reprendre. J’étais la seule personne, m’expliquait-il, à qui ils faisaient confiance. Diantre. Moi qui envisageait justement à la même époque de prendre du recul par rapport au militantisme cybernétique. Ça faisait déjà pas mal d’années que j’animais (depuis les années 90) une lettre d’information quotidienne axée principalement sur Cuba (Cuba Solidarity Project), qui s’est ensuite élargie à l’Amérique latine et à la géopolitique en général. Il me fallait souffler. Mais voilà que soudain le sens du devoir me tirait par la manche. Comment laisser disparaître un média alternatif francophone majeur (à l’époque) ? Alors j’ai accepté. Premier changement : le « journal alternatif d’information militante » est devenu le « journal militant d’information alternative (…)Lire la suite »
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Où sont les alliés et les amis de l’Iran ? Et ceux de Cuba ? (The Floutist)

Patrick LAWRENCE
26 MARS – Veuillez considérer les passages suivants d’un texte désormais inscrit officiellement au compte rendu des travaux de l’ONU. Je me réfère à la résolution 2817 du Conseil de sécurité, adoptée par les 15 membres le 11 mars. Le vote ayant abouti à l’adoption de ce document portait sur la présence ou non des principes de l’internationalisme : parité, souveraineté, solidarité, bien commun et justice mondiale. Dans un autre contexte, que j’aborderai prochainement, la même question se pose, le régime Trump imposant un blocus de facto à Cuba, au point de menacer le pays de son effondrement. Le Conseil de sécurité a agi en réponse à la demande du Bahreïn de tenir une session extraordinaire sur la guerre israélo-américaine contre l’Iran et les attaques de représailles menées par ce dernier contre diverses cibles au Bahreïn et ailleurs dans la région du Golfe persique. Les articles suivants exposent la décision du Conseil. Je réorganise les verbes et rien de plus : Déplorer le (…)Lire la suite »
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La gauche à la godille dans le détroit d’Ormuz (suite)

Jean-Pierre PAGE
Le texte ci-dessous est inspiré d’une contribution sous la forme d’un article sur la « gauche » que j’avais rédigé à la demande du Club Valdaï puis d’un débat à partir de celui-ci organisé le 16 février 2026 par le même Club Valdaï de Moscou.
La discussion a eu lieu à Moscou. Y étaient invités : Jean-Pierre Page : syndicaliste. Oleg Barabanov, directeur de programme, Valdai Discussion Club Alexis Chikhachev : docteur en sciences politiques, expert du Centre d’études stratégiques, Université d’état de St Péterbourg. Radhika Desai : professeure au département d’études politiques , directrice du Groupe de recherche en économie géopolitique de l’Université Manitoba, Winnipeg, Canada. Etaient invités également Vijay Prashad, Directeur National Sea Fondation. Augusto Soto : Directeur du projet dialogue avec la Chine. Anton Bespalov : modérateur Comment la gauche en est arrivée là ? En France, ou en sont, les deux grands partis politiques incarnant la gauche après la seconde guerre mondiale : le Parti Socialiste (PS) et le Parti Communiste Français (PCF) ? Mais également, qu’en est-il aujourd’hui de ces forces politiques issues pour la plupart des classes moyennes urbaines qui sont apparues en France ces trente (…)Lire la suite »

La gauche à la godille dans le détroit d’Ormuz (1) (Première partie)

Jean-Pierre PAGE
« L’Empire n’est stable que s’il parvient à vendre ses mensonges ! En prenant conscience de cela, nous avons une chance de résister à la main meurtrière de la ploutocratie, du marché libre, une meilleure chance de construire une démocratie réelle et viable au milieu d’une famille de nations dans un monde pacifique et durable ». Michael Parenti. (2)
C’est quoi la gauche ? Où est-elle ? Où va-t-elle ? Au fond, à quoi sert-elle ? Les circonstances historiques que nous vivons invite à se poser ces questions ! Surtout, si l’on tient compte de l’ampleur de la crise systémique du libéralisme, conjugué au déclin occidental. (3) L’agression dont l’Iran fait l’objet de la part d’Israël et des États-Unis en est une nouvelle illustration. En fait, la résistance politique et militaire de l’Iran confirme surtout que nous vivons dorénavant dans « un monde qui n’est plus dominé par une seule puissance ou un seul bloc : nous sommes entrés dans un monde multipolaire. Et cela personne ne pourra l’arrêter » (4). Le bouleversement des repères que cela entraîne n’est pas sans laisser sans voix bien des experts autoproclamés. Que n’avions-nous pas entendu des semaines auparavant, l’or des manifestations de Téhéran en forme de révolutions de couleurs sur le « régime des mollahs », « l’opposition quasi unanime de tout un peuple à cette (…)Lire la suite »

Quand Benjamin Duhamel et France Inter nient le massacre de Sabra et Chatila.

Jacques-Marie BOURGET
Le 16 septembre 1982, après avoir la planifié l'éradication des Palestiniens des camps de Beyrouth, les Israéliens passent à l'acte et lancent leurs mercenaires Phalangistes dans leur oeuvre d'extermination. Le massacre qui va faire disparaitre 4 000 vies, pour l'essentiel des femmes et des enfants a été reconnu acte de génocide par l'ONU. Aujourd'hui alors que (…)
Benjamin Duhamel est comme une machine à sous qui sortirait le jack pot à tous les coups. Ayez le courage de l’écouter quelques minutes et voilà une sottise qui tombe, un mensonge qui sort, comme les euros du ventre d’un bandit manchot. Duhamel ne déçoit jamais les amateurs d’Histoire et de vérité. Il les enrage. Sa constance dans la certitude erronée est son label, comme il en existe pour la volaille ou le fromage. En plus, formidable, le robot ment avec la force d’une certitude absolue : Duhamel dit toujours le vrai, il l’oblitère. Un exemple qui m’indigne. Mardi matin 24 mars sur France Inter, en uniforme de cachemire beige, le bambin reçoit David Guiraud, député Insoumis et nouveau maire de Roubaix. Chez les Duhamel on aime si peu les insoumis que la mère du petit journaliste, Nathalie Saint Cricq, s’est fait un jour pincer à l’antenne en brandissant une feuille de papier donnant l’ordre de flinguer Mélenchon. Cette haine est peut être un maladie génétique ? Face à Guiraud, (…)Lire la suite »

Torture et génocide : Rapport de la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 (en français)

Francesca Albanese
Résumé Dans le présent rapport, la Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 examine le recours systématique à la torture par Israël à l’encontre des Palestiniens des territoires palestiniens occupés depuis le 7 octobre 2023, y compris les pratiques en milieu carcéral et hors milieu carcéral qui répondent aux critères constitutifs du génocide au sens de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide. Elle documente la manière dont la torture est devenue partie intégrante de la domination et des punitions infligées aux hommes, aux femmes et aux enfants, tant par le biais d’abus en détention que par une campagne implacable de déplacements forcés, de massacres, de privations et de destruction de tous les moyens de subsistance, visant à infliger une douleur et des souffrances collectives à long terme. Un régime de terreur psychologique continu et omniprésent sur le territoire est imposé, (…)Lire la suite »
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Washington accède à la toute-puissance énergétique — et personne n’a l’air de percuter

BettBeat Media, Richard Medhurst
Ce n’est pas à une guerre que vous assistez. Ce que vous voyez, ce sont les États-Unis en train de réduire les nations de la planète à l’asservissement énergétique. Analyse de la thèse du “Petro-Gas Dollar” de Richard Medhurst et de la “perspective” qu’il a négligée.
Peu importe la guerre menée par les États-Unis, c'est toujours la même rengaine. Les mêmes voix ânonnent les mêmes propos : les États-Unis sont en pleine débâcle. La guerre est un échec. L'Amérique n'a jamais gagné de guerre. Toujours la même analyse figée dans les schémas de pensée du XXe siècle, selon laquelle "gagner" suppose un drapeau blanc, une capitulation en règle, une nation vaincue reconstruite à l'image de l'Amérique. Sans surprise, la plupart des commentateurs concernés sont ceux qui évaluent encore la victoire aux critères de 1945. J'ai déjà dit, et je répète que les États-Unis ne perdent pas de guerres. S'ils en perdaient, ils n'en déclencheraient plus. L'Afghanistan, la Syrie, l'Irak ou la Libye, les États défaillants ne sont pas des échecs de l'Empire. Ils sont ses victoires. Et l'Empire a le vent en poupe. Aujourd'hui, c'est l'Iran qui est dans le collimateur. À gauche comme à droite, le refrain est le même : ce sera un désastre, l'Amérique va trop loin et (…)Lire la suite »